02/12/2022

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Indignation au sein de l’Eglise protestante de Lomé

C’est donc aux deux pasteurs, devant un parterre d’officiels et du ministre de la défense, le général Tidjani, que le Président Eyadema a notifié aux deux hommes de Dieu l’ordre de réintégration du pasteur. Toute tentative d’explication de la part des pasteurs s’est vue opposée par de cinglants propos du général Eyadema. Selon les informations que nous avons reçues, chaque fois que l’un des pasteurs voulait faire un essai d’explication, Gnassingbé Eyadema répondait par des «Non ! non ! non ! vous êtes méchants ! méchants». Ce qui obligeait donc les pasteurs dépités à ravaler chaque fois, leurs explications. Cet entretien virile se tenait à la présence du pasteur Eho qui aurait déclaré que « Monsieur le Président il y a dans ce pays, des gens qui se croient encore en pleine conférence souveraine ».

Les raisons de l’éviction de celui qui constitue aujourd’hui le brandon de discorde entre le pouvoir et Lomé 2 sont pourtant simples. Le pasteur Eho fut limogé pour des raisons morales et surtout pour fautes professionnelles portant préjudice au bon fonctionnement de l’EPPT. Etant le chargé de la communication au sein du Secrétariat du bloc synodal, le Pasteur Eho donnait de « fausses informations » à la presse privée. A la parution des journaux il faisait des copies qu’il envoyait à des bailleurs de l’EPPT en Europe. Il faut dire que les informations portaient sur la conduite des projets ici et qui portaient sur des millions de francs CFA. Ces projets aiguisent des appétits sur lesquels s’étripent les pasteurs. Ayant certainement perdu, le pasteur Eho a préféré torpillé ses camarades en donnant de vraies fausses informations sur le management des projets aux journaux de la place. Cette manipulation de nos confrères a été reconnue par le pasteur Eho lors du synode de mars tenu à Atakpamé. Il faut noter que le pasteur Eho défrayait régulièrement la chronique. En 2001, il avait été suspendu pour quelques mois pour avoir mis en gage son froc contre un emprunt.

L’immixtion du Président de la République, le général Eyadema dans une affaire religieuse est jugée intolérable par fidèles de l’Eglise. Des groupes de réflexion et de pression à l’Eglise se mobilisent pour contrer l’initiative présidentielle. Actuellement une lettre est envoyée au modérateur pour expliquer général les limites de son pouvoir. Le fait même que le Général lui-même soit un fidèle de l’Eglise, prenne le parti d’un fidèle sous peine de semer la division au sein de l’EPPT exacerbe les tensions. En réalité ce n’est pas la première fois que le général s’invite dans les affaires religieuses. Par le passé, il fut très présent au sein de l’Eglise catholique où il exerçait une influence importante par l’intermédiaire de l’ancien archevêque de Lomé, Monseigneur Dosseh-Anyroh. La conférence nationale et la démission de l’ex-archevêque avait mis fin à cette sainte alliance. Tout récemment les fidèles de l’Eglise Brotherhood étaient allés se réconcilier à Lomé2, après des rixes violentes soldées au cours desquelles il y eut plusieurs blessés. Le régime ayant compris que la soumission des fidèles aux recommandations des responsables religieux, Eyadema a mis toute son énergie à subordonner la religion à son pouvoir. Cette alliance a transformé des responsables religieux à devenir des hommes de main du général semant la discorde entre les fidèles.

Le Temps