03/10/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Togo/Présidentielle: Discours programme de Agbéyomé Kodjo (OBUTS)

Mesdames, Messieurs, Honorables invités

De prime abord, je tiens à vous remercier, d’avoir répondu à notre invitation en assistant à cette cérémonie de présentation du programme que notre parti politique va proposer aux Togolais, lors de la prochaine élection présidentielle, et votre présence nombreuse nous conforte dans notre démarche.
Sur le long chemin de la construction démocratique, notre pays, pour la première fois au cours de sa jeune histoire politique, et le peuple du Togo, ont la possibilité d’accomplir un nouveau pas et d’opérer un tournant déterminant, en franchissant résolument et sans crainte du lendemain le cap de l’alternance politique.

Jamais jusqu’ici, les conditions n’ont été aussi favorables pour que les citoyens de ce pays puissent enfin s’approprier, par le biais du jeu institutionnel, la juste part qui leur revient dans la gouvernance des affaires à tous les niveaux et dans toutes les strates de notre société.
Nul n’ignore, que depuis notre indépendance le 27 avril 1960 jusqu’à ce jour, notre pays est confronté à une crise éthique et politique qui ne cesse de s’aggraver. Cette crise est devenue par la suite identitaire et managériale, et sa complexité fut encore aggravée après la disparition du Président Eyadéma.
L’élection présidentielle d’avril 2005, marquée dans un premier temps par des manœuvres politiques anticonstitutionnelles, puis par les sanglants événements qui ont suivi le scrutin, et qui restent toujours vivaces dans la mémoire des Togolais, témoigne de la volonté du clan présidentiel de se maintenir au pouvoir à n’importe quel prix. Cette crise atteint aujourd’hui son paroxysme.
La dictature qui régentait notre pays depuis 1967 a depuis fort longtemps montré ses limites, notamment en raison d’une exigence démocratique populaire de plus en plus grande, dans tous les aspects de la vie de la nation. De ce fait, le régime actuel se trouve dans une impasse. Du fait de l’imposture de 2005, accentuée par le mépris avéré des Lois de la République, il s’est totalement disqualifié pour sortir le Togo de l’ornière.

Son bilan se révèle plus que catastrophique comme l’attestent les divers indicateurs de développement, notamment le dernier classement DOING BUSINESS que vient de publier au mois d’octobre la Banque Mondiale, qui classe le Togo au 165ème rang sur 183 pays notés dans le monde, en recul constant depuis 2005.
Cet indicateur de performance, émis par une institution internationale, par ailleurs partenaire du Togo en matière de coopération et de développement, procède à un examen méticuleux de l’ensemble des paramètres micro et macroéconomiques nécessaires pour permettre un véritable essor de l’économie ; vient à quelques mois à peine du scrutin présidentiel du 28 février 2010, sonner le glas d’un mode de gouvernance suranné, qui a été incapable depuis 2005 de se réformer en profondeur et de faire prendre à notre pays, le tournant du 21ème siècle.

Mieux encore ! Bien que timidement reconnu par les autorités politiques du pays elles-mêmes, ce constat, qu’elles ne sauraient donc qualifier de partisan, apporte un cinglant démenti aux sempiternelles assertions de l’actuel régime politique et de l’ensemble de ses laudateurs selon lesquelles notre pays avance, et relèguent aux oubliettes des promesses électorales non tenues : les fameux « 20 Plus » que Faure GNSSINGBE avait promis aux Togolais en 2005.

Pire encore, le document de référence de la Banque Mondiale sur lequel nous appuyons notre démonstration, rappelle qu’il avait classé le Togo 149e pays sur 155 étudiés en 2006, 151e sur 175 pays étudiés en 2007, 156e sur 178 pays étudiés en 2008 et 165e sur 183 pays étudiés en 2009.
Voila le véritable bilan de la gouvernance du pouvoir en place depuis le mois d’avril 2005.

Au-delà des chiffres et du classement, les caractéristiques principales qui ont marqué cette gouvernance, traduisent un accroissement de la pauvreté, de l’injustice, de l’arbitraire, de la confiscation des libertés individuelles et collectives, et surtout par l’accaparement des richesses du pays par un groupe très restreint d’individus, au détriment du bien-être collectif.
Et comme le souligne opportunément le Président Barack OBAMA, « lorsque vous laissez les mêmes s’enrichir tout le temps, n’espérer pas qu’un jour l’ensemble du pays puisse prospérer. »

La majorité de nos compatriotes croupit sous le poids de la misère. Pour survivre, une grande partie de la jeunesse est condamnée soit à l’exil économique soit au métier de taxi moto. Les statistiques démontrent par exemple qu’environ 20% de la population togolaise, en l’occurrence les jeunes, vivent à l’étranger.

N’en déplaise à Chef de l’Etat, ces chiffres ne relèvent pas de l’imaginaire de ses opposants. Il présidait lui-même le 7 mars 2008 à NANGBETO, un Conseil des ministres décentralisé qui a reconnu et entériné officiellement les résultats d’une enquête réalisée en 2005 portant sur les revenus et les dépenses des populations togolaises, qui révélait que 61,7% des Togolais sont « pauvres », plus précisément que 6 Togolais sur dix vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Ce seuil de pauvreté était en 2005 estimé pour des revenus inférieurs à 20.000 FCFA par mois à Lomé, moins de 13.000 FCFA par mois dans la Région Centrale, de la Kara et dans la Région des Savanes. Sur cette base d’indices d’extrême, il ressortait que 24% des habitants de Lomé sont très pauvres, contre 69% des populations de la Région Maritime, 56% de celles de la Région des Plateaux, 78% des populations de la Région Centrale, 75% de celles de la Région de la Kara et 91% de celles de la Région des Savanes.

La vérité est que l’immense majorité des Togolais souffre aujourd’hui d’une pauvreté qui est devenue endémique, alors que la malnutrition et la famine affectent plus de 62% des populations, avec le paradoxe que les zones rurales, par nature à vocation agricole, sont les plus concernées. Tout, porte à croire, que le pouvoir en place s’emploie au maintien de cet état de pauvreté qui conduit à déshumaniser les gens, à les rendre plus vulnérables, et permet ainsi de mieux pouvoir les instrumentaliser, en violation totale des droits de l’homme.

L’état de délabrement des hôpitaux et centres de santé, leur manque chronique d’équipements et matériels médicaux, les faibles moyens d’accès aux médicaments, la fuite des cerveaux au sein du corps médical, font que nos hôpitaux sont devenus des antichambres de la mort plutôt que des lieux de soins.

En matière d’éducation, les programmes scolaires et universitaires ne sont plus adaptés aux exigences de l’environnement actuel de l’économie mondiale. On observe une défaillance de l’Etat au niveau des enseignements primaire et secondaire où le désordre s’est installé.

Au niveau de l’enseignement universitaire, le foisonnement des écoles de formation professionnelle, qui devraient pourtant combler l’insuffisance des moyens de l’Etat vient plutôt aggraver une situation de formation au rabais, qui donne peu de satisfaction sur le marché de l’emploi.

Les infrastructures dans ce domaine sont en état de déliquescence avancé, et obèrent ainsi le niveau de formation des hommes et des femmes qui pourtant constituent le seul capital humain sur lequel nos entreprises et l’administration pourront compter dans l’avenir.

Le niveau réel du chômage n’est pas connu, faute d’études permettant de cerner la situation effective. Néanmoins, la réalité est que 95 jeunes sur 100, qui sortent des universités ou des écoles professionnelles, sont condamnés au chômage de longue durée.

Les rares concours de recrutement organisés dans la fonction publique ou dans les forces de sécurité, sont plutôt l’occasion pour les tenants du pouvoir de gratifier les partisans de leur politique, en ne tenant aucun compte des critères de mérite ou de compétence réelle et avérée. Cette situation entraine bien entendu et « presque naturellement » une « fuite des cerveaux », dès que pour certains l’occasion se présente.

Outre la fuite des cerveaux, la faible disponibilité de main-d’œuvre qualifiée, les entreprises privées sont soumises à des mesures draconiennes dictées par l’amateurisme et la cupidité des tenants du pouvoir, alors qu’elles sont pourtant le premier atout pour contribuer à la création d’emplois et à la résorption du chômage.

L’Etat hypothèque les chances de l’initiative privée, par une série de mesures discriminatoires : favoritisme, manque de transparence dans l’attribution des marchés publics, environnement juridique dissuasif ne sécurisant pas les investissements, coûts rédhibitoires des services (énergie, télécommunications, banque…).

Certaines entreprises sont ainsi contraintes à la fermeture, comme en témoignent encore les exemples récents de l’HÔTEL du 2 Février et de l’opérateur de téléphonie mobile GSM MOOV Togo.

Les infrastructures routières sont délabrées dans tout le pays au point que les ponts ne peuvent plus résister à la moindre crue. L’exploitation des lignes de chemin de fer a été complètement délaissée, rendant le réseau quasiment impraticable.

Les carences de l’Etat, son manque de vision en matière de développement, entraînent la déliquescence du tissu social, et le maintien d’une situation d’indigence.

La population urbaine se paupérise, les ruraux, dont le mode de culture artisanal soumis aux aléas climatiques est insuffisant pour assurer leur développement, viennent grossir le peuplement des bidonvilles.
Devant la stérilité de son mandat, le Président sortant trouve comme subterfuge d’insinuer qu’il n’est pas comptable de la gestion passée.
Cette position dictée par le désarroi, est un mensonge destiné à occulter les implications directes de Faure dans la gestion de ce pays au cours des 15 dernières années, où il a été sherpa du Président Eyadema pour les affaires économiques, avant d’entrer à l’Assemblé Nationale en 1999, puis au Gouvernement en 2002 jusqu’au soir du 5 Février 2005.

D’ailleurs, en se précipitant pour s’emparer du pouvoir dès la fin de l’agonie de son père, Faure GNASSINGBE a signifié qu’il est au mépris des dispositions constitutionnelles, le seul à avoir la légitimité d’incarner la continuité de ce mode de gouvernance où la famille est au dessus de la République, les intérêts privés priment sur l’intérêt général.

Pour preuve, la situation du Togo s’est lourdement aggravée depuis 2005, certes en raison d’une flambée des prix des produits alimentaires sans précédent, mais aussi de l’inaction du gouvernement. Le taux de pauvreté des Togolais a atteint 75% de l’ensemble de la population alors qu’il était de 62% en 2005.

Et face aux salariés qui manifestent leur raz le bol, les tenants n’ont pour toute réponse que de déclarer « qu’il faut aussi savoir ne pas aller trop loin et adapter les demandes aux réalités économiques du Togo », puisque « Le pays aimerait satisfaire le plus grand nombre.

Problème, il n’en a pas les moyens actuellement », « qu’après une longue période de crise, la convalescence a juste débuté » et que « les exigences des syndicats risquent de provoquer une rechute »,
Ces déclarations qui sont un aveu d’échec feraient presque sourire, si elles ne venaient pas des gens qui affichent un train de vie insolent caractérisé par le gaspillage et la luxure.
Et ce n’est pas le seul sujet sur lequel le régime de Faure, joue à cette lamentable comédie

A l’inauguration de l’atelier pour la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies contre la corruption, le 9 juin 2008, le Chef de l’Etat, dans une adresse lue par le Premier Ministre d’alors, déclarait la guerre à la corruption, désignée comme cause majeure de l’affaiblissement du niveau de vie des Africains.
Il dénonçait la corruption comme responsable de « la dissipation des deniers publics, de l’aggravation de la précarité et de la dégradation des mœurs », comme « facteur dissuasif pour les investissements étrangers », comme « frein au développement », comme « un obstacle à la démocratie et à la cohésion sociale », et surtout reconnaissait que « la corruption contient les germes d’autodestruction de notre société ».

Le Ministre de la Justice, à son tour dans le même cénacle, renchérissait par une citation de Kofi ANNAN prononcée le 9 décembre 2003, affirmant que « la corruption sape la démocratie, entraîne la violation des Droits de l’Homme, fausse le jeu des marchés, nuit à la qualité de la vie et crée un terrain propice à la criminalité organisée … et que ce mal court dans de nombreux pays certes, riches et pauvres, mais que c’est dans les pays en développement qu’il est le plus destructeur, car, ce sont les pauvres qui en pâtissent le plus, puisque là où la corruption sévit, les ressources qui devraient être consacrées au développement sont détournées, et par conséquent les gouvernements disposent alors de moins de moyens pour assurer les services de base du développement, tandis que l’inégalité et l’injustice gagnent du terrain tout en décourageant les investisseurs et les donateurs étrangers. La corruption est une des grandes causes des mauvais résultats économiques et donc un obstacle majeur au développement et au recul de la pauvreté. »
Comment peut-on faire confiance à un régime qui tient ces déclarations lénifiantes, et agit à l’exact opposé des principes ainsi proclamés ? Faure peut-il aujourd’hui, la main sur le cœur, dire qu’il met tout en œuvre pour éradiquer la corruption ?

Certainement pas ! Sinon les fossoyeurs de l’économie nationale, ne seraient pas en liberté, et encouragés dans leurs basses œuvres de siphonage systématique des deniers publics.

Ceux-là qui tiennent aujourd’hui ces discours alors qu’ils gèrent les affaires publiques, pour certains depuis des décennies, que n’ont-ils pas agi plutôt pour inverser radicalement la gouvernance de notre pays, en se mettant véritablement au service du peuple togolais et non à celui d’une caste régnant sans partage ?

Pourquoi ces personnes ne nous ont pas soutenu lorsque nous avons mis un éclairage sur la corruption, la gabegie et les dérives monarchiques du pourvoir ?

Pour quelles raisons ces personnes n’ont pas appuyé nos initiatives, à la tête du gouvernement, pour engager des réformes profondes, initier un mode de gouvernance tourné vers l’objectif de satisfaire les besoins vitaux du pays et de ses populations, en élargissant les cercles concentriques du pouvoir ?

Enfin pourquoi, alors qu’ils sont au pouvoir depuis 5 ans, n’ont-ils enregistré aucun résultat concret en matière de réformes ? On peut même considérer que le pouvoir en place a délibérément retardé le renforcement de nos capacités institutionnelles.

Ceci est particulièrement frappant lorsque l’on examine le cas de la Cour des Comptes dont l’installation aura nécessité 5 ans au Chef de l’Etat et à ses gouvernements successifs.

Si 5 ans ont été nécessaires à l’équipe au pouvoir, pour installer 17 magistrats, et encore sans leur avoir donné à ce jour les moyens matériels de leur action, on peut imaginer de combien de temps ils auraient encore besoin pour initier les réformes sans lesquelles notre pays ne peut que s’enfoncer encore, puisqu’il y a bien longtemps, hélas, qu’il ne progresse plus.
Nous affirmons pour notre part que c’est justement pour éviter que ne puissent être étalés sur la place publique, avant le scrutin présidentiel de 2010, les résultats catastrophiques qu’elle n’aurait pas manqué de relever sur les recettes de l’Etat et la gestion des finances publiques, autant que sur la gestion des entreprises publiques la SNPT, la LONATO, la SOTOCO, le FER, TOGOTELECOM, TOCEL et j’en passe des pires.

Mesdames, Messieurs, Honorables invités, Chers Compatriotes,
Lorsque l’incompétence se hisse au sommet de l’Etat et s’empare de tous les leviers du pouvoir, le bon sens décline, la morale périclite, le progrès recule. Lorsque l’incompétence au pouvoir, s’habille d’hypocrisie, l’obscurantisme et l’indigence établissent leur joug sur la nation toute entière.

Lorsque l’incompétence, tout d’hypocrisie vêtue, brandit le glaive de la méchanceté, c’est l’hymne de la désespérance qui répond en échos, aux complaintes grandissantes des veuves et des orphelins.

Mes Chers Compatriotes ! L’heure est grave !

L’échec du pouvoir en place n’est pas qu’un cirque d’impotents ; il se traduit malheureusement dans la vie de notre peuple : l’échec au sommet de l’Etat est aussi un échec de notre pays tout entier ! Il doit nous interpeller car pouvons-nous demeurer simples spectateurs face au dénuement de nos compatriotes, si nombreux, qui souffrent dans leur chair ?

Devons-nous juste déplorer, sans agir, quand plusieurs centaines de milliers de nos frères et sœurs, portent leur existence quotidienne comme une croix ? Devons-nous détourner nos regards et faire semblant d’ignorer, qu’autour de nous, chaque jour, chaque instant, nos semblables sont noyés dans des torrents de larmes et de tristesses.

Devons-nous accepter que le deuil emplisse nos plaines et nos vallées, et que sous sa brume sans éclat, une grande partie de nos concitoyens, abandonne l’espérance qu’une autre vie est possible ?

Pour notre formation politique, la réponse est non. L’heure est grave et il faut agir. Cette situation, à bien des égards insupportable, ne peut plus durer. Agban Agbodji ! Ata Kplo comme diraient nos frères Akposso
C’est pour cela qu’OBUTS se prépare et se donne tous les moyens pour incarner l’alternance et mettre en œuvre après le 28 février 2010, un programme d’action ambitieux mais réaliste, intitulé : « ENSEMBLE POUR UN TOGO PROSPERE ! ».

Notre programme d’action gouvernementale avant tout caractérisé par vingt-et- une (21) mesures d’urgence, est articulé autour de 9 axes principaux qui recouvrent le large spectre des activités du pays.
Tout en ayant le souci de faire progresser harmonieusement la nation togolaise, nous avons déterminé des priorités qui mettent un accent particulier sur les secteurs vitaux de la société que sont, la santé, l’éducation, l’économie, l’agriculture, tout en veillant au respect des grands équilibres nationaux.

Cela ne peut se faire sans la démocratisation de la vie publique, seule susceptible de déverrouiller le carcan des immobilismes et libérer les énergies nécessaires pour une transformation en profondeur de notre société.
L’état de détresse profonde et d’anoxie de notre pays nous oblige à prendre immédiatement des mesures d’urgence afin de le réanimer.

Une réanimation au sens étymologique du terme « re animus », à savoir redonner vie au corps et rendre l’esprit au malade.
Cette démarche thérapeutique vise à faire revivre aussi bien matériellement que spirituellement notre Mère Patrie, en insufflant un élan de confiance qui permettra à la Nation toute entière de pendre une part active au redressement de notre pays.
C’est le sens profond des 21 mesures d’urgence destinées à arrêter l’indigence de la majorité de nos compatriotes et ramener la confiance.
Ce sont des mesures de bons sens dont la particularité est qu’elles peuvent être mises en œuvre sans délai. Il s’agit là, de la clé de voûte de la refondation morale, politique et socio-économique de notre pays.
Par souci de cohérence et pour faciliter leur présentation, nous les avons regroupées en six grands chapitres.

ECONOMIE ET SOCIAL
L’ensemble des mesures prévues dans ce chapitre sont destinées à inaugurer une nouvelle gouvernance qui permette de redynamiser très vite nos performances économiques, de définir et d’adapter les besoins urgents de financement public.

Par ailleurs les premières mesures à caractère social provoqueront à coup sûr l’allègement du coût de revient du panier de la ménagère, et relanceront la consommation.

1) Mettre fin immédiatement à la dilapidation des ressources de l’Etat : recettes, douanières, fiscales, recettes des sociétés d’Etat, recettes des produits d’exportation ; définir les premiers objectifs annuels chiffrés et mesurables pour chaque unité institutionnelle du secteur public, normaliser la comptabilité nationale, identifier les errements, définir les mesures correctives immédiates et superviser leur mise en œuvre.

2) Enrayer la cherté artificielle de la vie par la diminution et la régulation des coûts des produits de première nécessité : eau, carburant, électricité, télécommunications, ciment, assurer la libéralisation de la commercialisation du gaz butane au niveau des ménages.

3) Payer 12 mois de salaire brut à tous les fonctionnaires qui seront admis à la retraite au cours de l’année 2010, au titre de bonification spéciale.

4) Renforcer le secteur de la micro-finance en mettant à disposition des organismes de micro-finance reconnus, des fonds pour aider les femmes les plus démunies à améliorer leurs activités génératrices de revenus. Ce projet est prévu pour concerner, au départ, 400 000 femmes sur toute l’étendue du territoire.

5) Octroyer à la veille de la rentrée scolaire, un prêt équivalent à un mois de salaire, remboursable sans intérêt sur une période de 12 mois, à tout fonctionnaire ayant des enfants scolarisés.

6) Créer une Agence Nationale Emploi-Insertion (ANEI) en vue de recenser tous les demandeurs d’emploi et chômeurs de longue durée, les catégoriser et mettre en œuvre un programme d’insertion professionnelle.

Cette agence aura pour mission d’établir avec précision toutes les données sur la situation de l’emploi au Togo, dans le cadre d’un partenariat coopératif Patronat-Etat, de gérer des programmes d’accompagnement pendant les périodes de transition professionnelle.

SANTE ET SECURITE DES PERSONNES
Il s’agit ici de parer à une situation critique dans le secteur sans doute le plus sinistré, parmi l’ensemble des infrastructures publiques. D’abord pour tenter d’enrayer la spirale de la mortalité, ensuite pour jeter les bases d’une reconstruction d’une véritable politique de santé publique.
Prendre en charge la totalité des frais de césarienne pour toutes les femmes qui seraient dans l’obligation d’accoucher par ce moyen, et améliorer la prise en charge des indigents dans toutes nos actions sanitaires.
Réhabiliter également les centres de santé, les doter d’équipements, de personnel compétent, régulièrement formé, bénéficiant de sessions de remise à niveau.

1) Généraliser l’utilisation des produits génériques dans tous les centres de santé, les hôpitaux et les cliniques, de sorte à éradiquer les filières des faux médicaments qui sont de véritables dangers pour la santé.

2) Identifier les zones à risque d’inondation et prendre des mesures urgentes en matière de réseaux d’assainissement, pour briser la spirale des dégâts désormais collatéraux liés à l’arrivée de chaque saison des pluies.

3) Rétablir la notoriété de pays modèle du Togo en faisant de la lutte contre le trafic des stupéfiants et le blanchiment d’argent une priorité politique, économique et sécuritaire du nouveau gouvernement, relevant de la responsabilité directe du Président de la République.

LIBERTES INDIVIDUELLES DROITS DE L’HOMME
1) Libérer immédiatement et sans conditions tous les détenus politiques.

INSTITUTIONS DE LA REPUBLIQUE

Notre pays souffre depuis son indépendance d’un véritable déficit structurel en matière de démocratie, à tous les niveaux de son organisation sociale, économique et politique. Les institutions sont les premières assises de tout édifice sociétal moderne, en dehors desquelles la démocratie ne peut prospérer.
Nous affirmons ici notre volonté d’en finir avec les pratiques surannées qui ont paralysé jusqu’ici le libre exercice des prérogatives citoyennes dans un Etat moderne.
Il s’agit de restaurer l’ensemble des institutions de notre pays, dans un fonctionnement pluraliste au service de l’ensemble des citoyens.
Il faut donc donner, à celles qui existent, les moyens de pouvoir exercer leurs prérogatives, et de créer enfin celles qui manquent encore pour consolider l’édifice public.
Le débat pour l’organisation de cette élection présidentielle éclaire d’un jour particulier la nécessité de procéder à un rapide rééquilibrage institutionnel.
Ceux qui aujourd’hui nous ont rejoints, dans le combat pour le rétablissement d’un scrutin présidentiel à deux tours, alors que nous le réclamons depuis le premier jour, posent en fait une question fondamentale qui n’a rien de fantaisiste, ou de « décalé » !
Ce scrutin à deux tours, a été voté par le peuple lors du référendum du 27 septembre 1992, avant qu’une Assemblée Nationale, toute acquise à Eyadema, ne vote sa modification en décembre 2002, pour lui permettre de briguer un troisième mandat.
Puis le 5 février 2005, en une nuit, la même Constitution, notre loi fondamentale, a été à nouveau écartelée pour que le ministre Faure GNASSINGBE, ne redevienne député, Président de l’Assemblée nationale et par la même occasion Président par intérim du Togo, alors que le président qui était en poste n’avait même pas démissionné.
Donc notre exigence de voir modifier cette clause, pour revenir à « l’esprit et à la lettre de 1992 » avant l’échéance présidentielle, n’a rien d’irréaliste
Quand nos contradicteurs, évoquent l’alibi du coût d’un scrutin à deux tours pour justifier leur position intenable, ils ne sont pas davantage crédibles, car si le pays ne disposait de moyens ils ne pouvaient pas s’offrir le luxe de garnir leurs parcs automobiles des limousines, hors de prix comme la MEBAC Présidentielle qui a couté aux contribuables plusieurs milliards de francs CFA.
Comment ne pas s’indigner de la multiplication des palais rivalisant d’autant de gigantisme et d’arrogance les uns que les autres à plusieurs endroits du territoire national, ou encore les prébendes électoralistes à tout venant de rachat des conscience, qui coutent plusieurs milliards de francs CFA pour s’assurer encore d’une élection truquée.
Si le Président sortant affirme dans cette polémique sur le mode de scrutin, qu’il gagnerait haut les mains les prochaines élections même si le mode de scrutin est à dix tours, qu’il accède simplement à un scrutin à deux tours comme nous revendiquons.
Il ferait des économies à la Nation, pour combler le déficit budgétaire. Tout cela démontre combien s’imposent sans délais, les reformes institutionnelles. Il faudra donc :
1) Dissoudre l’Assemblée Nationale et organiser sans délai de nouvelles élections législatives en vue de mettre en place une nouvelle Assemblée qui reflète les aspirations réelles du peuple et qui mette en œuvre des réformes institutionnelles et constitutionnelles nécessaires pour la stabilité politique du pays. Il sera procédé en toute transparence à un redécoupage des circonscriptions électorales, sur des critères démographiques.

2) Revenir à la Constitution issue du référendum du 27 septembre 1992, en ouvrant un débat national en vue de son amélioration par voie référendaire.

3) Organiser rapidement des élections locales en vue d’élire des élus locaux chargés de faire vivre et d’animer la décentralisation des pouvoirs et la mise en œuvre d’une grande politique de développement local.

4) Créer 25 nouveaux arrondissements dans la ville capitale, Lomé, pour rapprocher l’administration des populations de base, favoriser une saine gestion de nos arrondissements, avec à la clé, le recrutement des jeunes pour le service de la Police de Proximité.

5) Revisiter les nouveaux statuts des Forces Armées et de Sécurité, et les mettre immédiatement en application.

6) Donner enfin à l’ensemble de la diaspora la reconnaissance qu’elle est en droit d’attendre de la nation. La constituer donc comme 6e région du Togo, en prenant toutes les dispositions nécessaires pour lui accorder le droit de vote, et en créant les conditions avec les autorités des pays concernés.

Il s’agit d’en faire un partenaire de choix de la relance socio-économique et politique de notre pays.

MEMOIRE, RECONCILIATION, IDENTITE

Il s’agit de mesures hautement symboliques, créatrices de lien social et assises de l’identité nationale. Elles permettront par des actes concrets d’engager sans tarder un vaste processus national, destiné à ouvrir la voie à un travail de mémoire et de réconciliation du peuple togolais avec l’ensemble de son histoire.
1) Décréter de concert avec toutes les forces vives du pays une Journée Nationale de Mémoire, d’Actions de grâces et de Patriotisme.

2) Instituer dès les vacances scolaires 2010 un service civique obligatoire pour toute personne âgée de 15 à 55 ans afin de promouvoir la culture du civisme et résoudre notre crise identitaire pour mieux construire avec Patriotisme un Togo Prospère.

3) Rapatrier la dépouille mortelle de Feu Sylvanus Olympio, le Père de l’Indépendance, pour que lui soit rendu l’hommage de funérailles nationales, dignes de son œuvre et de son rang.

JEUNESSE ET SPORTS
1) Arrêter immédiatement la gestion anarchique au niveau de la Fédération Togolaise de Football pour permettre à cette institution de jouer pleinement son rôle de promotion du football, d’aider notre jeunesse à mieux valoriser ses talents sportifs pour le bonheur de tous les Togolais.

D’autres fédérations dont on ne parle pas et qui connaissent également de profonds dysfonctionnements feront l’objet d’une attention soutenue afin de les mettre en harmonie avec les méthodes d’une gouvernance vertueuse.
Par ailleurs, les salaires dans l’administration générale seront revus, à la hausse tout comme les bourses d’études, les allocations de recherche, et les pensions.
Le personnel de la santé, de l’éduction ainsi que les forces de l’ordre et de sécurité, bénéficieront d’un statut particulier, chacun dans son domaine compte tenu du caractère stratégique et contraignant du métier qu’ils exercent.
D’autre part, le nouveau gouvernement organisera rapidement des « Etats-généraux » dans les secteurs de « l’économie, de l’agriculture, de l’éducation et de la santé ». Les résultats de ces travaux seront publiés et serviront de base de travail pour l’action gouvernementale.
Dans le souci de transparence et d’élargissement du champ démocratique, ils associeront de la manière la plus large l’ensemble des acteurs concernés dans les différents domaines de compétences.
Nous sommes convaincus que ces actions fortes, parées d’un caractère de solennité, du fait de l’association de l’ensemble des corps constitués du pays, de ses institutions publiques ou privées, à la réflexion et à l’action, créeront une dynamique susceptible d’entrainer le plus grand nombre de nos compatriotes dans la voie de la refondation morale, politique, et socio-économique de notre pays.

La dynamique créée par cette série de mesures, permettra au nouveau gouvernement de poursuivre le reste du contenu de la feuille de route des cinq années à venir arrimé au huit autres axes de notre programme à savoir :
• La mise en œuvre du plan de relance économique, social et de développement du Togo
• La réhabilitation et le renforcement des infrastructures de base
• La promotion des investissements, et le renforcement du partenariat public-privé, en vue de la création d’emplois pour résorber le chômage.
• La mise en œuvre des reformes administratives, institutionnelles et politiques
• La réconciliation nationale et la réhabilitation de notre histoire commune.
• La redéfinition d’une véritable politique culturelle
• Le déploiement d’une diplomatie offensive et d’une armée républicaine au service du rayonnement du Togo
• Placer la sécurité civile et les droits de l’homme au Cœur de l’action politique

Mesdames Messieurs,
Honorables et distingués invités,
Chers Camarades,
Notre objectif est de faire du Togo, un immense chantier dont l’exécution nécessite la quintessence des expertises variées et complémentaires de chacun de ses enfants. Je suis convaincu que seuls l’action concertée, et le souci de l’intérêt général peuvent faire renaître la confiance, apporter à notre quotidien les couleurs radieuses du bien être et du vivre ensemble.
Rien ne pourra nous détourner de l’objectif que nous nous sommes assignés, celui de tout entreprendre pour faire triompher ensemble avec les forces démocratiques l’alternance politique et ajouter ainsi une nouvelle pierre, à la difficile, mais enthousiasmante construction de l’édifice démocratique de notre pays.
Comme le disait le Président Sylvanus OLYMPIO dans son discours du 27 avril 1960 : «Nous devons tout mettre en œuvre pour que le Togo de nos fils et de nos filles soient plus beau, plus grand, plus uni que le nôtre.
Les vieilles querelles tribales, les vieilles animosités de famille doivent définitivement disparaître. De l’Océan aux frontières du Nord, de l’Akposso au Mono, Le Togo doit être un, libre et fier. »

Voici venu le temps de l’Action Commune et Citoyenne pour la Libération Nationale, afin que 2010 devienne pour chaque togolais sans exception le rendez vous du soulagement et de la renaissance !

FEDERONS NOS ENERGIES POUR BATIR UN TOGO PROSPERE !
Vive le Togo indépendant, libre, prospère et démocratique !
Dieu bénisse le Togo.

Visitez le site du candidat:
[Le site internet www.obutsonline.org->http://www.obutsonline.org/]