27/09/2022

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Fin de match pour Rock : Ainsi donc on peut vaincre les Gnassingbé !

La leçon que les Togolais peuvent et doivent retenir du dernier grand événement à la Fédération Togolaise de Football, c’est que les Ganssingbé ne sont pas invincibles. Les élections au bureau de la FTF ont en effet vu la victoire d’un candidat courageux et dynamique sur un des héritiers d’Eyadèma. Rock Gnassingbé, celui par qui le Togo a pris la grande honte lors de son premier Mondial de Football s’en est allé par la petite porte. Il a été battu, à plate couture ! Tata Avlessi, un homme jusqu’alors inconnu, sorti du peuple a remporté les votes supervisés par la FIFA et la CAF. L’ère Rock est terminée !

Leçon de courage et de dignité que celle-là. C’est vrai qu’on doit séparer Sport et Politique. Mais cette affaire mérite qu’on s’y intéresse au-delà de son caractère purement social. N’est-ce pas parce qu’il était un fils du père qu’il y a cinq ou six ans Rock a fait main basse sur la FTF ? Comme dans cette Fédération, la progéniture de notre ancien dictateur avait des pouvoirs exorbitants sinon des prérogatives extraordinaires et des passe-droits. C’est pourquoi l’éjection démocratique de Rock est intéressante. Et sur ce plan, l’intérêt de la chose tient plus au contexte de sa survenance qu’à la qualité du premier acteur. Rock était sûr de lui ; il se croyait fort et incontournable. On se rappelle après le mélodrame du mondial allemand, lorsque la moitié des membres du bureau de la FTF avait démissionné que lui ne voulait pas reconnaître sa responsabilité. Il s’est accroché, en dépit même de la bouderie des professionnels qui ont boycotté certains matchs des Eperviers. Les invectives et les directives de la FIFA n’y firent rien.

Si le changement a pu survenir à la tête de la FTF, c’est parce qu’on n’a pas laissé l’organisation de l’élection à cette structure et à son ministère de tutelle, celui de la jeunesse et des sports entre les mains d’un certain Richard Attipoe, un thuriféraire du régime. La FIFA et la CAF savaient le football togolais malade. Elles ont dépêché leurs experts qui ont pris soin de créer les conditions de la transparence. Des candidats sérieux et crédibles ont pu donc émerger, battre campagne et conquérir l’adhésion des dirigeants des clubs qui étaient les électeurs. Ainsi va le sport comme le jeu démocratique. Celui qui joue mal doit être sanctionné et passer derrière le rideau pour laisser le jeu se poursuivre. Cette expérience peut-elle faire tache d’huile dans d’autres sphères de la société togolaise ? That is the question.

Par Dany K. Ayida
Expert international en gouvernance et démocratie