08/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

La presse togolaise du 22 au 30/09/02

Les prochaines élections législatives anticipées, l’interview de l’ancien Premier Ministre Agbéyomé Kodjo et la lettre de l’UFC au Général Walla font la une des journaux togolais.

« La Tribune du Peuple » note : « Quel intérêt encore pour des législatives anticipées ? » La position du confrère à ce propos est claire. Pour lui, point n’est besoin de parler encore des élections législatives. Car, à moins de neuf mois des échéances de la présidentielle, autant engager dès à présent ce chapitre, ce qui permettrait de vider le dossier de la candidature du Général Eyadèma. » Le journal fait l’analyse suivante : « … le pouvoir RPT n’a pas réellement intégré la nécessité d’organiser des législatives anticipées pour résoudre la crise socio-politique née du hold- up électoral présidentiel qu’il a perpétré en juin 1998. Il s’est au contraire conforté dans la logique des coups de force, puisqu’il est allé jusqu’à modifier le code électoral consensuel laborieusement conclu entre toute la classe politique togolaise avec l’appui de la communauté internationale. Par la même occasion, il a mis fin au CPS (Comité Paritaire de Suivi), organe de dialogue destiné à conduire le processus électoral ainsi que la CENI (Commission électorale Nationale Indépendante) paritaire, également mise en place pour l’organisation et la supervision des élections. » Si sur le plan intérieur « tout le semblant d’organiser des législatives anticipées est destiné à tromper la vigilance de l’opposition et l’empêcher de se préoccuper de l’élection présidentielle qui avance à grands pas », le pire est à craindre, car « le pouvoir en place ayant déjà modifié et taillé le code électoral à sa mesure, il va s’inscrire dans la durée. D’abord, en refusant toujours de rétablir les institutions paritaires du code électoral consensuel. Ensuite, envers et contre tout, Eyadèma demanderait et obtiendrait un 3e mandat en faisant intervenir l’actuelle Assemblée nationale monocolore. Et dans la foulée, une nouvelle Assemblée nationale toujours monocolore, ou tout au plus avec les pseudo partis politiques de la commission des 7 magistrats, verrait le jour en 2004 dans les conditions qui existent déjà. » Au regard de ce « scénario catastrophe » le journal propose une « solution externe » au problème togolais par le truchement des hommes qui sont à « l’extérieur du système » parce que ceux qui sont en place étant « réfractaires à toute évolution positive et qualitative. » Pour conclure, le confrère atteste que cette solution n’est pas de l’utopie, « il appartient à l’opposition de trouver ces forces externes d’accompagnement fort. La communauté internationale en fait beaucoup mais elle doit s’impliquer encore davantage, plus directement. »

Pour « Nouvelle Opinion de Tchaoudjo » « le C7 et le gouvernement marquent le pas, les élections auront lieu le 27 Octobre » et se demande « l’opposition traditionnelle va-t-elle enfin se décider ? » L’analyse du confrère se focalise sur la participation de l’opposition aux futures élections législatives anticipées du 27 Octobre prochain. Pour lui, « au terme de l’Accord-Cadre de Lomé, figure en bonne place les législatives anticipées qui devraient mobiliser l’ensemble de la classe autour d’une conscience collective en vue de la reprise de la coopération entre le Togo et ses partenaires économiques. Depuis lors, l’opposition traditionnelle, hétérogène, était incapable de s’unir, moins encore faire des propositions concrètes allant dans le sens d’un rapprochement entre elle et la majorité. Après son refus de participer aux travaux du CPS pour des raisons diverses, après avoir condamné la modification du code électoral, l’opposition se démantèle, certains ont préféré rester dans le cul de sac, d’autres ont pensé trouver leur salut en conjuguant leurs efforts dans un fond. Ceux-ci décidèrent de participer aux législatives anticipées qu’organise le Collège des magistrats qu’ils avaient boudé. On ira loin en pensant aux candidatures uniques pour le Front dans chaque circonscription électorale. Aujourd’hui le démon revient, on ira plus aux élections. » Pour finir, le journal pense qu’ « il est temps de fermer cette page en allant le plus rapidement possible à ces législatives que le peuple attend avec intérêt le 27 Octobre prochain.

Toujours à propos des élections législatives, « Echos d’Afrique » écrit « L’opposition traditionnelle pourra-t-elle prendre le train déjà en marche ? » D’après le confrère , l’assurance donnée par le président du C7 qui a remplacé la CENI de se rendre vite aux élections, est une preuve, que les magistrats abattent « un travail de titan ». « En quelques semaines, confie-t-il, le C7 composé seulement de 7 personnes a fait un travail que la CENI avec ses vingt membres n’a pas réussi à faire pendant des mois. » Il remarque qu’à « ce scrutin, on enregistre outre le RPT et les indépendants, la présence de 17 autres partis de l’opposition. Seule l’absence de l’opposition traditionnelle malgré la main tendue du pouvoir se fait sentir. Mais face à la dégradation de jour en jour continue de la vie des Togolais, est-on obligé d’attendre que tout le monde soit prêt pour libérer les Togolais ? Nous répondrons de facto non. Car nous savons tous que c’est dans l’opposition traditionnelle que les gens ont demandé la suspension de la coopération avec notre pays et c’est cette même opposition qui regorge de terroristes qu’aujourd’hui toute la communauté internationale combat. » En conclusion, écrit le journal, « hier, aujourd’hui comme demain ces messieurs de l’opposition n’iront jamais aux élections à partir du moment où cela n’est pas leur souci. » C’est pourquoi le confrère demande à la communauté internationale, notamment l’ONU et l’UE de revenir à de « meilleurs sentiments en respectant sa coopération avec le Togo. »

Pour ce qui est de l’interview de l’ex Premier Ministre Agbéyomé Kodjo, « L’Evénement » annonce que d’après une dépêche de l’AFP, « le Directeur Général délégué aux antennes et à l’information M. Schneider a annoncé le lundi 16 septembre que l’interview de l’ex-Premier Ministre Agbéyomé Kodjo devrait pouvoir être diffusé le mardi 17 septembre 2002. M. Schneider a déclaré qu’il n’avait jamais été question de censure, mais il s’agissait de s’assurer que l’interview n’aurait pas de conséquences pour les gens liés directement ou indirectement à cette interview. Voilà qui explique que cela a pris du temps pour passer à la diffusion. » Sur le contenu de l’interview, l’ex Premier Ministre Agbéyomé Kodjo, répondant à une question sur le boycott des élections législatives anticipées par l’opposition dit ceci « Je considère que la position de l’opposition est raisonnable. On ne peut pas participer à une mascarade électorale. Le code électoral a été modifié de façon unilatérale, la CENI qui comprend également les représentants de l’opposition a été dissoute et remplacée par un comité de 7 juges et l’indépendance de ces juges n’est pas assurée. »

C’est « Carrefour » qui rapporte cette autre réflexion de l’ex-Premier Ministre : « la solution aux problèmes que rencontrent les Togolais aujourd’hui, passe par le départ du président Eyadèma. » Il annonce que « le Président de la République assure à la fois le contrôle du pouvoir exécutif, du pouvoir législatif et du pouvoir judiciaire. Au niveau économique, je le vois faire : comment on prend à la source sur les recettes des douanes, les recettes des impôts, comment les privatisations qui ont été opérées dans le pays, comment l’argent n’est pas rentré en totalité au trésor public. Par ailleurs, le confrère revient sur le brouillage de l’émetteur FM de RFI à Lomé et affirme que la « direction de la radio attend les explications des autorités togolaises. » Selon ses informations, « c’est depuis que les autorités togolaises ont appris que l’ex-Premier Ministre Agbéyomé Kodjo a accordé à RFI une interview qui met à nu les dérives du pouvoir qu’elles se sont mises à l’œuvre pour que ceux qu’on manipule à longueur de journée pour charger l’ex Premier Ministre de tous les noms d’oiseau ne se rendent pas compte des bêtises qu’ils sont en train de commettre. »

« La Tribune du Peuple » reprend dans ses colonnes, une lettre adressée par l’Union des Forces de Changement (UFC) au Général Walla, ministre de l’Intérieur sur « l’interdiction des meetings de l’opposition. » Dans cette lettre, l’UFC « dénonce les contrevérités du ministre de l’Intérieur » qui atteste qu’il « n’autorise jamais aucune manifestation publique en semaine, quel que soit l’organisateur, y compris le RPT (parti au pouvoir). Vous avez ajouté avec assurance que « les écoles ne peuvent servir de cadre aux réunions politiques. » Selon l’UFC que cite le journal, ces affirmations « ne sont que des contrevérités destinées à justifier vos interdictions. »

« Carrefour » citant toujours l’UFC, rappelle toute une série d’activités politiques menées par le RPT en semaine et dans les écoles et dit « si vous êtes malheureusement contraint d’émettre des contrevérités pour justifier vos actes, c’est que vous n’avez aucune raison légale de les poser. Vous pratiquez donc l’arbitraire et l’injustice. »

Pour terminer, « L’Evénement » tire sur la sonnette d’alarme et soutient que pour l’UFC, « c’est cette attitude qui amènera au soulèvement populaire identique, sinon supérieur à celui du 05 Octobre 1990. Vous avez beau vous prémunir contre lui, il viendra irrémédiablement, causé par vos brimades et vos contrevérités. »

« La Dépêche » parle de « la corruption dans les milieux sanitaires, cas du CHU-Tokoin. » Donnant une définition de la corruption, le journal dit ceci : « selon l’économiste américain Robert Kilgaard, ancien professeur à l’Université de Harvard aux Etats-Unis, la corruption est l’abus d’une fonction à des fins personnelles. » Interrogeant des patients au CHU-Tokoin, le confrère affirme que les malades accusent le personnel « de corruption du fait qu’ils exigent d’eux directement ou indirectement de l’argent avant tout traitement. En outre, ils volent les médicaments appartenant aux malades et ceux destinés aux premiers soins et quelques fois, dirigent les malades venus pour se faire soigner vers les cliniques et des pharmacies privées, dans le but de leur vendre des médicaments et des services plus chers, selon les déclarations de ces victimes. » En conclusion, le confrère attire l’attention des autorités sur ce fait et demande d’éviter « que le CHU-Tokoin ne devienne une pétaudière. »
Motion d’Information s’alarme de l’effondrement de l’économie togolaise et du chaos dans lequel Eyadéma conduit le Togo. En effet, selon le rédacteur de l’article, l’entêtement de Gnassingbé Eyadéma risque de transformer le pays en une poudrière « sans égal dans la sous-région…L’acte que s’apprête à poser le régime est un défi au peuple togolais dans toutes ses composantes et à la communauté internationale ».

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