25/09/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Togo : une belle farce électorale sur fond de pillages et de vols.

L’agitation électoraliste bat son plein dans tout le pays. Une fois encore, les états-majors des partis de l’opposition dite démocratique se sont mis en ordre de bataille pour inciter leur base à voter massivement le 14 octobre prochain. Ce n’est pas la première fois que ces partis (CAR, CDPA, UFC etc.) se mobilisent pour participer à un scrutin électoral. Comme il fallait s’y attendre, on nous annonce déjà que cette fois, les élections seront «libres et transparentes» et que les Kits électoraux (ordinateurs et autres fichiers informatiques) seront utilisés pour aider la CENI à déjouer toutes sortes de fraudes.

Si certains peuvent encore nourrir des illusions sur un quelconque changement à l’issue de ce scrutin, le déchaînement des milices du pouvoir, les FAT, le 20 août dernier sur les paisibles habitants du quartier d’Attiégou à Lomé, la nomination de RPTistes notoires à la tête du CENI et de la Cour constitutionnelle, les pratiques prédatrices des héritiers d’Eyadéma sur le plan économique leur opposent le démenti le plus formel.

Il est, en effet, clair que la transparence et la régularité du scrutin ne seront pas au rendez-vous, et que, comme en 1993, en 1994, en 1998, en 2003 et en 2005, ces élections seront synonymes de fraudes, de trucages de corruptions, de machinations, d’assassinats. Quant à ces fameux Kits électoraux que l’on nous présente comme la panacée, l’expérience d’autres peuples (Sénégal, Mali, RD Congo), nous montre qu’ils ne s’agit que de gadget, tant leurs limites sont évidentes. En effet, l’audit des fichiers a démontré très nettement la possibilité de s’inscrire (et donc de voter) plusieurs fois. Dans ces conditions, il n’y a que les tenants de l’opposition dite démocratique qui continuent de faire croire que les choses pourraient se passer autrement au Togo. C’est le même scénario qu’ils nous servent depuis dix sept ans: à chaque fois, la fin de la dictature est annoncée, et le peuple est invité à participer au processus électoral sous prétexte «qu’il ne faut pas laisser tout le terrain au RPT».

Mais, on sait comment cela se termine, et à cet égard, les évènements de février-avril 2005, les massacres perpétrés contre le peuple descendu dans la rue pour protester contre la fraude et réclamer la reconnaissance de la victoire de Bob Akitani, constituent un exemple édifiant. Ce qui n’a pas empêché les leaders de l’opposition dite démocratique (Agboyibo, Gnininvi), quelques semaines après, et sans aucune justification de recommencer une énième négociation avec le pouvoir dictatorial.

Un tel comportement s’explique par le fait que l’objectif de ces leaders, ce n’est pas le changement démocratique, mais la recherche constante d’un compromis avec le clan Gnassingbé. C’est ce que confirment, depuis la mort du tyran sanguinaire Eyadema suivi de la mascarade d’avril 2005, leur honteuse participation au gouvernement illégitime de Faure Gnassingbé à des postes juteux, et la nomination sur proposition de Agboyibo et Gnininvi de quelques préfets issus des rangs de l’opposition dite démocratique. Il en est ainsi parce ces leaders ne sont pas de nature différente du clan Gnassingbé, et la mascarade électorale actuelle nous en offre une fois de plus l’illustration.

En effet, une élection digne de ce nom oppose des programmes, c’est-à-dire non pas une énumération de vœux pieux, mais une présentation claire des objectifs et des moyens pour les atteindre. Dans ces conditions la campagne électorale offre l’occasion de débats autour des programmes politiques. Mais nous ne voyons rien de tout cela chez nous. Concrètement est-ce que l’un de ces partis aborde de manière claire et nette les questions cruciales qui se posent à notre peuple à savoir:

 la dépendance de l’impérialisme français;
 la corruption généralisée;
 la santé et l’éducation dans un état déplorable;
 la misère dans les villes et dans les campagnes ?

Est-ce qu’un parti présente un plan d’action autour de ces problèmes ? La réponse est non, et naturellement tous ceux au pouvoir comme ceux non encore au pouvoir ne font que ressasser ce qui se fait déjà depuis plusieurs années, avec les résultats que l’on sait: les plans d’ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale. Ces plans imposés de l’extérieur contre notre souveraineté, qui n’ont fait qu’accentuer la paupérisation de notre peuple, en remettant en cause le droit à la santé, au travail, et à l’éducation.

En bref, l’agitation électoraliste qui se déroule actuellement, sous nos yeux, n’a d’autre but que le partage du gâteau. Hier c’était Koffigoh, Edem Kodjo et Ayéva Zarifou. Aujourd’hui, avec la participation au gouvernement illégitime de leaders tels que (Agboyibo, Gnininvi, Aduayom), c’est une nouvelle étape qui est franchie. Tous les leaders ont décidé, tout bonnement, d’aller à la soupe afin, essentiellement, de résoudre leurs problèmes matériels et financiers.

A cet égard Agboyibo leader du CAR «le parti des déshérités», est un exemple édifiant.… En effet, au bout d’un an à la tête d’un gouvernement dirigé par l’apprenti dictateur Faure, peut estimer pour ces législatives, le budget de son parti, (le CAR), à un milliard de francs CFA ! Mais comment Agboyibo a pu constituer, en un laps de temps, une telle somme dans un pays où le gouvernement a besoin de quatre milliards de francs CFA, par mois, pour payer le salaire des travailleurs togolais ? Comment dans un pays où, le peuple survit sous une misère exécrable, les arriérés de salaires sont toujours impayés la dette ne cesse d’accroître un premier ministre qui plus est un leader d’un parti qui se dit «des déshérités» peut disposer de 40 millions de francs CFA pour le rafraîchissement de ses militants ? C’est une question que se pose tout citoyen honnête, et qui laisse entrevoir ce que ces leaders nous préparent.

Bien entendu, le clan Gnassingbé continue de son côté de mettre le pays en coupe réglé. Ainsi, les sociétés d’Etat (SAZOF, SOTOCO, BTCI, LONATO, CEET, SNPT, PAL, Togo-Télécom) sont sous contrôle du clan Gnassingbé avec, à la clé, la nomination du commandant Rock Gnassingbé comme directeur adjoint du Port Autonome de Lomé (PAL), la commande de matériels militaire en France et en Chine (appareil d’écoute téléphonique et autres gadgets). Ajoutons à cela l’achat d’un avion personnel à 1.179 000 000 f CFA pour Faure et la commande de voitures de luxe…350 millions f CFA pour Kpatcha Gnassingbé.

Sur le plan politique, quelques barons ont été spectaculairement écartés, et des «candidats indépendants» se multiplient. Mais si nous regardons de près cette liste que le pouvoir nous présente comme un changement majeur au sein du RPT, on retrouve facilement des gens qui ont commis des crimes de sang et de vols. Il est incontestable que ces assassins, ces criminels se présentent à ce scrutin pour se cacher derrière une certaine immunité et ainsi fuir leur propre justice… Bref ces élections n’apportent rien au peuple, et cela ne servira à rien d’y participer. Dans ce sens, nous approuvons ceux qui de plus en plus nombreux déclarent qu’ils n’ont pas l’intention de se déranger pour qu’on les massacre une fois de plus.

La seule chose qui reste pour ceux qui veulent continuer la lutte pour l’instauration d’une véritable démocratie dans notre pays est la démarcation totale vis-à-vis des tenants de la politique de conciliation, de tractation avec le pouvoir dictatorial. Pour nous répéter, seule la mobilisation et l’organisation qui peuvent nous permettre de renverser le système néocolonial.

Bruxelles, le 5 octobre 2007

Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil
BP 189
1000 Bruxelles 1
Site web: www.togoenlutte.org
Courriel: posmaster@togoenlutte.org