18/08/2022

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Togo: La CENI hésite entre élection transparente et arrangement politique !

Depuis le mois d’octobre 2006, les membres de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) tournent en rond ou font du sur place. Une divergence profonde empêche l’application de certains points de l’Accord politique global (APG). L’élaboration du règlement intérieur de la commission électorale et du chronogramme pour la tenue des élections législatives anticipées achoppe sur deux points essentiels : le mode de recensement et celui de décision. Le gouvernement dit d’union nationale dont la prérogative est la mise en place des élections libres et transparentes semble être totalement muselé et encore loin de pouvoir tenir ses engagements d’organiser ses élections législatives pour le 24 juin 2007.

La CENI, l’institution chargée d’organiser et de superviser les consultations électorales, en liaison avec le ministère de l’intérieur et les autres services de l’Etat, est paralysée par ses attachements aux pouvoirs en place (son véritable donneur d’ordre), elle enferme ses membres dans une impasse en n’optant pas clairement pour un cadre électoral évitant toutes suspicions et contestations. C’est du mode de recensement et de scrutin que dépendent la liberté et la transparence des futures élections législatives au Togo. C’est là où le bât blesse et où les lignes de fractures apparaissent parmi les différents partis impliqués dans la résolution de la crise togolaise. Pour l’heure, deux blocs se dessinent : alors que les volontaristes du CAR, UFC, CDPA et GF2D optent pour une remise à plat des procédures limitant les fraudes électorales, les conservateurs de la mouvance dictatoriale (RPT, CPP, PDR et REFAMPT) optent pour le statu quo.

Le CAR, l’UFC, la CDPA penchent pour la carte d’électeur numérisée et sécurisée avec photo. Ces partis souhaitent que les opérations post-électorales aient lieu dans les bureaux de vote : centralisant, concentrant tout le processus en une seule dynamique évitant ainsi toute dispersion et manipulation. Cette option consiste à : – la préparation et le déploiement du matériel de recensement ; – l’enregistrement des électeurs ; la saisie des noms et la délivrance immédiate des cartes numérisées avec photo dans les centres de vote ; – l’élaboration du fichier électoral – l’édition des listes d’émargement. La durée pour déploiement de ce mode de recensement est estimé à 39 semaines et requiert un KIT (matériels et consommables) est estimé 35 milliards FCA. Cette option a parfaitement fait ses preuves lors des élections présidentielles en République Démocratique du Congo. Elle est certes coûteuse mais plus crédible et indispensable pour le rétablissement de la paix au Togo.

La mouvance proche de la junte militaire à savoir la CPP, le PDR, le RPT (dont l’audience relative est 10 à 15% dans le pays réel) reste arque bouté sur les méthodes qui favorisent la cooptation, le bourrage des urnes et le hold-up électoral. Cette mouvance préconise dans l’ordre :- la préparation et le déploiement du matériel de recensement ;- le recensement dans les bureaux de vote ;- la saisie des listes provisoires à la CENI ; – la personnalisation des cartes d’électeurs à la CENI ;- l’édition des listes pour la distribution des cartes ;- la distribution des cartes dans les bureaux de vote ; – l’élaboration du fichier électoral ;- l’édition des listes d’émargement. Cette option se déroulera sur une durée de 10 semaines pour l’ensemble des opérations. Elle se chiffre selon les estimations opérées à la CENI, à 10 milliards FCFA. Elle aura l’avantage de permettre aux pouvoirs des Gnassingbé de s’adonner à leurs pratiques favorites : de créer des électeurs bidon, de tripatouiller toutes les données, de réjanter a distribution des cartes électeurs, ect….

Comment sortir de cette impasse… ?

En coulisse, les conseillers de Faure Gnassingbé mettent en branle leur stratégie (Le vote des bêtes sauvages), imposant un cahier des charges contraignant pour un cadre électoral sans surprise pour la junte militaire au pouvoir. Pour faire passer cette stratégie à la communauté internationale, Faure Gnassingbé aurai mis en gardes les députés RPT sur les difficultés à pouvoir reconduire tous les anciens députés RPT au sein de la nouvelle Assemblée Nationale. Manifestement les barons du RPT et leurs alliés ne l’entendent pas ainsi et cherchent à entraver sa stratégie qui impose un minimum de concession lui permettant de faire une part belle à ses nouveaux alliés sur le dos de l ‘UFC.

Que pourront la seule bonne volonté de Maître Agboyibor ou du professeur Gnininvi face aux oukases de la junte militaire qui veut se perpétuer au Togo. Ils restent donc paralysé par des intérêts contradictoires: truquer les règles de jeu en pérennisant la dictature des Gnassingbé ou offrir une alternance politique aux togolais en respectant la vérité des urnes. Au gouvernement le tour de passe-passe peut se jouer en absence de l’UFC qui ne sera pas partie prenante, les passes d’armes seront redoutables pour statuer sur la bonne formule au sein de la CENI où le mode de prise de décision est le consensus. Face à l’impossibilité d’un consensus, l’UFC aurait demandé que le gouvernement et le cas échéant, le comité de suivi de l’APG, soit saisi du problème. L’UFC mis à l’écart dans ces centres de décisions, se conterait-elle pour autant d’un arbitrage qui ne garantit pas la transparence des élections ?

La rédaction letogolais.com