27/09/2022

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«Personne ne règlera le drame du Togo en allant se jeter dans les bras du RPT»

Méfions-nous des simplifications hasardeuses. Le drame que vit le Togo est connu de nous tous. Ce drame-là, personne ne le règlera en allant se jeter dans les bras du RPT ou en scellant un accord de collaboration avec la famille Gnassingbé. Le vrai problème que nous avons aujourd’hui, c’est que certaines personnes veulent nous faire croire que la nature du problème politique a changé par le simple fait que le fils a remplacé le père à la tête du pays. La frange des pseudo-démocrates actifs dans la diaspora et dans la société civile qui anime cette conspiration fait croire que toute solution imaginable semble impossible, il ne reste plus qu’à admettre l’invincibilité de ce régime et se rallier à lui, au risque de faire perdurer la mal gouvernance et la prévarication qui ont cours dans notre pays depuis si longtemps. Mais qui a jamais prescrit la guerre civile pour construire la démocratie? Qui a dit qu’on cherchait un guide ou un rédempteur?

Je n’ai aucun respect pour ces aînés qui brandissent l’âge et la participation à je ne sais quel soulèvement de pacotille pour revendiquer une prépondérance dans l’ordre des personnes à suivre ou à ne pas suivre. Les mêmes personnes qui ont courbé l’échine face à Eyadema, ceux qui ont annihilé la lutte populaire et ont fait croire qu’ils étaient les seules voix à suivre sont encore les mêmes qui, sans honte réclament aujourd’hui le beau rôle.

Le vrai problème au Togo aujourd’hui c’est celui du courage. Le courage d’abord de dire non. Non à la tentation de céder à la facilité de faire un pas vers la fausse solution du « changement de l’intérieur ». Le courage ensuite de créer et d’animer l’alternative; celle qui consiste à aller au delà de cet accord politique. Je crois que seuls les Togolais de l’extérieur et les acteurs conscients de la société civile interne peuvent porter cet idéal et l’inscrire dans les faits. C’est pour cela qu’il faut désamorcer les appétits voraces des militants retardés qui croient que l’heure est venue d’aller à Lomé pour être ministre. Quant à la société civile, la vraie, elle peut aider à avoir des élections réellement transparentes tout en obligeant la classe politique à ne pas minorer la demande nationale de changement politique.

Je pressens hélas l’échec prochain de l’opposition togolaise aux élections législatives. Alors que l’UFC, le CAR et la CDPA se chamaillent pour la primature et que leurs ouailles dans la diaspora se prennent à rêves à des privilèges immérités, le RPT et ses partenaires occupent le terrain. Ils sont en précampagne dans nos préfectures! Pendant que les prétendus opposants se regardent en chien de faïence, leurs militants de la diaspora entretiennent le flou.

Les opposants ont signé un Accord politique mal négocié et n’ont pas jugé bon depuis le 20 août de se réunir pour étudier des stratégies communes. Cette opposition-là perdra démocratiquement les prochaines élections et personne ne trouvera rien à redire. Après le gouvernement d’union ils se battront autour de la CENI alors même que les vrais enjeux sont ailleurs. Voilà des raisons pour lesquelles je crois qu’il faut tout remettre à plat. Pour le reste, chacun est libre d’aller dans le sens qu’il juge bon pour ses idées.

A. D.