06/10/2022

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Togo : l’alternance politique est la seule solution

Par Tido BRASSIER

Il y a lieu de prendre en compte l’expertise du peuple togolais lui-même, établie par l’homme la rue, et relayée par la plupart des observateurs crédibles de la crise politique et institutionnelle du Togo : il s’agit de la faillite financière de l’Etat et l’échec d’un système familial à l’agonie. Que reste-t-il des quarante années de la dictature militaire togolaise incarnée par le Général-Président Eyadema (1967-2005), suivies des deux années de son fils Faure depuis 2005 ? Bref, quel est le résultat produit par la junte militaire des Gnassingbé, père et fils depuis 1967 ?

Un Togo économiquement ruiné, politiquement instable, socialement appauvri et mentalement miné par le traumatisme des répressions aveugles et sanglantes des militaires et milices à la solde du régime despotique.
Sur le plan moral, le désir de changement se renforce de jour en jour, plus vite l’Etat-bandit et mafieux de la junte militaire des Gnassingbé sera neutralisé et mis hors d’état de nuire, plus vite les Togolais sans exclusive, retrouveront la confiance perdue depuis 1967 pour reconstruire leur pays.

Les structures macroéconomiques de l’Etat, qui sont les agrégats de l’économie nationale : à savoir le secteur industriel de l’extraction du phosphate, la production d’eau potable, l’électricité, l’industrie touristique, le secteur agricole, l’Hôpital public et le système sanitaire, les infrastructures nationales, le trésor public, constituent le témoignage visible et sans détour d’un échec personnel de la famille Gnassingbé qui s’est accaparé de l’Etat, contre le gré des Togolais en violant de façon répétitive le suffrage universel dans l’impunité la plus absolue.

La faillite financière et le dépôt de bilan de l’OPAT, l’office des produits agricoles du Togo dans les années 90, qui a entrainé l’arrêt des exportations, et la production du secteur primaire, la vente du complexe hôtelier Togolais à des prestataires étrangers qui a tué l’industrie touristique, la chute vertigineuse des volumes de production du phosphate estimée à 80 % de baisse par rapport à 1975, s’expriment par des manques à gagner se chiffrant à des milliers de milliards de francs Cfa dans les caisses de l’Etat.

L’histoire retiendra que le Général-Président dictateur Eyadema n’a réussit que dans la création d’une armée ethnique et pléthorique, coûtant 25 % du budget de l’Etat au contribuable Togolais, en produisant des rafles, des disparitions, des assassinats et des répressions à grande échelle contre la population. On retiendra également : les tortures, les assassinats politiques, les purges dans l’armée, les coups d’Etat, la corruption, les détournements de deniers publics, et la mise à sac des sociétés d’Etat.

En arrivant aux affaires dans notre pays, à la suite de son second coup d’Etat contre Nicolas Grunitzky en 1967, date de la prise du pouvoir illégalement par le dictateur Gnassingbé père, les agrégats de l’économie nationale de l’époque, qui sont l’œuvre chevronnée accomplie par ses prédécesseurs dont Sylvanus Olympio, se retrouvent aujourd’hui obsolètes par l’usure et le temps, parce qu’ils n’ont jamais fait l’objet d’ aucune maintenance industrielle depuis 1967, ni aucune sorte de valeur ajoutée à l’actif de la productivité de la part du dictateur Eyadema. D’une rare brutalité, et d’une violence inouïe, la prédation des ressources générées par ces entreprises d’Etat, a pris le pas sur la bonne gestion et l’innovation.

En réalité, la première cause de la chute de la production du phosphate togolais, s’explique par la dégradation des outils de production dans les mines de Hahotoé, non entretenus depuis 1967, car après avoir raclé tout le phosphate à la surface du sol, il faut descendre dans le sous sol avec un équipement adapté pour pérenniser la production. A cela, se greffe la corruption et le pillage systématique organisés en réseaux mafieux au profit de Lomé 2.

Ce qui est valable pour le phosphate togolais, est malheureusement la même technique adaptée aux autres structures macroéconomiques des télécommunications, la téléphonie mobile, le port de Lomé, la société des grands moulins, le secteur du coton, bref, les quelques rares société d’Etat qui tiennent encore debout depuis 1967.

La crise énergétique que connaît le Togo à l’heure actuelle en termes de production et distribution d’eau potable, et d’électricité qui alimentent l’économie nationale et les ménages, est d’une telle densité technique, que les installations vétustes datant des années 60, sans maintenances industrielles, et sans adaptation de l’offre à la demande nationale grandissante par rapport à l’évolution de la population et du marché, doivent faire l’objet d’une nouvelle acquisition en matière de dotation de l’Etat : ce chantier, qui en somme est un « risque macroéconomique » assez géant de taille, demandera du temps et beaucoup d’argent, car il n’est pas une mince affaire ! Un pays sans énergie, est un pays sans production, donc sans activité économique, ni développement.

L’Etat étant une entité non déclarable en faillite financière malgré la réalité du déficit budgétaire exprimée par la comptabilité nationale en incluant la dette intérieure et extérieure, n’est pas pour autant solvable vis-à-vis des bailleurs de fonds internationaux.
A cet effet, il faut savoir que les banques togolaises, teneurs des comptes des sociétés d’Etat en ruine et non solvables, ne pourront pas constituer de Convention de Nantissement auprès des banques d’investissement sans aucune sûreté réelle d’honorer les créances dues à l’extérieur. Le risque à court et à long terme est que ces comptes débiteurs feront l’objet d’un avis de blocage selon les clauses de la Convention des cessions de créances.

En réalité, l’Etat dispose de très peu de moyens, et compte miser sur l’aide au développement de l’Union Européenne pour contourner ce qui est techniquement impossible en l’état actuel des choses, et d’une certaine manière, ceci explique la vague des privatisations des sociétés d’Etat, dont le dernier exemple en date, est la cession de l’hôtel de la paix tombé en ruine, au groupe Matrix Financial Engineering qui se propose de le démolir pour construire à la place le « Phénix Hôtel » dans un délai de deux ans et demi. Tout compte fait, l’Etat Togolais ne possède presque plus de patrimoine.

COMMENT SOMMES-NOUS ARRIVES A CETTE CATASTROPHE ?

L’arbitraire, la corruption et la prédation des richesses nationales érigés en mode de gouvernement et de gestion de l’Etat-RPT, incarnés par la junte militaire des Gnassingbé du père au fils depuis 1967 est responsable du désastre économique du Togo, au moment même où on parle de miracle économique des pays voisins comme le Ghana et d’autres. Il faut remonter dans les 70 à 90 pour diagnostiquer les principales causes.

Or, que nous rappellent ces années caractérisées par le parti unique RPT et le culte de la personnalité ?

De 1970 à 1990, soit pendant 20 ans, le guide de « la révolution togolaise » renforcé par « le mythe » de l’accident d’avion de Sarakawa en 1974 dont il est « le seul miraculé ? », et sacré « Dieu » sur terre par la même occasion par sa bande de valets politiquement soumis, a importé du Zaïre du Maréchal-dictateur Mobutu, la politique de l’animation populaire. Tout un pays fut contraint à chanter et danser pendant 20 ans, au lieu de travailler pour créer des richesses nationales et la croissance. Les groupes de danseurs professionnels, concurrents entre eux, proliféraient de partout et à grande vitesse sur toute l’étendue du territoire national : le groupe choc (sous pression idéologique), le groupe areto ( sous condition d’exaltation et politiquement dépressive), le groupe maman N’Danida (le nerf du système), le groupe de la commune de Lomé (le culte médiatique du système), les groupes des diverses préfectures (les relais idéologiques du système), les cellules et quartiers (la boucle populaire des grouillots et oisifs), les groupes scolaires des lycées et collèges ( les pauvres gens victimes du système),etc. Plus on danse, plus on est rémunéré, et les fonds débloqués du trésor public et des caisses des sociétés d’Etat circulent dans tous les sens pour organiser des stages d’animations à Kinshasa et la danse des majorettes à Paris, des séjours à Yamoussoukro.

Les animateurs de « la révolution » disposaient de leurs infrastructures propres, des instruments de musique, l’orchestre et des bus de marque Mercedes pour leurs déplacements en ce qui concerne leurs différents rendez-vous pour produire leurs biens et services de danse et transpiration. Les dirigeants ont opté pour l’industrie de la musique et danse populaire comme moteur de développement économique du Togo.

Mais, pendant que les forces vives du Togo dansaient sous la contrainte, au rythme de l’animation populaire érigée en mode de gouvernement, semée à tout vent par le dictateur père pendant vingt ans, la misère et la pauvreté s’installaient tranquillement dans la durée, à tel point qu’aujourd’hui, l’eau potable est aux compte-gouttes dans les robinets des ménages et une défaillance généralisée du réseau de production d’électricité : le peuple se retrouve dans la pénombre, sans lumière et dans la soif : « La cigale ayant chanté tout l’Eté, se retrouva fort dépourvue……. ».

En dansant pendant vingt ans, la chaine de production de l’économie nationale s’est anéantie, la ruine et la pauvreté ont découragé la capacité de productivité, ainsi que l’initiative et la libre entreprise des Togolais.

Peut-on remettre à nouveau « les billes » dans les mains des auteurs de cette pauvreté pour renouer avec la valeur Travail en vue du redressement économique de notre pays ?

Certainement pas, car leur gestion caractérisée par la corruption, le détournement et le pillages des ressources de l’Etat, les trafics de la drogue et des armes, la répression, les assassinats, la torture, et l’animation populaire sont aux antipodes de l’Etat de droit et la démocratie que nous souhaitons de nos vœux pour le Togo. Il y a lieu de saisir cette occasion des législatives pour infliger une défaite cuisante au système politico-clanique RPT et la junte militaire dépressive aux affaires dans notre pays grâce à la fraude électorale, pour renouer avec l’Etat de droit, la démocratie, ainsi qu’une économie prospère susceptible d’apporter la croissance et l’emploi aux Togolais.

La rédaction letogolais.com