28/06/2022

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Avec Bob Akitani, pour un nouveau départ au Togo !

Après la désignation du candidat unique de l’opposition démocratique, que faire ?

Par Olivier Bocco

L’opposition démocratique vient de désigner son candidat aux prochaines élections présidentielles. Ceci est en soi une victoire, après toutes celles que l’opposition a engrangées, notamment depuis le 5 février 2005, face aux multiples actes de forfaiture perpétrés par le pouvoir suite à la mort de Monsieur Eyadéma.

Elle a su mobiliser les populations togolaises de l’intérieur comme ceux qui vivent en exil et, avec l’appui inédit de la communauté internationale, elle a pu faire reculer le pouvoir. Certes, l’organisation des élections dans le cadre d’une Constitution bidouillée et par un pouvoir qui détient en Afrique le triste record en matière de fraudes électorales depuis 38 ans, n’offre aucune garantie de succès. Nous devons en être conscients au quotidien pour amorcer l’étape qui vient.

Une belle leçon de démocratie

Depuis deux semaines, ils sont nombreux à attendre ce moment. Certains ont parié sur l’incapacité de l’opposition togolaise à s’unir, en évoquant les échecs passés et en lui prévoyant un nouvel échec cuisant, dans un amalgame d’arguments aussi inconsistants que puériles. Car, ce que ces gens ne disent pas, c’est que le système Eyadéma ne pouvait pas concevoir d’être écarté du pouvoir et que, Eyadéma vivant, l’alternance politique était tout simplement une illusion.

D’autres, et ils sont les plus nombreux, ont compris que le choix d’un candidat unique n’était pas un tour d’opérette et qu’il s’agissait bel bien d’une opération tout à la fois délicate et nécessitant un débat démocratique avant toute décision. La désignation d’un candidat unique dans un parti unique se fait à coup de motions de soutien et d’acclamations. C’est ce que le RPT nous a donné à voir, lui qui, en congrès extraordinaire de quelques heures, a désigné son candidat. On a vu aussi comment l’Assemblée nationale monocolore a, dans l’espace de quelques heures, changé la Constitution, renversé son président, investi un homme choisi par un groupe de militaires pour succéder à Eyadéma. On a vu la même Assemblée monocolore, en quelques heures, faire marche arrière, en acceptant la démission de son candidat héréditaire et en nommant un nouveau président intérimaire. Toutes ces aberrations et bien d’autres ne sont possibles que dans un système de pensée unique.

Or, à l’inverse, qu’a fait l’opposition démocratique dans le contexte du choix de son candidat ? Elle d’abord a pensé, elle a ensuite défini des principes, elle a enfin déterminé des critères consensuels, en fondant sa démarche à la fois sur des considérations d’ordre stratégique et tactique. Pour nous qui avons souvent entendu les critiques devenus des lieux communs fastidieux comme : l’opposition ne sait pas ce qu’elle veut, elle n’a pas de stratégie, elle n’a aucun projet crédible et autres sornettes, nous ne pouvons que nous en réjouir, compte tenu de l’importance de l’enjeu.

Il s’agissait, en effet, de choisir un candidat représentatif non seulement d’une famille politique, mais de toutes les luttes, de tous les sacrifices, de toutes les aspirations du plus grand nombre de citoyens togolais au cours de ces quarante dernières années. Il s’agissait de choisir un candidat qui incarne les valeurs fondamentales de la démocratie et des droits de l’Homme et qui aura à assumer des responsabilités éminentes et historiques, au quotidien, dans la pratique, au plus haut niveau de l’Etat, dans un pays qui a passé des décennies dans les ténèbres de l’autocratie et de l’obscurantisme. Il s’agissait, enfin, de désigner un candidat qui rassure au plan moral, sachant les énormes défis à relever à ce niveau. Nous aurons l’occasion de revenir sur l’enjeu majeur que constituent les questions éthiques dans notre pays où la décadence morale a atteint, sous l’impulsion du pouvoir, des proportions réellement tragiques pour l’avenir du pays de nos aïeux.

Un grand mouvement pour un grand dessein

Investi par l’opposition politique, Emmanuel Bob Akitani doit désormais être porteur de tous les espoirs maintes fois réprimés de la grande majorité de la population togolaise. Il doit rapidement élargir la base de son audience et associer au combat toutes les forces démocratiques internes et externes. A cet égard, très rapidement, Bob Akitani doit prendre l’initiative de lancer un grand mouvement composé, outre des partis politiques, des syndicats indépendants, des organisations de femmes et de jeunes, des diasporas togolaises à l’extérieur, des organisations non gouvernementales (ONG) et des organisations de la société civile (OSC), des organisations de défense des droits de l’Homme, des démocrates sincères disposés à s’engager dans le processus, y compris en provenance de la Communauté internationale. L’appui de toutes ces forces doit lui être acquis, sans calcul, sans préjugé, il y va de l’intérêt supérieur de la nation en danger.

Ce mouvement pourrait s’appeler : Alliance pour la démocratie et les libertés au Togo (ADL). C’est en son sein que s’élaboreront les stratégies pour les échéances électorales à venir (présidentielles, législatives et locales) et plus largement, le plan de gestion de la transition et de reconstruction nationale. Au sein de l’ADL, il faudra réserver une place à une cellule de réflexion stratégique chargée d’alimenter la réflexion du mouvement sur les grands enjeux nationaux et mondiaux.

Politiquement anesthésié, économiquement exsangue, diplomatiquement isolé du fait d’une oligarchie maffieuse, qui s’est accrochée au pouvoir pendant 38 ans et qui veut encore s’y maintenir, le Togo doit retrouver vite tout son potentiel de réflexion et d’action. Le contexte actuel, en dépit des incertitudes que fait planer le pouvoir, exige de la part de tous un investissement personnel et un sursaut collectif.

Avec Emmanuel Bob Akitani, en avant pour un nouveau départ pour le Togo !

La rédaction letogolais.com

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