27/09/2022

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Togo : l’opposition «désarmée»

Les forces de l’ordre ont dispersé une manifestation interdite de l’opposition togolaise, à Lomé. L’Union des forces du changement (UFC) et trois petits partis de l’opposition avaient appelé la population à protester contre les résultats « frauduleux » du 4 mars.

L’opposition n’a pu mobiliser que quelques centaines de personnes. Derrière cet échec, il faut voir les craintes de nombreux Togolais d’être victimes de violences policières. « Ce sont les plus téméraires qui sortent dans les rues, on a peur de se faire massacrer comme en 2005 », assurait Akouavi, une chômeuse de 35 ans.

La forte présence policière et militaire est aussi pour beaucoup dans le flop de mardi matin. La Force spéciale élection présidentielle (Fosep, comprenant au total 6 000 gendarmes et policiers) s’était déployée, dès 7 h du matin, dans le quartier populaire de la capitale où était prévu le rassemblement.

Ils ne veulent pas «casser»

Quelque 400 personnes, des jeunes pour la plupart, ont fait face aux forces de l’ordre. Les policiers et gendarmes ont alors avancé vers eux en ligne, tapant avec leur matraque sur leur bouclier et lançant de temps en temps des grenades lacrymogènes. Certains manifestants leur ont jeté des morceaux de brique mais la très grande majorité se sont simplement repliés en courant dans les ruelles adjacentes. « Ils disent qu’on veut casser, détruire, mais non, on crie seulement que le pays n’est pas un royaume ni un héritage ! », expliquait Agbegnaglo, 22 ans.

Matériel saisi

Les forces de l’ordre ont en revanche encerclé, peu après, le siège de l’opposition et tiré des grenades lacrymogènes pour disperser les militants qui s’y trouvaient. Un bâtiment qui abrite le centre informatique de l’UFC a été investi. Ordinateurs et procès verbaux des bureaux de vote ont été saisis, ce qui prive l’opposition du matériel qu’elle voulait utiliser pour les recours devant la cour constitutionnelle.