28/06/2022

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Togo-Présidentielles : le Hold-up électoral en exécution…

Quelle que soit l’issue du hold-up électoral de ce dimanche 24 avril, les togolais se souviendront longtemps de ce qu’est devenu le Rassemblement du Peuple Togolais, ancien parti unique qui s’est autoproclamé pendant des décennies garant de l’unité nationale. Un parti composé de bourreaux, de gangsters qui n’hésitent pas à tirer sur leurs concitoyens pour voler de quoi assurer leur maintien au pouvoir, même s’ils doivent se hisser sur un monceau de cadavres pour se river de nouveau au pouvoir.

CONFUSION ENTRETENUE, DES L’OUVERTURE DU SCRUTIN

Sur toute l’étendue du territoire togolais, ce 24 avril deux types d’incidents ont retardé le démarrage du vote. Un communiqué publié la veille par le nouveau Ministre de l’Intérieur rendait caduc l’un des points importants des accords signés, sous l’égide de la CEDEAO, par le gouvernement et l’opposition au début du processus électoral. Faisant référence à ce communiqué, les cellules administratives des bureaux de vote ont, dans un premier temps, refusé l’accès des bureaux de vote aux représentants de l’opposition à la supervision des scrutins. Dans la plupart des bureaux de vote, le malentendu a été levé au bout de quelques heures de tractations avec les représentants de la CENI ; le temps qu’il fallait pour mettre en place des urnes bourrées. Ces urnes bourrées sont restées en place à Kara, Sokodé, Tchamba, Kpendjal, où les délégués de l’opposition n’ont pas été admis dans les bureaux de vote ou dans d’autres localité où un redémarrage des opérations n’a pu être obtenu, lorsque les représentants de l’opposition ont enfin été autorisé à superviser les opérations.
Au démarrage du scrutin les listes des nouvelles inscriptions enregistrées au cours de la période de révision des listes électorales n’étaient pas présentes dans les bureaux de vote. A la suite de nombreuses réclamations auprès de la CENI, les listes ont été progressivement envoyées et les nouveaux inscrits n’ont pu commencer à voter qu’en début d’après-midi. Ces deux incidents avaient déjà commencé à provoquer la suspicion des électeurs et à chauffer les esprits.

Le bureau administratif de chaque bureau de vote était composé d’un président, d’un vice-président, un rapporteur et d’un membre, soit 4 personnes toutes du RPT, parti de M. Faure Gnassingbé qui avait ainsi la haute main sur le déroulement du scrutin. On comprend alors que les accusations de fraude formulées par le pouvoir RPT et son candidat contre les candidats de l’opposition sont pures mensonges, destinés à discréditer l’opposition

DEROULEMENT DU VOTE A PEU PRES NORMAL, GRACE A LA VIGILANCE DES ELECTEURS

Dans la majorité des bureaux de vote, le déroulement du scrutin a été normal jusqu’au milieu de l’après-midi, ce qui a permis aux observateurs et à la presse internationale de délivrer leurs messages de bon déroulement des opérations, de calme et de civisme de la population, malgré les incidents mineures relevés.
Dès la matinée dejà, de nombreuses tentatives de mise en place d’urnes bourrées, de votes multiples ont été démasquées par les électeurs et signalées aussi bien au bureau de liaison observateurs qu’à la CENI . Plusieurs personnes ont été arrêtées en possession de dizaines voire de centaines de cartes d’électeurs et de bulletins de vote préremplis au nom du candidat aure Gnassingbé. Certaines étaient détentrices de fortes sommes d’argent rémunérant les bulletins vierges ramenés des bureau de vote en guise de preuve que le bulletin prérempli emporté a bien été glissé dans l ‘urne.

DES COUPURES DE COMMUNICATION, PRELUDE A LA PERTURBATION ORCHESTREE DES DEPOUILLEMENTS

Les moyens de communication ont été délibérément perturbés chez les deux opérateurs du réseau mobile:
– dès le milieu de l’après-midi, les abonnés de l’opérateur mobile privé Telecel n’étaient plus joignables ni du Togo, ni de l’étranger ;
– plus tard, en fin d’après-midi, de nombreux abonnés de l’opérateur mobile public (Togocel) ont subi le même sort ;
– dans la soirée, le prix de la communication a été arbitrairement décuplé par Togocel ;
– depuis la matinée du 25 avril 2005, les lignes fixes jusqu’alors épargnées ne sont plus qu’en mode de réception.
Les communications ne sont toujours pas rétabies sur les mobiles des leaders de l’opposition bien qu’ils aient pris la précaution de s’abonner chacun chez les deux opérateurs de mobile.
Ces mesures grossières sont destinées à empêcher le dépouillement contradictoire et la liaison entre les délégués des candidats de l’opposition et leur base, et plus généralement isoler totalement la population. A l’heure qu’il est, les responsables des partis politiques d’une part, les membres des organisations de la société civile d’autre part sont dans l’impossibilité de se coordonner pour établir un bilan réel des actes de violence qui ont marqué le dépouillement des votes.

SILENCE ! LES COMMANDOS DE MILITAIRES ENTRENT EN SCENE A L’HEURE DU DEPOUILLEMENT

En fin d’après-midi, le centre des saisies des données électorales de la coalition de l’opposition a été entièrement saccagé par des individus cagoulés.

Des militaires ou miliciens du RPT ont essayé d’emporter les urnes dans la plupart des bureaux de votes localisés dans les circonscriptions électorales réputées favorables à l’opposition, ce qui fut le cas dans plusieurs quartiers de Lomé. Le dispositif de répression était impressionnant, en général composé de 2 bindés legers, 2 Jeeps équipés d’automitrailleuses et de 2 camions de transport de troupes. Affrontements, bastonnades, tirs à balles réelles … Des barricades sont érigées dans les quartiers sud de Lomé et des pneus sont enflammés, mais le bilan est déjà lourd. Il devrait largement dépasser les chiffres de 3 morts et d’une vingtaine de blessés évoqués par la presse, à Lomé.

A Mango on signale des affrontements avec usage de flèches à la suite de protestations contre la mise en place d’urnes bourrées. Affrontements également à Sokodé et à Tchamba où un délégué de l’opposition a été arrêté et un autre est porté disparu.
A Kunjowou, dans le Wawa notamment, les urnes bourrées ont été cassées par les électeurs dès le début du vote; le préfet ayant refusé de fournir de nouvelles urnes, le vote n’a pas eu lieu.

UN HOMME « NOUVEAU », AU DISCOURS TELLEMENT ECULE !

Malgré tout ce dispositif, les résultats qui nous parviennent accordent à peine 20 % à Faure Gnassingbé. Gouvernement de large union nationale? Les promesses de ne pas s’éterniser au pouvoir ? Réhabilitation du père de l’indépendance assassiné par celui dont on fait semblant d’ignorer l’identité?…, les togolais n’entendent que ce discours depuis 1967. Qui peut encore accorder le moindre crédit aux paroles qui sortent de la bouche de gens qui ont méthodiquement planifié et exécuté le hold-up électoral de dimanche dernier ? Pour comprendre que le Togo est dirigé depuis des décennies par des génocidaires potentiels, faudra-t-il attendre que ceux-ci aient mis à exécution le plan d’extermination concocté et peaufiné depuis 1990 ?

La rédaction letogolais.com