01/10/2022

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Le grillage entre Aflao et Lomé: l’autre crime socio-économique et culturel

Traversez les quartiers Nyékonakpoè-Kodjoviakopé à Lomé, la Capitale du Togo, dans le sens Est-Ouest, en direction d’Aflao au Ghana, même muni de vos pièces d’identités, vous êtes surpris que le passage n’est pas permis ; non pas sous le refus des militaires postés le long des deux frontières ; mais une bande de grillage vous fait obstacle. Une grille en fer contrôlé d’un système électronique, vous sépare de la ville avoisinante.

Ainsi, des familles séparées par des frontières coloniales subissent à bout le nez l’affront. Ils sont obligés de contourner la barrière, se rendre au poste frontalier principal, parcourant des distances ; atteignant parfois des kilomètres – à pied – , pour un simple message à délivrer à un membre de la famille résidant de l’autre coté de la frontière, pourtant bien en face.
Et aussi, au poste frontalier principal d’Aflao, ce n’est une rigidité sécuritaire qui justifierait la fermeture hermétique de la frontière à la longueur.
Le seul constat : au lieu de pièce d’identité, parfois selon la tête du passant, par une discrète exigence du force de l’ordre, vous ajouterez une pièce d’argent. La pratique est autant connue du Coté ghanéen que du coté togolais : l’ordre de passage est régenté par «1000f cfa » ou l’équivalent en Cedis ( monnaie locale ghanéenne). L’allure que prend les extorsions de fonds au passage, amène à penser que c’est certainement dans l’esprit de profit illicite que les grillages perdurent.

Ce 13 janvier 2007, un détachement militaire du Ghana est venu participer au défilé de la fête de libération nationale. Pas plus tard que la semaine dernière dans une interview accordée à « Jeune Afrique », le Président FAURE a mentionné son homologue Kuffor du Ghana comme exemple.
S’il faut donc croire à l’existence de bonnes relations entre les deux Dirigeants, l’on s’interroge sur leur point d’accord, si les citoyens des pays respectifs n’arrivent pas à se fréquenter comme cela se doit, plus encore à l’heure de l’intégration, la levée des boucliers, même virtuels revêt importante, les autorités concernées, les Ministres de l’Intérieur, et de la Défense du Togo, ne doivent plus tarder à finir avec les suspicions. Bien vrai qu’il existe de forte crainte d’un regain de banditisme transfrontalier, mais cela ne peut être une raison à l’isolement des peuples déjà meurtris par l’histoire coloniale.

Selon le pouvoir de Lomé, le grillage sert de barrière, pour défendre l’intégrité territoriale. Mais les questions que posent les uns et les autres et qui restent assez pertinentes : « la grille protège – t – il ? A un confrère du Monde Diplomatique d’écrire : il y a toujours des brèches, ou des armes plus sophistiquées pour les franchir.
Pourtant Lomé, comme Bagdad, porte des cicatrices de l’intolérance, de la dictature , quand bien même l’époque semble révolue, l’indifférence prête à y croire.
« Qu’avons-nous fait pour mériter un tel sort ? » se lamentent les infligés. « De simples grillages représentent symboliquement les bétons du mur de Berlin. Un parcours du long de la frontière permet de s’en rendre compte. Bon nombre de commerce jadis florissant : débit de boisson, boulangerie, …, ont jeté la clef sous les paillassons, dans un pays où les salaires des agents de la fonction publique sont à peine réguliers et 70% des activités s’exercent, pour l’instant, dans l’informel.

Par le Réseau des Journalistes
d’Investigation – Bureau Togo (RJI-BT)