27/09/2022

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Togo : Faure Gnassingbé fait barrage à un premier ministre de l’UFC

Faure Gnassingbé, le Président contesté par les Togolais, n’ented pas choisir le Premier Ministre du futur gouvernement d’union national dans les rangs de l’UFC, le principal parti de l’opposition togolaise.

Il refuse ainsi l’esprit de l’article 66 de la constitution de 1992 accepté par référendum par le 90 % des Togolais et qui stipule que le Président de la République nomme le premier ministre dans la majorité parlementaire. Le parlement étant aujourd’hui de la mouvance présidentielle et exclusivement RPT, il fallait respecter l’arrangement de Ouagadougou. C’est donc sur proposition du premier ministre que les membres du gouvernement devront être nommés. Hors, ce n’est pas ce qui se passe. Faure Gnassingbé en harmonie avec l’armée et les chefs d’Etat africains préfèrent proposer une solution globale (un package) du tout ou rien. Il n’est donc pas question de choisir un premier ministre mais toute une équipe qui ne devrait pas gêner le pouvoir et mettre en œuvre les dits « accords de Ouagadougou » selon les désidératas du pouvoir Eyadéma. De quel moyen peut bien disposer un premier ministre dont tous les ministres ont été avalisés par l’armée et le pouvoir RPT? Si les pressions n’étaient pas si importantes au point de friser l’instruction lors des discussions à Ouagadougou, l’UFC n’aurait pas hésité à mettre par écrit que le poste de premier ministre devrait revenir au parti le plus influent de l’opposition. En l’absence de tels garde-fous, il semble que l’option d’un premier ministre «jetable» ne doit pas être exclue.

Cette indiscrétion des protagonistes du dialogue intertogolais, met ainsi fin à toutes les spéculations sur les prétendus accords non écrits qui sous entendaient que le début de la résolution de la crise togolaise passe par la d’évolution de ce poste à l’UFC. L’UFC va-elle mettre en exécution la menace de ne pas participer à un gouvernement qui ne pourra pas garantir des élections libres, transparentes et sécurisées ? Qui a intérêt à faire oublier le dit « accord politique dit global » de Ouagadougou ? Manifestement, il n’y a que la communauté internationale pour y voir clair et ne pas se laisser duper par des amendements permanents dans les arrangements acceptés par les partis à Ouagadougou.

L’armée togolaise et les dirigeants africains de la Francafrique ne souhaitent pas la reconnaissance et le partage de pouvoir avec une opposition réelle. Il a fallu plus de 20 jours à Faure Gnassingbé et sous pression de l’UE et de la France pour avancer les dates des élections législatives à juin 2007, en espérant que ces dates seront respectées. La nomination de ce Premier ministre tarde à venir car des trois candidats qui semblent rester en lice, seul Edem Kodjo accepte de cautionner un gouvernement recomposé par les conseillers du régent du Togo. Avec le gouvernement package « PM et Ministres nommés aussi par le Président et l’armée », il ne reste à l’opposition républicaine qu’à accepter de s’inscrire dans les postes sans responsabilités et budgets que la mouvance présidentielle voudra bien leur confier. C’est à prendre ou à laisser.

Nous sommes loin de l’optimisme de certains de nos dirigeants politiques à la signature de l’accord de Ouagadougou qui s’avère être un blanc seing donné à la famille Gnassingbé pour pérenniser leur pouvoir. Il reste néanmoins une chance que l’UE ne soit pas dupé et s’assure que la composition du gouvernement reflète un réel changement en profondeur et non un simple « ravalement de façade » qui feront que d’ici 3-6 mois, il faudra tout recommencer à zéro, sans compter les risques de mécontentement au sein de la population.

La rédaction letogolais.com