28/11/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Togo : Une ″démocratie″ de pacotille !

Par Armand ADOTEVI

Le cheminement vers l’instauration d’un régime politique démocratique au Togo fait du sur place, tant il tourne à vide.

Les tenants du pouvoir en place continuent de faire croire au peuple ainsi qu’à la communauté internationale que les pâles vessies qui décorent les allées du pouvoir au Togo sont des lanternes fluorescentes.

Au Togo, depuis les années 1991-1992, le cheminement vers la démocratie se paye de mots.

Au Togo depuis les années 1991-1992, le cheminement vers la démocratie se gargarise de formules déclamatoires.

Pour quels résultats ? Pour quelles avancées ? Pour quels changements concrets dans la vie des Togolaises et Togolais baladés, harassés, humiliés, épuisés, abusés, violentés, outragés ?

Au Togo, le pouvoir en place propose aux citoyens, une ″démocratie″ pour des borgnes, une ″démocratie″ pour des estropiés, une ″démocratie″ pour des muets, une ″démocratie″ pour des asservis, une ″démocratie″ de décorum factice.

Au Togo, aux fins d’assurer le verrouillage étanche d’un système politique en vigueur depuis quarante-six (46) ans, la composition des forces armées est sujette à caution, l’organisation des forces armées est sujette à caution, la structure de commandement des forces armées est sujette à caution malgré quelques variations d’opportunité. Presque partout sur toute l’étendue du territoire national, le même schéma sujet à caution et les mêmes règles sujettes à caution priment au sein des forces armées togolaises et constituent autant de cadenas assurant la pérennité du système.

Au Togo, quelques citoyens sont instrumentalisés à [l’insu de leur plein gré] (il s’agit là d’un emprunt métaphorique hébété) et nommés à [l’insu de leur plein gré] (il s’agit encore là d’un emprunt métaphorique hébété) à des fonctions éminentes et postes prestigieux en vue de susciter et de consolider en leur esprit un sentiment de gratitude perpétuelle, un réflexe de docilité motivé par la perspective du lucre et une forme d’accoutumance à l’aisance matérielle.

Au Togo, il y a manifestement une rupture d’égalité devant l’accession des citoyens aux hautes fonctions ; en ce que à quelques exceptions près, tous les principaux leviers de la puissance publique et tous les postes prestigieux au niveau national ou à l’extérieur du Togo paraissent anormalement préemptés, soumis à un pacte de préférence implicite et/ou à n’être dévolus qu’aux mêmes ; or le principe d’égalité est un principe à valeur constitutionnelle.

Au Togo, il est prétendu que la ″démocratie″ fonctionne dès lors que des prestidigitations ubuesques permettent au même clan de perpétuer son assise, de se servir et de servir celles et ceux qui auront fait promesse de subordination.

Au Togo, la -Commission Électorale Nationale Indépendante- (CENI) s’est octroyée une prérogative exorbitante du droit commun et au mépris de l’intérêt général, a cru pouvoir annoncer par communiqué de presse, sur un fondement légal que tous les acteurs politiques sérieux méconnaissent, que les candidats au scrutin législatif disposeraient d’un délai d’une (1) semaine (du 03 juin au 10 juin 2013) pour déposer leur dossier de candidature ; alors même, qu’au jour de la publication du communiqué de presse dont s’agit, relativement aux dates d’ouverture et de clôture de l’établissement des listes électorales, la date du scrutin (21 juillet 2013) et la convocation du corps électoral pour cette même date, n’avaient fait l’objet de strictement aucune annonce officielle émanant du gouvernement de la République.

L’annonce de la date du 21 juillet 2013 n’étant intervenue que le 07 juin 2013, soit huit (8) jours après la matérialisation de la prérogative exorbitante du droit commun que s’est accordée la CENI.

Sous quels cieux sommes-nous au Togo ? Dans quelle république sommes-nous au Togo ? Sans doute dans une république exceptionnelle !

Au Togo, la farce, la malveillance, la manipulation, la brutalité, l’inhumanité, l’esbroufe, la kleptomanie, le mensonge et le folklore sont légion et tiennent lieu de pratiques politiques d’habitude au point que ces perversités ont imprégné la mentalité de nombreux citoyens togolais (…).

De tout ce qui précède et en raison des tensions et remous récurrents qui agitent la vie politique nationale du Togo, la seule et unique exhortation qui prévaut est la suivante : Toutes les formations politiques de l’opposition togolaise n’ont strictement aucun autre choix que celui d’aller jointes, en rang unitaire, à tous les prochains scrutins nationaux y compris à celui prévu pour se tenir le 21 juillet 2013; c’est là, la seule voie faisable pour une alternance politique au Togo.

Que celles et ceux Togolaises et Togolais qui croient encore en la renaissance du Togo, se mobilisent et fassent entendre aux leaders des formations politiques de l’opposition que face à un régime atypique, le rassemblement unitaire transcende les intérêts et calculs partisans et qu’aucune formation politique issue de l’opposition politique togolaise n’est en capacité de se prévaloir d’une posture hégémonique.

L’espérance démocratique au Togo, le cheminement vers l’instauration d’une authentique démocratie moderne et multipartiste au Togo et l’alternance politique au Togo sont à ce prix.

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Suite … Togo : Une ″démocratie″ de pacotille !

Par Armand ADOTEVI

En complément du propos que j’ai développé dans ma réflexion intitulée : -TOGO une ″démocratie″ de pacotille- il me paraît utile d’apporter à titre additionnel, relativement au souhait que j’ai émis d’un rassemblement unitaire des formations politiques de l’opposition, aux prochains scrutins nationaux, les précisions ci-après exposées : En raison de ce que en matière électorale au Togo de nombreux sujets d’importance subsistent et n’ont à ce jour pas reçu le moindre commencement de clarification, l’usage du mot « élection » au Togo constitue au mieux un abus de langage, au pire une gageure.

Si les règles du ″scrutin électoral″ prévu pour se tenir le 21 juillet 2013 sont par avance viciées, pourquoi y aller ? Pourquoi ainsi apporter une caution à une tartufferie et/ou valider une mascarade ?

Il me paraît vain d’échafauder des théories ardues pour une compétition « électorale » qui en réalité n’en est pas une !

Si les ″élections″ sont par avance carbonisées, il y a perte de temps en dérisoires conjectures n’ayant pour objet qu’une pathétique gesticulation tendant à amuser la galerie ; car les mots ont un sens : Une élection est le libre choix par les citoyens de certains d’entre eux pour la conduite des affaires publiques. Ce procédé permet en outre de choisir une orientation politique pour la gouvernance du pays et d’avaliser une offre politique.

Dès lors, il convient de savoir quelle signification donne-t-on au mot élection en terre togolaise et quelles en sont les règles ? Si la réponse est : *Composition du corps électoral manipulée, *liste électorale fantaisiste, *bourrage des urnes, *interception des urnes au contenu non dépouillé par des militaires armés ; *intimidation ; *brutalités et agressions physiques orchestrées et une *Commission électorale prétendument « indépendante » mais en vérité aux ordres et à la composition biaisée, alors chers amis, faisons l’économie d’un surcroît de foutaises.

À ce jour, des questions primordiales demeurent sans réponses. Ainsi, depuis 2005 : *ni les interrogations relatives à la composition du corps électoral *ni celles relatives à l’émission d’une liste électorale fiable et sincère *ni celles relatives au fâcheux mode de scrutin à un (1) seul tour *ni celles relatives aux réformes institutionnelles n’ont fait l’objet d’un dialogue complet avec les formations politiques de l’opposition.

Par ailleurs, il y a me semble-t-il matière à clarification dans le paysage politique togolais en ce qu’il est composé d’un nombre pléthorique de formations politiques pour un petit pays comme le Togo. C’est pourquoi, le mode de scrutin électoral à deux (2) tours serait judicieux au Togo et permettra d’évaluer le champ des forces politiques compétitrices du premier tour, puis viendra pour le second tour, le temps de conclure en lucidité des alliances électorales gagnant-gagnant.

Ainsi, les formations politiques qui à l’issue des résultats du premier tour, concluront un accord électoral pour un rassemblement unitaire au second tour n’en seraient que plus crédibles et représentatives du choix exprimé dans les urnes par les populations.

Au Togo, le mode de scrutin à un (1) tour fige la compétition électorale et à un effet direct sur le résultat du scrutin.

Le monde change, des réformes de fond dans la vie politique du Togo s’imposent. Aussi, le temps est au discernement au sein de la classe politique de l’opposition togolaise.

Au Togo, sortir de la facétie de posture constitue dorénavant un impératif.