28/06/2022

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Eyadéma et ses 40 millions pour « amadouer » la presse

C’est le pactole que le président de la République togolaise a offert aux associations de la presse privée le lundi 20 octobre 2002 après sa rencontre avec leurs responsables. La délégation était composée des représentants de l’URATEL (l’Union des Radios et Télévisions Libres du Togo), UJIT (Union des Journalistes Indépendants du Togo), ATEPP (Association togolaise des Editeurs de la Presse Privée) et OTM (Observatoire togolais des Médias) .

Ces associations avaient entamé des négociations avec les autorités politiques togolaises au lendemain de l’adoption par l’Assemblée nationale des lois restrictives à l’encontre de la presse privée. Les discussions du 21 septembre 2002 avec le président de la République, avaient porté sur l’abrogation du nouveau code de la presse, la redevance des radios ainsi que l’aide de l’Etat à la presse.

Concernant ces revendications, le président Eyadema avait alors recommandé aux responsables des associations, de continuer et de parachever les discussions avec le Premier Ministre, le Ministre de la Communication et de la Formation civique. La rencontre de lundi dernier avait pour objectif de finaliser ces diverses consultations.

Toutes les radios installées au Togo sont soumises à une redevance d’exploitation à l’Autorité de Réglementation des Télécommunications du Togo. La redevance varie selon l’espace géographique dans lequel chacune émet. A Lomé cette redevance est de 1.200.000 FCFA et à l’intérieur du pays les radios payent 750.000 FCFA. Cette somme est astronomique pour les directeurs de ces entreprises dont les ressources sont limitées.

A propos du code de la presse voté par l’Assemblée, le gouvernement concède un moratoire d’une année, au cours duquel il est demandé aux journalistes de se responsabiliser. Ces 40 millions sont une aide du gouvernement accordée aux associations de journalistes. On dit en coulisse que ces millions serviraient à l’organisation de séminaires de formation pour les journalistes togolais.

En fait les 40 millions sont largement inférieurs aux objectifs attendus par la presse togolaise. Auparavant, une subvention conséquente inscrite au budget de l’Etat n’avait jamais été totalement attribuée; une partie ayant servi à alimenter les journaux complaisants et inféodés au pouvoir.

Cette « générosité » suffira-t-elle à faire taire la presse privée, à la veille d’une des plus scandaleuses mascarades électorales qu’organise le « Président à vie » du Togo?

La rédaction