28/06/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

<< La France doit clarifier sa position vis à vis du Togo >>

LETTRE OUVERTE DE LA NDP A SON EXCELLENCE JACQUES CHRAC PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE

Monsieur le Président,

La jeunesse togolaise éprise de changement et réunie au sein de la NDP adresse cette lettre pour vous faire part de ses inquiétudes face à la tournure que prennent les événements dans notre pays le Togo. En effet à la suite du hold-up électoral du 24 juin 1998 , la communauté internationale pour apaiser la tension dans le pays avait initié un dialogue intertogolais qui a
aboutit à la signature de l’Accord Cadre de Lomé le 29 juillet 1999. Lors de votre passage à Lomé le 23 juillet 1999, le Président de la République Gnassingbé Eyadema a pris devant vous et devant la communauté internationale deux engagements .
– Il a promis dissoudre l’Assemblée Nationale en mars 2000 afin de permettre la participation de tous les partis à des élections législatives anticipées.
– Il a confirmé son départ sans condition du pouvoir à la fin de son mandat en
2003 comme le stipule la constitution du 14 octobre 1992 .

Pour mémoire nous vous rappelons les propos du président togolais lorsqu’il prenait cet engagement nous citons : »Je ne toucherai pas à la constitution
car si je le fais on dira que c’est pour prolonger mon mandat comme la plupart des chefs d’Etat ; je ne veux même pas rester un seul jour de plus si je finis mon mandat en 2003  » et d’ajouter plus tard nous citons toujours : » l’essentiel n’est pas de signer un accord mais c’est le respect de cet accord qui compte, je ne suis pas un politicien ,je suis un militaire ma parole m’engage  » Le peuple togolais à l’époque n’avait accordé de crédit à ces propos qu’en vous voyant aux côtés du chef de l’Etat togolais .

Conformément à la lettre et à l’esprit de cet accord, des institutions comme la CENI et ses démembrements ont été installés pour assurer l’organisation libre et transparente de ces élections. Contre toute attente ,le régime RPT après avoir crée toutes les difficultés à la CENI , a refusé de dissoudre l’Assemblée Nationale en mars 2000 comme promis et mis fin aux activités de la CENI qu’il a remplacé par un comité de sept (7) magistrats inféodés au pouvoir qui, à son tour, a organisé la mascarade d’élection du 27 octobre 2002 .

L’assemblée monocolore RPT issue de cette mascarade électorale a procédé le 30 décembre 2002 au tripatouillage de la constitution du 14 octobre 1992 notamment en son article 59 permettant donc au chef de l’Etat de se présenter autant de fois qu’il le voudra .Cette même assemblée a adopté le 06 février 2003 une nouvelle loi électorale qui, non seulement exclut des candidats de taille, mais confie désormais l’organisation des futures élections au Ministère de l’intérieure et de la décentralisation.

Monsieur le Président ,

Permettez-nous de vous rappeler que tous les accords signés par l’ensemble de la classe politique togolaise depuis 1990 à savoir: « l’accord du 12 juin, la
commission mixte paritaire ,la réunion de Colmar , de Ouaga 1 et2 » n’ont jamais été respectés par le régime RPT .Ce sont ces violations systématiques et récurrentes par le régime RPT qui conduisent aujourd’hui notre pays au bord de l’explosion.

Monsieur le Président ,

Vous savez mieux que quiconque ce que la politique d’exclusion a eu comme conséquences dans d’autres pays comme la Côte d’Ivoire ; ce pays que la France essaye de sortir aujourd’hui non sans difficulté du gouffre.

Le peuple togolais en général et sa jeunesse réunie au sein de la NDP en particulier ne veut pas d’une situation à l’ivoirienne au Togo ; c’est pourquoi la NDP vous interpelle et à travers vous la France à sortir de son mutisme et à prendre une position claire et nette vis à vis du dernier coup de force constitutionnel du régime RPT. Si vous ne le faite pas Monsieur le Président la jeunesse que nous représentons sera en droit de vous considérer comme complice des tenants du pouvoir .

La NDP convaincue que la France est une grande Nation de démocratie estime qu’il est anormal voire injuste que vous déployez d’énormes pressions sur le
Président ivoirien afin qu’il respecte les accords de Linas-Marcoussis et qu’au même moment vous observez un silence total face à la violation des engagements pris devant vous par le Président togolais

Connaissant l’attachement de votre pays aux valeurs universelles de démocratie et des droits de l’homme, nous espérons que notre requête retiendra votre attention.

Dans l’espoir d’une suite favorable, nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération

Fait à Lomé , le 18 février 2003
Le Président

Gilbert K. ATSU

Ampliation
Georges W. BUSH, Président des USA
Schroeder GERHALD, Chancelier de la république d’Allemande
Koffi ANNAN, Secrétaire Général de l’ONU
Abdou DIOUF, Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie
Jean CHRETIEN, Premier Ministre du Canada
Romano PRODI, Président de la Commission Européenne
Costa simiti Premier Ministre de la Grèce Président en exercice de l’Union Européenne
Thabo Mbeki Président de la république Sud-africaine- Président en exercice de l’Union Africaine