30/06/2022

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Réactions des Loméens: « l’heure du déclin du régime Eyadèma a sonné. »

Depuis quelques jours le réquisitoire de l’ex-Premier ministre de Gnassingbé Eyadèma, limogé dans la soirée du 27 juin 2002, est devenu le sujet de conversation des habitants de Lomé.

Les commentaires vont bon train et tous pensent que le régime est en plein déclin. Car nul ne s’imaginait pas que celui qui, lors de la Conférence Nationale Souveraine, déclarait être au service d’un homme, le Général Eyadéma et encore pas longtemps souhaitait la modification de la constitution pour permettre à son chef de briguer un nouveau mandat, puisse aujourd’hui demander au peuple et aux pays amis de se soulever pour empècher le Général de réviser la loi fondamentale de la République.

Pour Mme Folly, revendeuse de riz au grand marché de Lomé, elle est très surprise de la déclaration de M. Gabriel Agbéyomé Kodjo mais ne s’étonne pas de son limogeage, car elle sait que le torchon brûle entre le président et son PM depuis quelques semaines.

Quant à M. Edoh, transitaire, il pense que le moment est venu pour le régime de tirer sa révérence pour libérer la peuple du joug de la dictature. Il demande donc en conséquence que les leaders politiques de l’opposition saisissent l’opprtunité pour appeler les Togolais au soulèvement, tandis que que Charles, chômeur, habitant le quartier Adéwi, croit que le réquisitoire de Agbéyomé contre celui qui a fait de lui ce qu’il est, est un acte de trahison et d’ingratitude. Pour lui, l’ancien PM mérite des sanctions surtout qu’il « a dilapidé l’argent du port de Lomé ».

Pour les milieux proches du régime, le ton n’est pas différent de celui du chef de l’Etat qui a déclaré sur RFI que son ex-pm « est surmené ». Ainsi d’aucuns dans le parti, pensent qu’il est réellement fou, tandis que
d’autres critiquent son ambition de remplacer le Général Eyadèma en 2003.
Pour les journalistes, le réquisitoire d’Agbéyomé doit être pris au sérieux pour constater l’état de déconfiture dans le quel le clan Eyadèma plonge le
pays et il doit servir de moyens d’actions nouveaux pour l’opposition d’exiger et obtenir le départ du chef de l’Etat.

Selon M. Franck Assah, rédacteur en chef du journal Crocodile, s’il est surpris par la déclaration compte tenu de la personnalité du Pm, un homme du serail qui a défendu le parti dans les moments difficiles, il demeure convaincu que le réquisitoire d’Agbéyomé peut faire évoluer la situation politique du pays de manière positive. Mais il pose des conditions: que
l’opposition recupère la situation pour demander des explications sur les détournements de fonds, les violations des droits humains dont l’ex-pm a fait mention dans son document pour ainsi accentuer la pression sur le régime et occasionner sa chute.
M. Amouzouvi Komi, journaliste au « Combat du Peuple », pense que ce n’était vraiment pas une surprise car le peuple connaissait déjà cette gestion catastrophique des affaires de l’Etat mais n’avait pas de preuves.
Agbéyomé Kodjo n’est venu qu’apporter un témoignage sur tout ce que l’on redoutait. Il souhaite que l’opposition par cette opprtunité, demande une
mobilisation générale et unisse ses actions pour faire tomber le régime.
contacté au téléphone, M.Dahuku PERE, ancien président de l’Assemblée nationale, ami et compagnon de route d’Agbéyomé, dit qu’il n’a pas de commentaire à faire mais déclare que son ami est conscient et
responsable de ses propos.

Sur l’endroit où pourrait se trouver en ce moment l’ex chef du gouvernement, les avis sont divergents. Des sources annoncent qu’il se trouverait dans une ambassade, alors que d’autres attestent qu’il est hors
de nos frontières.

Ce qui demeure sûr, est que Agbéyomé Kodjo a disparu après le culte matinal du 28 juin auquel il a assisté et qu’il a eu des contacts téléphoniques avec quelques proches aux environs de 11 heures TU sur son portable.

La maison de l’ex Pm est actuellement gardée par des éléments des Forces Armées Togolaises qui encerclent le domicile. Sa femme et ses enfants sont à l’intérieur privés de leurs passports et de la ligne internationale de leur téléphone. Le portable de la femme est saisi et elle est interdite de sortie.
Interrogé, un élément de la garde affirme que si la maison est gardée, c’est pour empêcher des jeunes du parti (RPT)qui avait eu l’intention de brûler la
maison.