27/06/2022

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L’UFC pour un gouvernement de transition au Togo

Paris, France (PANA) – L’Union des forces du changement (UFC) de Gilchrist Olympio, principal opposant au président togolais Gnassigbé Eyadéma, s’est dit favorable à la formation d’un gouvernement de transition au Togo, a indiqué jeudi à la PANA, un de ses responsables.

Selon Isaac Tchiakpé, l’idée de la mise en place de cette équipe de transition a été défendue par le président de l’UFC lui-même lors de plusieurs rencontres avec des représentants de la Commission européenne en charge du dossier togolais.

« Dans le cadre de ces consultations sur le Togo, la Commission européenne a souhaité connaître notre analyse de la situation politique. M. Olympio a expliqué à nos interlocuteurs que la seule alternative qui peut aujourd’hui aider le Togo à s’en sortir, c’est la mise en place d’un gouvernement de transition ouvert à toutes les sensibilités politiques et à la société civile », a affirmé le porte-parole de l’UFC.

Le gouvernement de transition qui « cohabitera » avec le président Eyadéma aura, a-t-il ajouté, la responsabilité de conduire tout le processus électoral et de créer les conditions de sérénité permettant la tenue des consultations « régulières, transparents et démocratiques ».

« Dans notre schéma, le président Eyadéma restera en place, mais tout le processus électoral en amont et en aval reviendra au gouvernement de transition. C’est à lui de procéder à l’établissement de nouvelles listes, de distribuer les cartes électorales. C’est aussi le gouvernement qui organisera avec une commission indépendante le vote et son dépouillement », a encore dit M. Tchiapké.

Il a en outre précisé que l’UFC n’envisage, dans le climat politique et socio-politique actuel marqué par « de graves violations des droits de l’homme » et des atteintes à l’intégrité physique de ses militants, de prendre part à aucune consultation électorale.

« Le président de notre parti est privé de document de voyage, son passeport ayant été confisqué. Notre secrétaire général, Jean- Pierre Fabre, est sous le coup d’une mise en examen. Nos militants sont régulièrement brimés. Nous n’avons, dans un tel climat, aucune intention de participer aux élections locales », a assuré le militant de l’UFC.

Pour lui, la France, qui encourage les partis togolais à ne pas boycotter les prochaines élections locales, ne contribue pas au dénouement de la crise politique qui passe, a-t-il estimé, par un retour à la Constitution de 1992, assurant de « réels pouvoirs » aux élus locaux.

« A l’Elysée comme au ministère de la Coopération où nous avons rencontré Pierre-André Wiltzer, nos interlocuteurs nous ont suggéré les élections locales comme solution à la crise togolaise, un schéma défendu dès le lendemain de la présidentielle de juin dernier. Nous n’y croyons pas et réaffirmons qu’il n’y a au Togo aucune alternative que le gouvernement de transition », a encore dit Isaac Tchiakpé.

Depuis plusieurs années, le Togo connaît une crise politique qui a connu un nouvel épisode avec la présidentielle de juin dernier remportée par le président Gnassingbé Eyadéma dans des conditions contestées par ses opposants mais jugées « acceptables » par des observateurs internationaux.

Paris – 02/10/2003