01/10/2022

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Togo: Non à la profanation de la tombe de Sylvanus Olympio par le clan Gnassingbé

Réactions de Patrick Lawson, premier vice-président de l’Union des Forces de Changement (UFC), suite à l’annonce faite par le Chef de l’Etat, du rapatriement des restes de Sylvanus Olympio.

Les restes de Sylvanus Olympio, le premier président du Togo, assassiné en janvier 1963 dans un coup d’Etat, seront rapatriés. Le calendrier républicain de l’année sera redéfini et le 13 janvier 2010 sera essentiellement une journée de recueillement et de prière pour la paix, pour la réconciliation et pour la réussite de l’élection présidentielle du 28 février 2010. Telles sont les grandes décisions contenues dans le message de voeux du Nouvel An du chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé vendredi dernier. L’Agence Savoir News s’est rapprochée de Patrick Lawson, premier vice-président de l’Union des Forces de Changement (UFC), principal parti d’opposition de Gilchrist Olympio. Lisez plutôt.

Comment appréciez vous la décision du Chef de l’Etat de rapatrier, en accord avec la famille Olympio, les restes de Sylvanus Olympio, le premier président du Togo ?

Patrick Lawson : Aucun acte humain ne se pose sans un cadre bien défini. Pour rapatrier les restes du président Sylvanus Olympio, il faut en créer les conditions. On ne rapatrie pas le corps de quelqu’un qui a été violemment assassiné sans les cérémonies que cela nécessite. De plus, le risque de profanation de sa tombe n’est pas exclu au cas où on ramènerait ses restes au Togo, parce que le pays n’est pas stable. C’est un risque politique que l’UFC n’a pas l’intention de prendre. Ce n’est que le point de vue de notre parti politique. Pour le reste, nous nous en remettons à la décision de la famille. La décision appartient à la famille Olympio et principalement aux enfants du défunt.

Que pensez-vous de la décision de Faure Gnassingbé de « redéfinir le calendrier républicain » et de faire en sorte que le 13 janvier et le 27 avril prochain soient célébrés autrement?

Patrick Lawson : Je ne sais pas si c’est une exception ou la règle qui vient d’être instaurée. J’ai cru comprendre que c’est exceptionnellement le 13 janvier prochain qu’on observera une journée de recueillement et de prières. Mais si tel n’est pas le cas, je crois que la mesure correspond sur ce point à ce que notre parti a toujours défendu à savoir qu’on ne peut pas fêter le jour de l’assassinat d’un Chef de l’Etat, et de surcroît quelqu’un qui a été le pilier de l’indépendance. Si tel n’est pas le cas, nous prenons acte de la mesure qui a été prise. Mais comme nous nous connaissons dans ce pays, nous souhaiterions voir les actes concrets qui vont être posés pour que cette date ressemble véritablement à un jour de recueillement et de prières. Nous pensons que ce n’est que temporaire et que très vite les mauvaises habitudes reprendront leurs places. Nous espérons que ce n’est pas un acte contextuel, c’est-à-dire que ce n’est pas le contexte politique qui nécessite cette mesure et que par la suite, il n’y ait rien!
Maintenant, en ce qui concerne le 27 avril, je pense que pour des gens qui prétendent gérer un Etat, c’est l’acte fondateur premier, parce que sans la commémoration de l’indépendance, on ne peut prétendre diriger un Etat souverain. Nous espérons que la commémoration avec un éclat particulier comme l’a dit Faure Gnassingbé ne serait pas une occasion pour instaurer un système budgétivore avec des dépenses somptueuses qui, à la fin, n’auront aucun impact sur le souvenir de ces martyrs qui se sont sacrifiés pour le Togo. En définitive, fêter les cinquante ans d’indépendance est une chose normale. Pour nous, ce n’est rien d’extraordinaire.

Le Chef de l’Etat a souhaité que la prochaine élection présidentielle soit apaisée. Est-ce que ses propos vous rassurent ?

Patrick Lawson : C’est ce que tous les togolais souhaitent. Mais l’apaisement politique se prépare. Lorsqu’on fait une révision des listes électorales et que la jeunesse est frustrée et que tous ceux qui n’ont pas pu s’inscrire sont frustrés, je ne pense pas qu’on fait une démarche vers l’apaisement politique. Lorsqu’on refuse l’authentification des bulletins, lorsqu’on veut empêcher des candidats de se présenter en instaurant une sorte de suffrage censitaire et en fixant la caution à 20 millions de F CFA, on n’incite pas les gens à l’apaisement. Lorsque la tracabilité des bulletins et les procédures des résultats sont rejetées par le régime en place, on n’incite pas à l’apaisement. Ce sont des frustrations qui, demain, conduisent à des conflits.

Nous sommes totalement d’accord avec le Chef de l’Etat, mais nous ne voyons pas encore l’acte qu’il pose aujourd’hui pour que cette élection soit paisible. Nous avons l’impression de nous trouver dans un scénario où le maître demande à son esclave de ne pas faire trop de bruit parce qu’il va tricher.

Propos receuillis par Erick KAGLAN (Savoir News)