26/09/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Commémoration du 1er mai au Togo : menace de grève générale le 2 juin ?

Effet d’annonce sans frais pour calmer le mécontentement des bases syndicales en colère contre les leaders syndicaux ou volonté sérieuse d’en découdre avec un gouvernement qui ne respecte pas ses engagements ? La menace d’une grève générale au lendemain du 1er juin a fait l’événement à l’occasion de la commémoration du 1er mai, journée internationale de lutte des travailleurs, au Togo. C’est dans un cahier de doléances en 10 points remis aux autorités gouvernementales lors d’une rencontre de ceux-ci avec les leaders syndicaux accompagnés par les manifestants du 1er mai sur l’esplanade du Palais des Congrès (voir ci-après) que la menace de cette grève générale est agitée. Elle a, par ailleurs fait l’objet de plus amples commentaires présentant la grève générale comme inéluctable si satisfaction n’est pas obtenue dans les interviews données par ces responsables à la presse nationale et étrangère.

Le divorce est-il consommé entre Faure Gnassingbé et ces responsables syndicaux qui, jusque-là, contre la volonté de leurs bases, faisaient preuve d’une incompréhensible complaisance frisant la collaboration à son endroit. Tout juste une année auparavant, on se rappelle notamment du scandale, pour nombre de syndicalistes orthodoxes, constitué par la réception de Faure Gnassingbé, tout de blanc vêtu comme les syndicalistes, au meeting du 1er mai 2006 à la Bourse du travail de Nyékonakpoè. Comment et par quels responsables avait-il pu être invité à ce meeting après avoir fait assassiner des centaines de travailleurs une année auparavant, avant, pendant et après la présidentielle du 24 avril 2005 ?

De plus les leaders syndicaux s’étaient échinés à torpiller, d’eux-mêmes, les mobilisations que leurs bases les avaient poussées à décider pour début janvier 2006 (une marche pacifique) et surtout la grève générale (30 novembre 2006) annulée in extremis après une rencontre avec Faure Gnassingbé. En véritables briseurs de grève, ils avaient félicité de façon tonitruante et scandaleuse de cette rencontre sans en avoir pourtant rien obtenu de substantiel, tout juste un mois d’arriérés de salaires sur plus de six et une baisse insignifiante sur les produits pétroliers.

Il faut croire que, depuis lors, le mécontentement des bases face aux délestages d’électricité, de rupture de livraison d’eau, de cherté générale de la vie, de précarité générale du monde du travail où dominent les travailleurs temporaires et contractuels, etc., a créé une situation si explosive qu’un changement de ton s’est imposé à la veille du 1er mai. On a d’ailleurs remarqué qu’alors que dans d’autres pays, les contextes électoraux sont une occasion pour les centrales syndicales de faire pression sur les pouvoirs pour obtenir la satisfaction de leurs revendications par grèves et manifestations, comme ce fut le cas en France depuis l’année dernière, au Togo par contre, la tenue des législatives le 24 juin prochain laissait jusque-là de marbre les chefs syndicalistes togolais.
Ce fut même avec surprise qu’on entendit, le dimanche 29 avril, soit deux jours avant le 1er mai, Akouété Béliki, secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Togo (CSTT), regretter, à la Télévision togolaise (TVT) où il avait été reçu à l’émission vedette « Le Plateau de la semaine », que les syndicats n’aient pas été invités à prendre part au défilé du 27 avril à Dapaong. Pourtant, dans la même émission, il reconnaissait que leurs organisations n’avaient « rien obtenu » du gouvernement depuis la signature, le 11 mai 2006, de l’Accord social tripartite (syndicats, patronat, gouvernement) au terme d’un Dialogue social sans fin qui a duré de février à mai 2006.

Poussé par les bases, un autre son de cloche est intervenu, ce même 29 avril avec l’interview donnée à Radio Lomé par Ephrem Tsikplonou, le secrétaire générale de la Confédération générale des cadres du Togo (CGCT) et porte-parole de l’Intersyndicale des travailleurs du Togo (ISTT), interview dans laquelle il brandissait vigoureusement la menace de la grève « Si jusqu’au 11 mai (date du 1er anniversaire de la signature de l’Accord social tripartite), il ne se passe rien ». De toute évidence, les autres centrales syndicales membres de l’ISTT se sont ralliées à cette position en repoussant la date de l’ultimatum adressé au gouvernement au 1er juin. Oseront-ils passer à l’acte ? Wait and see…

* *

*

Cahier de doléances du 1er mai 2007

En ce jour du 1er mai 2007, Journée internationale du travail, les organisations de travailleurs, regroupés au sein de l’Intersyndicale des travailleurs du Togo présentent les doléances ci-après :
1- Le paiement des allocations familiales des agents permanents, des salaires et pensions de retraite à terme échu conformément aux dispositions du nouveau Code du travail.
2- L’application effective aux travailleurs de l’enseignement privé confessionnel catholique, de la mesure de déblocage des effets financiers des avancements et révisions de situation administrative.
3- La baisse sensible des prix des produits suivants : produits pétroliers, eau, électricité, communications téléphoniques, produits pharmaceutiques, matériaux de construction.
4- Le maintien de l’organisation des examens de fin d’apprentissage par les syndicats des secteurs professionnels concernés, conformément à la pratique en vigueur.
5- La mise en place effective du Conseil national du Dialogue social (CNDS).
6- La résolution définitive du problème du manque d’énergie ; d’eau potable, exposant les populations aux risques permanents des maladies hydriques.
7- La révision à la baisse des factures d’électricité en constante augmentation en dépit des délestages récurrents.
8- La cessation du dumping pratiqué par les Lybanais et Indopakistanais exposant notre économie à une mort lente et certaine et les commerçants togolais à la ruine.
9- La prise en charge systématique des accouchements par césarienne pratiqués dans les hôpitaux publics.
10- L’instauration par la direction de Togopharma d’un dialogue avec les autorités compétentes et les travailleurs en vue de trouver une solution définitive au problème de ce secteur.

NB : Les travailleurs attendent l’exécution de ces revendications dans un délai maximum d’un mois soit le 1er juin 2007. Passé ce délais, l’ISTT se considérera comme ayant reçu l’accord du gouvernement pour toutes manifestations y relatives.

Fait à Lomé, le 1er mai 2007
L’ISTT