26/11/2022

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Les Togolais indifférents à l´investiture d´Eyadéma

La cérémonie d´investiture du dictateur Eyadéma a été ignorée par les Togolais. Bien que le vendredi 20juin 2003 ait été férié, chômé et payé, ils vaquaient à leurs occupations quotidiennes et tous les marchés de Lomé étaient animés comme d’habitude. Les cérémonies folkloriques et les agapes d’Eyadéma avec son cortège des obligés et des représentants de la Francafrique ne les impressionnent guère.

La salle des Congrès de Lomé retapée à neuf grâce aux deniers du pauvre contribuable togolais, était remplie par des crèves la faim et des obligés du dictateur Eyadéma et de la France, venus nombreux cautionner le hold-up électoral du 1er juin 2003. Au premier rang se trouvaient sept présidents : Mathieu Kérékou du Bénin, Abdoulaye Wade du Sénégal, Amadou Toumani Touré du Mali, Mamadou Tandja du Niger, Laurent Gbagbo de la Côte d´Ivoire, Kumba Yala de la Guinée Bissau et John Kufuor du Ghana. Outre ces Chefs d´Etats, il faut mentionner la remarquable présence de Pierre-André Wiltzer, ministre – délégué à la Coopération et à la Francophonie, représentant le gouvernement français. On dirait une survivance du temps des colonies où le gouverneur venait introniser le chef des indigènes. Piètre cérémonie au cours de laquelle le Président de la Cour constitutionnelle, M.Atsou Koffi Améga a brillé par sa dévotion au régime. Le dictateur – président à vie n´était pas à l’aise et affichait une mine de quelqu´un pas si sûr de son affaire. La France lui fait porter cette fois-ci un habit trop large pour ses épaules : la guerre civile et la partition du Togo. Le dimanche 22 juin 2003, il commande des offices religieux musulmans et protestants pour rassurer de son bon droit . Le signe est sans équivoque avec les atermoiements complices de certains leaders de partis politiques, il reste maître des élections bidons qui lui permettront de poursuivre sa dictature jusqu’à son terme. C’est à dire à vie.

A Lomé, les Togolais pour l’instant sont repliés sur eux-mêmes, stupéfiés par l’attitude de la France. Ils attendent avec suspicion les positions de l’Union européenne sur cette mascarade électorale. La communauté internationale ne devrait pas se leurrer, les Togolais ne feront plus jamais allégeance au Dictateur Eyadéma. Ils se donnent le temps pour mieux compter leurs véritables alliés.

La rédaction letogolais.com