25/09/2022

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Togo: Il ne faut pas se tromper ni de cible, ni de combat

Les Togolais n’ont pas encore oublié que c’est par un double coup de force, militaire et institutionnel, accompagnés de magouille et de manipulation de l’opinion que Faure lui-même est monté au pouvoir le 5 février 2005 et y est resté. Ils n’ont pas oublié non plus le rôle inqualifiable que son demi-frère Kpatcha a joué dans l’organisation et l’exécution de la sanglante répression grâce à laquelle Faure a pu se maintenir au pouvoir après la mascarade électorale du 24 avril 2005.

A l’époque, Faure n’avait pas trouvé que ces actes de Kpatcha et les siens sont des « crimes contre la Constitution et les lois de la République » et « un outrage fait au peuple togolais », probablement parce qu’il est « profondément attaché aux vertus familiales… » comme il le dit dans son discours. Il n’a jamais dénoncé les crimes ainsi commis à l’époque en sa faveur. Depuis, leurs auteurs, y compris le Kpatcha en question, continuent ainsi de jouir d’une parfaite impunité. Les rivalités incessantes entre les deux frères pour la jouissance des privilèges du pouvoir les ont conduits à prendre maintenant les armes l’un contre l’autre.

La population n’a donc rien à gagner dans cette guerre qui oppose à présent Faure et Kpatcha au sein du clan Gnassingbe. Ses préoccupations quotidiennes sont en effet ailleurs. Elles s’expriment surtout en termes de déficit démocratique et en termes de vie chère. Dans cette situation de misère dans laquelle elle se débat pour survivre, elle n’a ni le moral, ni le temps de prendre parti dans cette affaire Kpatcha-Faure ou de s’apitoyer sur le sort de l’un ou l’autre des deux frères devenus aujourd’hui des frères ennemis.

L’intervention de la FIR (Force d’Intervention Rapide) dans la procédure de la « perquisition » au domicile de Kpatcha sur les ordres de Faure et la fusillade nourrie qui a forcé Kpatcha à prendre la fuite pour aller demander refuge à l’Ambassade des USA relèvent de la pure illégalité. Elles traduisent, comme par le passé, le déchaînement aveugle d’une violence d’Etat dont les Togolais connaissent bien le visage hideux pour l’avoir subie à mainte reprise depuis au moins octobre 1990, directement ou indirectement. Le dernier de ces déchaînements de violence d’Etat, est celui qui a frappé la population au lendemain des prétendues élections du 24 avril 2005 et grâce à laquelle Faure a pu se maintenir au pouvoir.

Ceux qui ont hérité du régime de dictature militaire le 5 février 2005 et qui remettent aujourd’hui en cause le partage du pouvoir opéré à leur profit, ne peuvent pas abandonner les pratiques politiques détestables par lesquelles Eyadema et ses hommes avait réussi à confisquer le pouvoir pendant plus que 40 ans.

La réédition sans état d’âme de cette violence d’Etat à travers la « perquisition » musclée au domicile de Kpatcha est un signe prémonitoire par rapport aux échéances à venir. Faure a lancé ses troupes contre son frère pour ne pas perdre le pouvoir. Et il l’a fait par des voies antidémocratiques, sans respect pour les dispositions légales en vigueur et sans ménagement, juste pour prendre le dessus dans la confrontation qui l’oppose à son rival de frère.

Cela veut dire que Faure et les siens ne sont pas prêt à laisser de bon gré le pouvoir à quiconque veut le leur prendre, mais qu’ils feront tout pour le conserver en dépit de la volonté populaire, comme Eyadema l’avait fait pendant près de 40 ans. A travers cette affaire de Faure, ils viennent de démontrer donc qu’ils n’hésiteront pas à user des méthodes antidémocratiques habituelles pour se maintenir au pouvoir envers et contre tous.

En conséquence, seul un contre-pouvoir capable de changer le rapport des forces en faveur de l’opposition démocratique peut les amener à la raison.

Une fois de plus, la CDPA-BT appelle donc tous ceux qui aspirent au changement démocratique d’accepter de se mettre ensemble pour constituer ensemble ce contre-pouvoir sous la forme d’un vaste mouvement national pour la démocratie. Il ne faut pas se tromper de combat.

Fait à Lomé, le 1er Mai 2009
Pour la CDPA-BT
Son Premier Secrétaire
Prof. E.Y. GU-KONU