06/10/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

NON à 2 ans d’impunité au Togo

Février 2005 – Février 2007
Faure Essozimna GNASSINGBE et Abass BONFOH
prenaient le pouvoir en organisant des massacres à Lomé
Non à 2 ans d’impunité au Togo !

Il y a deux ans, le mois de février 2005 inaugurait le troisième coup d’Etat militaire de l’histoire du Togo, après ceux des 13 janvier 1963 et 13 janvier 1967 suite auxquels Etienne GNASSINGBE Eyadéma était installé au pouvoir, le 14 avril 1967.

En effet, le 5 février 2005, peu après l’annonce, par le Premier ministre d’alors, Koffi SAMA, du décès du dictateur Etienne GNASSINGBE Eyadéma, après 38 ans de pouvoir, des officiers supérieurs des Forces armées togolaises (FAT) imposaient, par la force des armes, une succession monarchique à la tête de l’Etat togolais où ils installaient, en violation flagrante de la Constitution, son fils, Faure Essozimna GNASSINGBE, puis commençaient à massacrer les innocentes populaires.

Malgré cette sanglante répression, vingt jours après ce coup d’Etat militaire, la population qui n’avait pas désarmé, réussissait à imposer à travers de puissantes manifestations à l’initiative des organisations se réclamant de la démocratie, la démission de Faure GNASSINGBE, le 25 février 2005.
Il fut immédiatement remplacé au sommet de l’Etat par Abass BONFOH, le deuxième vice-président de l’Assemblée illégitime du parti du pouvoir, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), qui, deux jours à peine après son installation, commença à son tour à faire assassiner les manifestants aux mains nues.

Deux ans après ces crimes odieux, le Parti des travailleurs tient à rendre hommage à la mémoire de tous les martyrs tombés au cours de ce mois et, au nom du combat contre l’impunité, renouvelle son exigence que les auteurs et commanditaies soient recherchés, jugés et châtiés.

Dès le surlendemain du coup d’Etat militaire du 5 février 2005,
le clan des putschistes commençait les massacres à Lomé

 Le 7 février 2005, surlendemain du coup d’Etat, avec les trois premiers morts enregistrés à la Prison civile de Lomé : Nicolas K. AMOUZOU, James Obiora EMEKA et Souguinimpo SAMBIANI, les masssacres commençaient à Lomé, lors de la répression sanglante de la mutinerie qui eut lieu dans cette prison où nombre de prisonniers étaient arbitrairement détenus.

 Le samedi 12 février 2005, 10 citoyens innocents aux mains nues étaient assassinés dans les rues de Lomé par des éléments des FAT, de la Gendarmerie, de la Police et des milices du parti gouvernemental RPT lâchés par les putschistes du clan GNASSINGBE réprimer sauvagement la Marche pacifique à laquelle la coalition de six partis de l’opposition démocratique ( ), qui venait de se constituer, avait appelé la population à participer pour protester contre le coup d’Etat : 1. DAMBARE Yaovi ; 2. DADZIE Kossi Jean, 35 ans, mécanicien ; 3. KOUGBLENOU Masso, 31 ans, artiste de la chanson ; 4. ALLOFA Bruno, jeune lycéen de 19 ans en classe de première ; 5. AWANOU Nadjare, employé à la STG comme gardien à la société ITP ; 6. SOSSOU Wonekou ; trois autres citoyens non identifiés et ZOZO-AGLAMEY Ayao Aurélien, 39 ans, père d’un enfant, manutentionnaire à l’aéroport à la Compagnie Africa Ouest. Par ailleurs, plus d’une cinquantaine de blessés et de nombreuses disparitions étaient relevés.

 Les dimanche 27 février et lundi 28 février 2005, plus de 7 morts dont 4 cadavres repêchés de la Lagune de Bè lors de la sanglante répression déchaînée contre la Grande Marche pacifique des femmes de Lomé qui s’est poursuivie contre la population du quartier Bè : 1. Gloria AKAKPO, 19 ans, étudiante en FASEG I à l’Université de Lomé ; 2. Yao AKPAKA, 25 ans, chauffeur ; 3. Yao SEDONOU, 30 ans, menuisier ; 4. Têko AMOUZOU, 23 ans, menuisier ; mort noyé dans la lagune de Bè ; 5. Efoé EZE, 12 ans, élève, mort après avoir été sauvagement battu, s’être fait ligoter les mains puis noyé dans la lagune de Bè par les forces de l’ordre; 6. Gbadoé Nicolas GNAZO, 25 ans, photographe, assassiné et repêché mort noyé dans la lagune de Bè, le 28 février 2005 ; 7. Koffi KOUDI, mort noyé dans la lagune de Bè. De nombreuses disparitions et des centaines de blessés ont par ailleurs été enregistrés lors de cette répression pour laquelle, tuant de façon aveugle, violant de nombreuses pauvres jeunes filles et mères de famille, passant systématiquement à tabac d’innocents citoyens vaquant à leurs activités quotidiennes, fracturant les portails des concessions et portes des logements des habitants du quartier Bè, la soldatesque a déchaîné de sauvages et barbares bastonnades, des plus jeunes aux plus âgés.

Une répression sanglante exportée dans le reste de l’Afrique

Tous, nous avons vu comment les méthodes barbares de cette répression sanglante au Togo ont été exportées dans le reste de l’Afrique, d’abord lors de l’élection présidentielle de l’année 2005 au Gabon.
Et tout dernièrement en Guinée, contre la grève générale appelée par les centrales syndicales qui ont réussi à mobiliser toute la population pour protester contre la violation de l’Etat de droit par le dictateur Lansana CONTE puis a évolué vers l’exigence de son départ, c’est la même répression assassine qui a été déchaînée par l’armée guinéenne contre les populations aux mains nues faisant plus de 106 morts.

Arracher le respect de l’impunité avant toute nouvelle élection

Deux ans après les massacres de février 2005, force est de constater que rien de concret n’a été entrepris pour que ces crimes ne soient pas laissés impunis et que leurs auteurs et commanditaires soient recherchés, arrêtés et traduits devant les tribunaux pour y être jugés. Pourtant, de nombreux rapports et documents d’institutions nationales et internationales : Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH), Commission gouvernementale dite « Commission Koffigoh », Mission de vérification des faits de l’ONU, Amnesty International, Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), Accord politique global (APG) signé le 20 août 2006, l’exigent formellement.

Au moment où sont annoncées, pour ce 24 juin 2007, la tenue de nouvelles élections législatives pour lesquelles la plupart des partis politiques sont d’ores et déjà engagés dans une très active campagne de préparation qui fait disparaître totalement l’exigence que fin soit mise à l’impunité, on ne peut qu’avoir de fortes inquiétudes à propos de ce scrutin.
Car, peut-on sérieusement envisager la tenue de nouvelles élections au Togo sans assassinats ni violence, peut-il y avoir une issue positive à la crise togolaise sans qu’au préalable, les crimes commis au cours de l’année 2005 notamment au mois de février , essentiellement à l’instigation des responsables de l’Etat, ne soient plus laissés impunis afin qu’ils ne se répètent plus ?

Peut-il y avoir, au Togo, l’avènement d’une société démocratique respectueuse non seulement de la vie humaine mais garantissant la jouissance effective par les citoyens de leurs droits démocratiques les plus élémentaires comme le droit et la liberté de vote mais surtout leur égalité devant la loi tant qu’y régnera l’impunité ?

C’est pourquoi, deux ans après les massacres qui ont commencé au mois de février 2005, à Lomé, le Parti des travailleurs appelle le peuple togolais et toutes les organisations qui se réclament de la démocratie et du respect des droits de l’Homme tant au Togo qu’à l’échelle internationale à se mobiliser de façon conséquente pour exiger :

1°) la recherche et l’arrestation des auteurs et commanditaires du coup d’Etat militaire du 5 février 2005 qui a porté au pouvoir Faure Essozimna Gnassingbé pour qu’ils en répondent devant la justice togolaise conformément à l’article 150 de la Constitution togolaise adoptée par référendum le 27 septembre 1992 qui dispose que : « Tout renversement du régime constitutionnel est considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné conformément aux lois de la République » ;

2°) l’ouverture d’une enquête pour faire toute la lumière sur les répressions sanglantes du mois de février 2005 afin que la justice puisse leur donner les suites qu’elles méritent ;

3°) la recherche et l’arrestation des auteurs et commanditaires des crimes commis au mois de février 2005 au Togo afin qu’ils soient déférés devant les tribunaux pour être jugés ;

4°) la réapparition en vie de tous les disparus du mois de février 2005 ;

5°) le respect des droits de l’Homme et des libertés démocratiques au Togo ;

6°) la fin de l’impunité au Togo.

N’oublions pas les martyrs de février 2005 au Togo !

Lomé, le 25 février 2007
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI

PARTI DES TRAVAILLEURS
Membre de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples (EIT)