26/11/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

La presse togolaise du 30/06 au 6/07/03

ATTENTION ! BIENTOT DE NOUVELLES LOIS POUR DISSOUDRE DES PARTIS DE L’OPPOSITION ET CONDAMNER LEURS LEADERS POUR « HAUTE TRAHISON »
«(…) Fambaré Natchaba, en fidèle serviteur zélé et oiseau de mauvais augure donne le ton d’un nouveau plan qui va inévitablement mettre le feu à la mèche et faire exploser le baril au Togo qui est déjà plein de poudres. Le lundi 30 juin à la clôture de la dernière session parlementaire, le Président de l’Assemblée nationale s’en est encore une fois pris avec sa haine et sa partialité légendaires à l’opposition. Selon lui les opposants à Eyadéma parcourraient les chancelleries étrangères pour demander des embargos contre leur pays le Togo. Pour Natchaba, « cette conduite est antipatriotique et n’augure pas les lendemains meilleurs ». C’est pourquoi « l’Assemblée nationale réfléchira aux corrections à la législation en vigueur afin que …le comportement de haute trahison puisse être mieux appréhendé et éradiqué. (…) Le Président de l’Assemblée nationale affirme clairement ses intentions : « A cet égard, la charte des partis politiques mérite d’être révisée afin que soient appliquées les dispositions qui permettent d’éviter que certains partis politiques ne se transforment en groupuscules terroristes. Si l’arsenal juridique de cette charte ne donne pas les ressources appropriées au gouvernement, il appartient à celui-ci de proposer à l’Assemblée nationale, les mesures législatives nouvelles tendant à améliorer la compréhension et l’application de la charte des partis politiques. (…)» En clair, le gouvernement va déposer bientôt un projet de loi sur la table de l’Assemblée nationale, et comme celle-ci n’est qu’un studio d’enregistrement, l’UFC, le CAR, la CDPA, la CPP, le PSR …seront dissouts dans quelques temps. Leur sort aura été de troubler la quiétude dictatoriale et cynique d’Eyadéma. Que les partis de l’opposition soient dissouts et leurs leaders condamnés pour « haute trahison », des signes annonciateurs sont dans le ciel de Eyadéma depuis longtemps. Rappelons nous les liseurs de motions ventocrates pour qui un Gilchrist Olympio serait un apatride, un terroriste international ; l’UFC n’a jamais été toléré par les caciques du RPT ; Me Agboyibo et Claude Améganvi ont été incarcérés sur des dossiers absolument vides ; Patrick Lawson et Jean-Pierre Fabre sont actuellement inculpés pour «troubles à l’ordre public » Ce qui enlève aujourd’hui toute retenue à Natchaba, c’est que Akitani Bob revendique la victoire au scrutin présidentiel du 1er juin et que lui-même et Gilchrist Olympio annoncent la formation imminente d’un gouvernement de reconstruction nationale dans l’opposition. Et ils martèlent chaque jour leur ferme détermination à arriver à leurs fins. Tout ceci est renforcé par le refus catégorique que semble recevoir, l’idée d’un GUN dans l’opposition. »
(Nouvel Echo, n° 254 du 04 juillet 2003)

LE « DETIMANIA », UNE HYSTERIE COLLECTIVE L’UFC/PFC DOIT COMBLER LES ATTENTES DES TOGOLAIS.
« (…) Avec le rejet de la candidature de Gilchrist Olympio, il avait suffi que ce dernier replace dans la course pour le fauteuil présidentiel, son premier vice-président Emmanuel Akitani Bob, pour que le peuple, comme un seul homme se mobilise dernière celui-ci à qui ils ont porté leurs voix, croyant permettre le retour au pays de leur idole. A l’époque, l’UFC avait démontré la nécessité pour les Togolais de prendre part aux élections, même aux conditions imposées par le RPT et affirmé que, s’il advenait que sa victoire venait à être volée, « cette fois, elle ne se laissera plus faire ». (…) Le 1er juin des fraudes massives sont annoncées ça et là sur le territoire togolais. Dans le Zio, le scrutin n’a pas pu tenir. Dès le soir, Gilchrist Olympio proclame la victoire de son candidat Emmanuel Bob Akitani et le lendemain 02 juin, il annonce pour les 48 heures suivantes, la formation d’un « gouvernement de reconstruction nationale ». Les Togolais avaient jubilé et la proclamation des résultats provisoires par la CENI créditant Eyadéma de la victoire, n’a pas découragé outre mesure le peuple. Au contraire, galvanisé par les suites que l’UFC entend donner à la présidentielle, c’est spontanément que les populations de Bè sont massivement sorties pour saluer la victoire du « Détia » et fêter le vainqueur. Mal leur en pris car elles seront réprimées jusque dans leur dernier retranchement par les forces de l’ordre. Ce 03 juin, le quartier populaire de Bè avait connu une journée très chaude.
Ceux qui avaient cru que l’UFC n’allait pas les laisser tomber, seront déçus par le mutisme du parti le jour-là. A travers tout le pays, le pouvoir procède à la chasse à l’homme, traquant, molestant et interpellant tous ceux qui ont été soupçonnés de contribuer à la victoire de l’UFC, donc de l’opposition. Certains militants ont eu la vie sauve en fuyant le pays ou leurs régions d’origine. Face à cette répression qu’a pu faire l’UFC ? Des déclarations, des points de presse et c’est fini. Or la résolution du problème togolais ne passe plus par la rédaction de lettres aux autorités ou par des déclarations. Nombreux sont les Togolais qui, en plaçant leur confiance en l’UFC pour la présidentielle de 2003, croyaient que ce parti avait déjà mis au point une stratégie et élaboré des plans pour que 2003, soit effectivement une année de changement. Or depuis la confiscation de la victoire par le régime RPT le 1er juin, aucun signe ne semble venir de l’UFC pour redonner espoir aux Togolais. On arguerait qu’il ne sert à rien de demander au peuple de sortir pour l’instant dans la rue tant qu’il n’y aura pas une concertation préalable au sein de l’opposition pour créer une dynamique nécessaire pour la conquête du pouvoir. Certes, mais le temps joue en défaveur de l’UFC, car chaque minute qui passe permet à l’adversaire de verrouiller le terrain et d’asseoir son pouvoir.
A l’heure actuelle, parler d’une concertation au sein de l’opposition relèverait d’un utopie que d’un réel stratagème. Le CAR avait salué la victoire de l’UFC, la CDPA, l’ADDI, l’UDS-Togo lui avait apporté leur caution lors de la campagne. Quant à la CPP, il se plie à la volonté populaire. Même si le PSR semble jouer au fauteur de trouble, cela ne signifie aucunement que le peuple a oublié que dans son immense majorité, il adhère à « Détia » et qu’il l’a déjà prouvé lors du scrutin de juin 1998 auquel Péré n’était pas challenger. Ceci signifie tout simplement que l’UFC doit assumer ses responsabilités au lieu de se démêler dans les considérations de fuite en avant ou d’impuissance. Le peuple a longtemps souffert. Il n’est plus question de le fourvoyer dans des propos démagogiques. Il est temps que l’UFC lui explique l’essence de son slogan « Détia », afin qu’il sache à quoi s’en tenir dorénavant. Est-ce une stratégie de conquête du pouvoir ou un slogan trompeur dans lequel on ferait miroiter vainement ciel et terre aux Togolais.
Il paraît aujourd’hui clair et l’évidence saute aux yeux que le peuple a été encore victime de son « inculture ». En affirmant « ex cathedra » que l’UFC ne laissera plus voler sa victoire, on « chauffait » des Togolais en leur faisant oublier la duperie de 1998 qu’est la guérilla politique qui devrait faire partir Eyadéma. C’est un mauvais procès que certains esprits retors tentent à faire à ceux qui pensent à juste titre que le peuple a été une fois encore floué. Floué par qui ? Par ceux qui, au lieu d’utiliser leur position pour être des rédempteurs, donc des rassembleurs , se muent en puants démagogues diviseurs. (…) Les nombreux militants de l’UFC et l’ensemble du peuple ont déjà payé le lourd tribut dans l’adhésion au « Détimania ». Ils sont nombreux, les victimes de la répression au nom de l’UFC. Il est erroné de penser que le peuple, longtemps, s’apparentera aux moutons de panurge qui sautera aux humeurs de l’UFC. Qu’entend alors faire le parti pour dire aux Togolais, que pour une fois, en 2003, leur militantisme ne sera pas un sacrifice de plus ? Gilchrist Olympio a la responsabilité de dire désormais la vérité au peuple. Le temps presse et le désespoir gagne les cœurs. Le «Détimania » ne doit plus être un leurre, il doit se traduire dans les actes, quitte à l’UFC de jeter le tablier et de quitter la scène politique » (Carrefour, n° 365 du 03 juillet 2003)

TRACTATION POUR UN GUN : LE POUVOIR-RPT FRAGILISE CHERCHE BEQUILLES POUR MARCHER
« (…) En réalité la formation d’un gouvernement d’union nationale que propose Eyadéma au peuple togolais prouve à suffisance que le pays n’est pas encore sorti de la crise qui le secoue. Car ce genre de gouvernement est une formule d’exception à laquelle on a recourt pour opérer une transition ou une sortie de crise. Si le Togo était donc un état normal, est-ce qu’un parti qui gagne les élections sur la base d’un programme de société présenté aux électeurs peut solliciter ses concurrents pour former un gouvernement et appliquer son projet ? C’est trop ridicule ça. On comprend alors que les présidents français Jacques Chirac et sénégalais Abdoulaye Wade qui ont fait cette proposition au Timonier togolais, doyen des chefs d’Etat africains se moquent de lui et ont trouvé une façon à eux, pour lui signifier qu’il n’a pas gagné les élections et qu’il faudrait, pour conserver la sérénité dans le pays, faire un gouvernement de crise pour conduire une transition qui aboutira plus tard à l’organisation de vraies élections libres, démocratiques et transparentes acceptées par tous.L’option pour un gouvernement d’union prouve que le pays est en crise comme c’est le cas en RDC, en Côte d’Ivoire etc.

Faut-il le rappeler, dans l’un de ses messages le 4 août 1998, le général-président avait d’ailleurs déclaré que : « le pouvoir ne se partage pas ». Pourquoi subitement cet appel à un gouvernement d’union nationale ? Le Guide éclairé doit comprendre que les temps ont changé et que les Togolais veulent être dirigés autrement. Il serait donc difficile de croire aux paroles de celui qui renie ses engagements et qui a toujours soutenu qu’il ne peut y avoir deux capitaines dans un bateau. Alors on s’interroge sur le langage d’invitation qu’adresse le président fondateur du RPT à ses adversaires politiques. Est-ce que la formation d’un tel gouvernement sortira le pays de la crise ? D’ailleurs le conseiller d’Eyadéma, Philip Christian un bras droit de Chirac avait déjà reconnu et à juste titre que l’élection présidentielle ne réglera rien et que la situation continuera à poser problème au cours des prochaines années. Il faut remarquer que le Timonier togolais est en mal de sensation et n’a plus rien à proposer aux Togolais après 36 ans de règne solitaire. Il va falloir qu’il comprenne qu’il a fait son temps et qu’il a montré ses limites. Les Togolais veulent le changement, l’alternance et ils l’ont démontré lors des présidentielles de 1998 et 2003. Mais le « néo-monarque », convaincu qu’il ne peut pas vivre loin du pouvoir s’y maintient par la force et contre la volonté populaire. Avec Eyadéma, le changement n’est pas possible. Que ceux qui y croient encore, se rendent à l’évidence.

La main tendue du général n’est qu’une vaste tromperie et un gros piège à cons pour des politiciens qui veulent se faire griller. Sinon pour quoi ceux que Eyadéma traîne dans la boue, les traitant de tous les noms d’oiseaux sont-ils conviés à participer à un gouvernement dit d’union nationale. Non c’est trop beau pour être vrai. Ce type de gouvernement n’a jamais réussi sous d’autre cieux, c’est le cas au Sénégal où la coalition « Wade-Niasse » n’a pas fait long feu au lendemain de la présidentielle de 2000 au Sénégal. « Le Togo n’est pas en guerre » disait un proche du Timonier. Dans un pays de paix donc lorsque les élections sont normalement organisées le vrai vainqueur issu du scrutin forme son gouvernement et conduit les affaires de la cité selon son programme de gouvernement. Il n’y a pas lieu de tergiverser en cherchant des béquilles sur lesquelles il va s’appuyer pour marcher. » (Nouvel Echo, n° 254 du 04 juillet 2003)

SITUATION DAVANTAGE COMPLEXE. KOFFI SAMA NE FAIT PAS LE POIDS.
« Il ne fait pas le poids » racontent la plupart des Togolais qui évoquent la reconduction de Koffi Sama au poste de Premier ministre. « Ils n’ont trouvé que ça » ou « vraiment ces gens sont totalement finis » renchérissent d’autres. Il faut ajouter à cela la position ferme de l’ensemble de l’opposition de ne pas composer avec ceux qui ont fait mains basses sur les résultats de l’élection présidentielle du premier juin dernier. La tâche est loin d’être facile politiquement pour le Premier ministre qui, lors de la campagne électorale, a traité de tous les noms d’oiseau les adversaires politiques de son parti qui depuis 1998 se livre au vilain jeu de hold-up électoral pour se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple. Pour former son gouvernement, il lui sera difficile de rentrer en dialogue avec des gens qu’il a traités d’apatrides, de vauriens et d’antinationalistes. On ne peut croire que le gouvernement de saupoudrage du régime Eyadéma sera fait avec l’opposition parlementaire qui lui a toujours servi mais qui n’a aucune audience à l’intérieur comme à l’extérieur.
La volonté du peuple s’est toujours manifestée par une séparation nette de ce qui l’a jusqu’ici vicié, dont un changement radical. Il l’a encore exprimé le 1er juin dernier par sa mobilisation derrière un candidat qui incarne par sa probité son aspiration. Le gouvernement Sama ne répond pas à l’assentiment d’un peuple dont les besoins sociaux et économiques sont négligés et traités visiblement de dernières préoccupations. Les législatives et la présidentielle ont été déclarées par Koffi Sama comme ses préoccupations premières au moment où les fonctionnaires ont encore un salaire misérable payé sur une grille salariale datant de 1950. Les différents gouvernements que le régime a fait défiler n’ont jamais soupesé le poids des augmentations des prix des denrées, des produits pharmaceutiques, du pétrole, et de ce qu’exige la dévaluation du F CFA en 1994. Pendant ce même temps, le peuple assiste transi aux dépenses inutiles et à la comédie de marches de soutien et de dénigrement des leaders de l’opposition avec qui le régime doit décider de concert le devenir du Togo.

La dette intérieure est chiffrée à plus de trois cent milliards de F CFA et l’Etat s’est montré insolvable, donc un partenaire (peu fiable pour les ?) entreprises qui se sont lancées dans cette aventure se trouvent vouées à l’échec et ne peuvent plus contribuer encore au relèvement de l’économie nationale. Le régime a donc détruit de l’intérieur les capacités de redressement que les assistances extérieures doivent renforcer. Les grandes institutions dont les Douanes, le Port autonome et autres qui sont de grands viviers manquent de transparence dans leur gestion quand le pays est soumis à un pillage systématique et à un sabotage économique qu’une commission de lutte ad hoc bancale révèle timidement sans vrai pouvoir. » (Crocodile, n° 634 du 03 juillet 2003)

REPRISE DE LA COOPERATION UE : LES ANGLAIS FONT ECHEC A UN ESSAI DE LA FRANCE. « Suite à l’élection présidentielle du 1er juin, qui a consacré la réélection du général Gnassingbé Eyadéma, au pouvoir depuis 36 ans et qui avait promis au mois de juillet 1999, en présence du président Jacques Chirac, de ne plus se présenter, la Commission de l’Union européenne a du mal à adopter une position commune sur le déroulement du processus électoral. (…) Cependant, la France s’évertue pour obtenir une reprise de la coopération au profit du pouvoir de Lomé. Mais un autre courant conduit par la Grande-Bretagne s’oppose à cette démarche de la France. Ce dernier courant poserait comme préalable, la négociation d’un accord entre les acteurs de la classe politique avec les garanties d’un respect de son exécution avant toute reprise. D’après des indiscrétions, le mercredi 25 juin, le représentant de la Grande-Bretagne a fait échec à l’adoption d’une résolution commune introduite par la France sur le cas du Togo. Outre la Grande-Bretagne, l’Allemagne aussi serait opposé à l’initiative de la France qui selon un diplomate de la place « n’est pas de nature à encourager un dialogue fructueux entre les acteurs de la politique togolaise». Dans es rangs des barons du régime, on dénonce une « sanction à la tête du client » (Le Reporter, n° 221 du 04 juillet 2003)

La rédaction letogolais.com