01/10/2022

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Togo: Il y a 104 ans, naissait Sylvanus OLYMPIO

 Sentinelle, que dis-tu de la nuit ?
 La nuit est longue, mais le jour vient !
(Extrait du discours de proclamation de l’indépendance du Togo par Sylvanus OLYMPIO, le 27 avril 1960

6 septembre 1902 6 septembre 2006

Il y a 104 ans, le 6 septembre1902, naissait, à Kpando, dans l’ancien Togo britannique (actuel Ghana), Sylvanus Epiphanio Kwami OLYMPIO, fils de Epiphanio Elpidio OLYMPIO, commerçant d’origine brésilienne venu s’installer au Togo, dès l’âge de 19 ans, et de Fidélia AFE, une femme originaire de la région de Dapaong.

Un ardent combattant de la liberté

Après ses études primaires à la Mission catholique allemande à Lomé, puis à l’école coloniale française – le Togo étant devenu un territoire sous mandat de la Société des nations (SDN) confié à l’administration française après la première guerre mondiale de 1914 à 1918 –, il partit, à 18 ans, poursuivre des études supérieures à Londres (Angleterre), de 1920 à 1927, puis à Dijon (France) et à Vienne (Autriche).
(Suite au verso)

Embauché à la fin de ses études comme employé, en 1927, par la Lever Brothers Company à Londres, il est muté d’abord à Lagos (Nigeria), de 1928 à 1930, puis comme chef de la société à Hô (Ghana) et, finalement, en 1932, à Lomé (Togo), comme Agent général de la United Africa Company (UAC), une filiale du groupe Unilever. Revenu au Togo, Sylvanus OLYMPIO reprendra le flambeau du combat pour l’indépendance nationale initié par son oncle Octaviano Francisco OLYMPIO et le pasteur Andreas AKU (dont le fils, Martin AKU, fut le premier député élu en 1946, au Togo, pour l’Assemblée nationale française) qui ont adressé au pouvoir colonial allemand, le 24 mai 1909, la première pétition revendiquant les droits des nationaux togolais.

De la constitution du Comité de l’Unité togolaise (CUT) en 1941, au départ comme une amicale entre autochtones et colons français à laquelle Sylvanus OLYMPIO fit changer de nature, le 27 avril 1946, lors du renouvellement de son Conseil d’administration pour en faire un véritable parti nationaliste, s’est développé un combat des plus difficiles contre le pouvoir colonial français. Sous la direction de Sylvanus OLYMPIO, ce combat conduira finalement, au terme de multiples souffrances, à la victoire électorale des partisans de l’indépendance nationale : « ABLODE ! », lors des élections législatives du 27 avril 1958. Organisées sous la supervision de l’ONU pour éviter les fraudes massives régulièrement planifiées jusque-là par le pouvoir colonial français lors des précédentes élections pour imposer frauduleusement la victoire de ses suppôts du Parti togolais du progrès (PTP), ces élections, gagnées par le CUT, ouvriront la voie à la proclamation de l’indépendance du Togo, le 27 avril 1960.

L’assassinat d’Olympio, un crime odieux, impuni depuis 1963 !

Mais, le 13 janvier 1963, Sylvanus E. K. OLYMPIO, premier président démocratiquement élu du Togo aux élections du 9 avril 1961, était lâchement assassiné par Etienne GNASSINGBE Eyadéma lors du premier coup d’Etat sanglant de l’Afrique indépendante, fomenté par les réseaux du tristement célèbre Jacques FOCCART, secrétaire d’Etat aux Affaires africaines et malgaches du gouvernement dirigé par Charles de Gaulle.

En effet, chose tout à fait étonnante dans ce complot organisé du plus haut sommet de l’Etat français : à 6H du matin, ce 13 janvier 1963, France Inter, la radio de l’Etat français, annonça la nouvelle de l’assassinat d’OLYMPIO alors que, s’étant réfugié à l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique, le commando envoyé pour le tuer ne l’avait même pas encore retrouvé et ne l’exécutera que vers 7H du matin !

Etienne GNASSINGBE Eyadéma, membre du commando putschiste composé pour la plupart de demi-soldes fraîchement démobilisés de l’armée française, a publiquement revendiqué l’avoir abattu par balles tirées à bout portant, avant de lui sectionner, au couteau, les veines des poignets. Il agonisa longuement ainsi au sol, touché par trois balles dont deux à la poitrine et une au bas-ventre, en se vidant de son sang, dans d’atroces souffrances.
Tous les pouvoirs français de la Ve République, de Charles de Gaulle à Georges Pompidou, de Valéry Giscard d’Estaing à Jacques Chirac en passant par François Mitterrand, n’ont cessé de protéger ce crime odieux d’une totale impunité. Sans précédent à l’époque, l’impunité dont ce crime a été couvert a ouvert la voie à la multiplication de coups d’Etats sanglants similaires dans toute l’Afrique indépendante.

Et, c’est cette impunité, systématisée durant les 38 ans de dictature sanglante vécus, de 1967 à 2005, sous le régime de feu GNASSINGBE Eyadéma, où des milliers de citoyens innocents furent assassinés, qui continue sous le règne de son fils, Faure Essozimna GNASSINGBE. En effet, à l’annonce de la mort de son père, le 5 février 2005, un premier coup d’Etat militaire, monarchique, a porté ce dernier au pouvoir où il a été maintenu par un second coup d’Etat, électoral celui-là, les 24/26 avril 2005. Le bilan fut lourd : pour maintenir au pouvoir le clan des GNASSINGBE, il y eut au total plus de 1 000 morts en 2005 au Togo selon la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH), de 400 à 500 morts selon la Mission de vérification des faits envoyée en juin 2005 au Togo par le Haut Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU.
A la date du 104e anniversaire de la naissance de Sylvanus OLYMPIO, ce 6 septembre 2006, Faure Essozimna GNASSINGBE se rend, pour la première fois, en visite officielle en France en pensant avoir la garantie de l’impunité et de la légitimation qui lui auraient été conférées par l’Accord politique global du dialogue intertogolais, signé le 20 août 2006, à Lomé. Il demeure cependant que c’est bien Faure GNASSINGBE qui est mis en cause dans les massacres commis pour le porter et le maintenir au pouvoir au cours de l’année 2005 pour les avoir commandités et en avoir bénéficié.

Le Parti des travailleurs tient à saisir l’occasion solennelle que lui donne la commémoration du 104e anniversaire de la naissance de Sylvanus Epiphanio Kwami OLYMPIO pour rendre hommage à sa mémoire et appeler tous ceux qui se réclament du combat pour la démocratie et le respect des droits de l’Homme au Togo, quel que soit leur horizon, à se mobiliser massivement et à agir pour que cesse à jamais l’impunité au Togo.

A tous, le Parti des travailleurs fait cette proposition :
Constituons un Comité contre l’impunité au Togo !
Et agissons pour que tous les crimes qui y ont été commis depuis le lâche assassinat de Sylvanus Epiphanio Kwami OLYMPIO,
le 13 janvier 1963, ne continuent pas à rester impunis !

Lomé, le 3 septembre 2006
Le Comité politique national du Parti des travailleurs