29/11/2022

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Togo : NON au voyage de Niamey

La Coalition de l’Opposition a raison de ne pas se rendre à Niamey. Hier 19 avril 2005, Sokodé accueillait en fête le candidat unique de l’Opposition, Bob Akitani. Mais il fallait compter avec les milices du RPT, armées de gourdins et de machettes. Dans sa chasse aux populations venues nombreuses pour applaudir leur candidat, le RPT a fait une cinquantaine de victimes. Et on invite Akitani à Niamey pour lui dire de calmer ses supporters ?

Pour la CEDEAO, officiellement chargée d’aider le Togo à organiser des élections crédibles, c’est l’Opposition elle-même qui, en exigeant l’application stricte de la Constitution se serait enfermée dans le délai de soixante jours. En fait, la CEDEAO veut punir l’Opposition qui a osé refuser le coup d’Etat de Faure. « Vous avez refusé le coup d’Etat, non ? Eh bien, vous n’échapperez pas aux élections frauduleuses ! » semblent dire la France (par la voix de son Secrétaire d’Etat aux Affaires africaines) et ses amis militaires au pouvoir.

Le voyage aller-retour de Niamey à quatre jours des élections est la façon dont les Ponce Pilate veulent se laver les mains. Il y a des gens tellement avides de sang que tant qu’ils n’en ont pas vu à satiété, une injustice n’est pas encore une injustice. Soit, acceptons l’interprétation de la CEDEAO du délai prévu par la Constitution, soixante jours. Si l’on voit que le respect de ce délai peut apporter plus de malheur que de bonheur aux populations, il serait irresponsable de continuer à exiger son respect. Une Constitution, ce n’est pas un dogme, ce n’est pas un contrat pour le meilleur et pour le pire ; c’est un contrat pour le meilleur et si l’on constate qu’un aspect de ce contrat peut générer du pire, on le corrige pour éviter ce pire.

La Constitution ivoirienne a été votée, répète-t-on, à plus de 80%. Mais, manifestement, elle comportait un article pourri. Il aurait fallu cautériser la Constitution par l’ablation de cet élément pourri. Faute de l’avoir fait, tout le pays a été atteint par la gangrène. Quand on a sous les yeux une telle expérience dont les conséquences n’épargnent aucun pays de la CEDAO, fermer les yeux sur ce qui se passe actuellement au Togo, c’est faire preuve d’irresponsabilité. Voudrait-on conduire l’ensemble des pays de la région vers un suicide collectif qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Ceux qui, à l’intérieur et à l’extérieur du Togo, se sentent humiliés par la victoire des masses populaires togolaises sur le coup d’Etat de Faure Gnassingbé et qui, pour se venger, imposent des élections frauduleuses contre Akitani sont responsables de ce qui adviendra au soir du 24 avril.

Par Zakari