01/10/2022

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Togo: Qu’est-ce qui fait courir Kpatcha Gnassingbé d’hôpitaux en hôpitaux ?

Kpatcha Gnassingbé est le chef des milices qui ont semé la terreur dans la population lors des élections d’avril 2005. En plus, il est actuellement ministre de la Défense dans le gouvernement Kodjo-Faure dont il est en fait le véritable chef d’orchestre. Son nom est cité dans les rapports (ONU, LTDH, Amnesty International) relatifs aux crimes contre l’humanité commis lors des élections du 24 avril 2005. Il ne serait pas étonnant de voir son nom figurer dans des dossiers portés devant les instances judiciaires. Beaucoup de Togolais ignorent en réalité qui est véritablement Kpatcha Gnassingbé.

Kpatcha Gnassingbé est né très probablement en 1968. Son frère jumeau Toyi dirige actuellement « Les Grands Moulins du Togo ». Tous deux ont fait le fameux Collège militaire de Tchitchao (CMT). En classe de seconde, en 1988-1989, Kpatcha Gnassingbé est exclu de cet établissement, alors commandé par les coopérants militaires français, pour insuffisance scolaire, indiscipline notoire, commérage et trafic d’influence. N’eût été l’intervention de son père, il n’aurait jamais été accepté, car il présentait deux handicaps majeurs. D’une part sa surcharge pondérale (130 kg sur la balance à 20 ans!) le rendait inapte au service des armes et d’autre part ses résultats scolaires étaient très médiocres.

A la suite de ses déboires au CMT, Kpatcha Gnassingbé prend le chemin de l’aventure : après trois années de galère de luxe en Grande Bretagne puis en France, il rentre au pays en s’autodécernant le titre de « docteur ». Docteur en quelle spécialité ? Anglais ? Mais nous savons Kpatcha incapable de prononcer un traitre mot dans la langue de Shakespeare. En sciences économique ? La situation catastrophique de la SAZOF dont il est le directeur, de la SOTOCO dont il préside le conseil d’administration, du port de Lomé qu’il contrôle à distance avec ses réseaux mafieux, montre à suffisance qu’il n’a aucune notion élémentaire de gestion. En quoi donc Kpatcha est-il docteur ? Probablement dans le maniement du kpatchan et du gourdin clouté où il excelle. Il est aussi excellent dans le chantage, la menace et l’intimidation des officiers supérieurs et des personnes qui s’opposent ou refusent de collaborer avec le Clan.

Dans les représentations des Togolais, l’embonpoint renvoie aux signes extérieurs d’opulence, de santé, de puissance. Mais dans le cas de Kpatcha, la réalité est plutôt cruelle qui le conduit à chercher remède à la chose. En effet, l’été 2005 il était à l’Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, l’automne suivant en Chine. Il est de nouveau annoncé à Paris dans le cadre d’une visite privée devant le conduire encore une fois à l’Hôpital américain. De quoi souffre donc l’homme fort de Lomé pour courir ainsi d’hôpitaux en hôpitaux ?

Kpatcha Gnassingbé :
Age : 38 ans
Poids : 213 kg
Taille : 1,70 m
Signe clinique : obésité sévère et morbide

L’obésité est une maladie nutritionnelle, chronique, évolutive et sans tendance spontanée à la guérison. Elle est devenue un problème de santé publique dans les pays riches et développés. Dans les pays du Sud, elle touche le plus souvent la nomenklatura qui vit dans une aisance sociale insolente. Au Togo, sont concernés les « étoilés », les « galonnés », et les douaniers véreux, les membres de gouvernement, la mafia active, etc. Cette maladie est due à plusieurs facteurs comportementaux, psychologiques, sociaux et à des prédispositions génétiques. Elle provoque ou aggrave un grand nombre de pathologies associées et entraîne une surmortalité précoce élevée.

Pour ce qui est de Kpatcha Gnassingbé, le facteur psycho-éthologique est déterminant. En effet, comment comprendre qu’un individu sensé puisse ingurgiter au petit déjeuner quatre bons poulets ? Ce que n’oserait probablement pas un ogre. Ses nombreuses maîtresses commèrent en ville au sujet de sa boulimie sexuelle qu’il est incapable de satisfaire. C’est que l’obésité de Kpatcha est précoce, remontant à son enfance où les signes précurseurs étaient évidents : 130 kg à 20 ans disons-nous! L’obésité sévère se lit aujourd’hui chez Kpatcha par :

– une mauvaise répartition du tissu adipeux qui lui donne un aspect d’androïde : confusion de la tête et du cou par exemple, démarche d’un robot japonais, etc.,

– des complications mécaniques, notamment des ostéoarticulaires qui rendent la locomotion difficile ; des apnées du sommeil (ronflements lourds, somnolence diurne fréquente, fatigue, troubles de la mémoire et de l’attention) ; des insuffisances et des difficultés respiratoire et cardiaque,

– des complications métaboliques et hémodynamiques qui s’observent même dans les obésités modérées et tout particulièrement dans les obésités viscérales, les plus dangereuses, où elles s’associent pour former le syndrome métabolique (troubles de la glycorégulation, dyslipidémie, hypertension artérielle, troubles de la coagulation, hyperuricémie). A ce tableau déjà éloquent vient s’ajouter l’hyperinsulinisme dont les conséquences sont l’athérosclérose et des accidents vasculaires. Les complications principales de l’obésité sévère auxquelles Kpatcha Gnassingbé est confronté peuvent être résumées dans le tableau synoptique suivant :

Complications métaboliques
– diabète
– goutte
– insulinorésistance

Complications cardiovasculaires
– hypertension artérielle
– coronaropathies
– accident vasculaire cérébrale
– thromboses veineuses

Complications respiratoires
– insuffisance respiratoire
– apnée du sommeil

Complications ostéoarticulaires
– gonarthrose
– coxarthrose
– lombalgie

Complications digestives
– hernie hiatale
– lithiase biliaire

Cancers
– prostate

Complications psychosociales
– diminution de la qualité de vie
– dépression

Complications rénales
– protéinurie

Autres
– augmentation du risque opératoire

Au cours de ses différents séjours hospitaliers, voici les examens que Kpatcha Gnassingbé a dû subir. Ils sont de deux types : une évaluation clinique et des explorations paracliniques.

– L’évaluation clinique se compose des mesures des paramètres morphométriques et d’un examen clinique complet.
– Les explorations paracliniques se déclinent ainsi :
– d’examens biologiques de base (glycémies à jeun et post-prandiales, bilan lipidique, hyperuricémie, ECG) ,
– d’examens respiratoires (EFR, oxymétrie nocturne, polysomnographie),
– des examens cardio-vasculaires (Holter, échographies, scintigraphies, épreuves d’effort).

Au regard de ce qui précède, le tableau apparaît sombre pour Kpatcha Gnassigbé. Dans le Clan, ses frères et demi-frères peuvent d’ores et déjà se préparer au lévirat. Cependant l’espoir est permis s’il comprend que la vie est sacrée, la sienne comme celle des autres. Il devrait prendre soin de lui et surtout respecter la vie des autres. Il faut qu’il prenne conscience que la finitude humaine est inéluctable. Même si à travers sa progéniture l’homme croit proroger son existence, celle-ci n’a de sens que dans le regard de l’autre. Il est paradoxal de voir Kpatcha Gnassingbé courir les hôpitaux du monde pour recouvrer la vie, alors que dans le même temps, il supprime celle des autres, avec cruauté et sans pitié dans son pays.

Bordeaux, le 19 mars 2006
Waste Aregba, Bordeaux
Comi M. Toulabor, Bordeaux