08/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

La presse togolaise du 23 au 29/06/03

Gouvernement d’union nationale : L’opposition togolaise face à un vrai dilemme : Faut-il accepter ou refuser ?
« Il y a quelques jours, le président a annoncé sa volonté de former un gouvernement élargi à toute la classe politique togolaise. Je souhaite que la volonté manifestée par le président Eyadéma soit acceptée par tous les acteurs de la classe politique togolaise » a déclaré à la TVT Lansana Kouyaté à l’issue d’un entretien avec le général président togolais. Selon lui, « le génie du peuple togolais est inépuisable et ses atouts innombrables. Il suffit de créer des conditions de paix et de coopération confiante avec l’extérieur pour que le Togo s’envole économiquement » (…) Mercredi dernier, lors d’un « message à la nation » le général Eyadéma a réaffirmé sa volonté de former un gouvernement « d’union nationale » demandant également que des élections municipales et sénatoriales soient organisées « dans les plus brefs délais » « Je lance un appel solennel pour que tous ceux qui sont restés jusqu’ici au bord du chemin prennent leur part de pouvoir. Je renouvelle mon appel pour la constitution d’un gouvernement d’union nationale où chacun trouvera sa place » (…) Réagissant à cette annonce, l’Union des forces de changement (UFC), (…) a opposé un « refus catégorique » à la main tendue du général président Eyadéma.
(Motion d’Information, n° 231 du 23 juin 2003)

Gilchrist Olympio appelle les Togolais à la mobilisation
Comment l’opposition pourra-t-elle susciter une nouvelle dynamique populaire ?
« (…) Alors que les Togolais attendent la concrétisation des promesses à eux faites, Gilchrist Olympio leur demande de se « mobiliser partout dans le pays pour défendre votre victoire chèrement acquise » comme si le peuple est un jouet mécanique qu’il suffit d’amorcer pour qu’il se mette en marche.
(…) Les Togolais attendaient qu’on leur redonne de l’espoir à travers des perspectives claires et une analyse sans complaisance de la situation de leur pays. (…) Les voies choisies en 1998 et en 2003 ont conduit au seul et même résultat que l’on pouvait en attendre, à savoir le maintien au pouvoir du général Eyadéma. Cette voie était-elle la bonne ? Face à la dictature du RPT. Le seul véritable atout de l’opposition est et reste la mobilisation populaire. (…) Ce que veulent maintenant les Togolais, c’est qu’on leur indique une voie crédible qui les mène à coup sûr vers la victoire de la démocratie sur la dictature.(…) Le dernier message de Gilchrist Olympio aux Togolais est, de ce point de vue aussi décevant et aussi plat que celui du général Eyadéma. Cette similitude de ton est d’autant plus démobilisatrice qu’une véritable campagne semble en cours de déploiement pour propager l’idée selon laquelle l’opposition dite traditionnelle est fatiguée et n’a plus rien à proposer pour combattre le régime du général Eyadéma.»(Motion d’Information, n° 231 du 23 juin 2003)

Bataille pour la reprise de la coopération UE-Togo : La France peine à Bruxelles en faveur de Eyadéma

« (…) D’après nos indiscrétions, un premier texte commun aurait été rejeté, face à un blocus de la France. Pour la diplomatie française, l’UE manque de cohérence dans ses prises de position sur les processus électoraux en Afrique. Se fondant sur le cas de la récente élection présidentielle au Nigéria, remportée sur fond de contestations par Olusegun Obasanjo, la France exige l’équité dans le traitement du cas du Togo. En effet, le rapport de la mission d’observation électorale européenne a fait état de « fraudes massives » ayant émaillé l’élection du 19 mai dernier au Nigéria. Mais la déclaration de l’UE s’était contentée simplement de « prendre acte des résultats » qui ont permis la réélection du président Olusegun Obasanjo. Aucune sanction n’a été prise voire même l’ouverture de consultations en vertu de l’article 366 bis de la Convention ACP-UE. Au contraire dans son message, la présidence grecque de l’UE avait, dans son message de félicitation adressée au président Obasanjo, souhaité un renforcement de la coopération entre l’UE et le Nigéria. Forte de la caution apportée à la réélection de Eyadéma, Paris réclame à Bruxelles une levée progressive des sanctions contre Lomé. Les pays membres qui se prononcent contre le plaidoyer de la France, font observer essentiellement la persistance des violations des droits de l’Homme au Togo. (…) Au Togo, on attend pour le moins que la France parvienne à arracher le déblocage des reliquats des crédits du 7e et 8e FED alloués au Togo, ainsi que les fonds du Stabex (Système de stabilisation des recettes d’exportation agricoles) » (Le Reporter, n°220 du 27 juin 2003)

Réélection de Eyadéma : Le parti socialiste français dénonce le soutien de la France au général
« Les félicitations amicales du Président Chirac, dès le 5 juin, avant même la proclamation officielle des résultats du vote, la présence annoncée du ministre de la Coopération à l’investiture du Président Eyadéma le 20 juin, donnent l’image d’une diplomatie française soutenant sans aucune nuance ni réserve le régime togolais. Pourtant la modification de la Constitution, comme le processus électoral lui-même plus que discutable, auraient dû conduire à plus de retenue vis-à-vis d’un régime et d’un président considéré comme un des plus conservateurs et répressifs d’Afrique. Le Parti socialiste dénonce une telle attitude, condamnable en soi, mais qui prend un relief particulier au moment où la France s’implique de plus en plus militairement sur le continent africain. Cela ne peut que semer le doute sur les objectifs de la politique africaine menée par M. de Villepin Le Parti socialiste rappelle son attachement aux règles démocratiques et apporte son soutien et sa solidarité aux forces démocratiques et au développement effectif du continent africain par une vraie politique de coopération » (L’Evénement, n° 175 du 25 juin 2003)

Nouvelles interpellations de leaders : Les autorités togolaises ont peur de leur ombre et cèdent à la panique
« (…) En effet, trois candidats de l’opposition à l’élection présidentielle du 1er juin M. Bob Akitani, le vainqueur présumé et certains de leurs collaborateurs ont été convoqués jeudi dernier, 19 juin 2003 dans l’après-midi par le Premier ministre pour répondre d’un prétendu plan de l’opposition visant à semer des troubles lors de la cérémonie d’investiture du timonier. A l’ancienne direction de l’office des produits agricoles du Togo (OPAT), nouveau siège de la primature, Emmanuel Bob Akitani, Jean-Pierre Fabre de l’UFC, Dahuku Péré, Sey-Sanda Lantam-Ninsao, Alfa du Courant des rénovateurs et Léopold Gnininvi ont eu à s’expliquer suite à des accusations portées contre eux, par un jeune homme appelé Télou. Le « Tribunal » de circonstance était composé des « juges » suivants : Koffi Sama, secrétaire général du RPT et Premier ministre (…) Akila Boko, chef d’Escadron et Ministre de l’Intérieur, Assani Tidjani, général de son état et Ministre de la Défense, Sizing Akawilou Walla, général de son état et ancien ministre de l’Intérieur probablement venu à la rescousse de son jeune successeur pour lui faire bénéficier de sa « grande expérience » de ces « tribunaux ministériels » et M. Bodjona qui serait Ambassadeur du Togo aux Etats-Unis. Aux dires du jeune Télou, il existerait un plan de l’opposition visant à perturber l’investiture de Eyadéma qui devait se tenir au Palais des congrès le vendredi 20 juin 2003, il affirme qu’au cours d’une réunion organisée le samedi 14 juin 2003 de 11 à 13 h dans un bar (Bar la Plage), non loin du siège de la Cour constitutionnelle, par des responsables de l’opposition, il a été demandé à un groupe de jeunes dont il fait partie de s’organiser pour lancer des pierres dans la salle d’investiture. Selon les déclarations du même Télou, un autre groupe de jeunes devrait faire des sit-in en ville. Voilà à quoi des illustres ministres de la République occupent leur temps. L’interrogatoire ressemblait plutôt à une comédie de mauvais goût, sans tête ni queue. La délégation de chaque candidat a séparément été confrontée au jeune zigoto de Télou tout seigneur tout honneur. La première délégation confrontée au baptême de feu, a été celle de l’UFC. Interrogé sur ses rapports avec la délégation de l’UFC-PFC le sieur Télou dit n’avoir jamais vu Fabre de face et ne pas reconnaître Akitani. Il ne croit pas les avoir vus à la réunion. » Qui a présidé, aurait demandé Walla, « je ne sais pas. J’étais venu en retard », a répondu le jeune Télou. Puis il a été demandé à Fabre et Akitani de se retirer pour laisser la place aux Rénovateurs. En présence des Rénovateurs, le sieur Télou a affirmé connaître parfaitement Alfa (Conseiller politique de Péré), Lantam et Péré mais qu’à la réunion, « le Péré » qu’il a vu ne ressemble pas à Dahuku. Lorsque la délégation de la CDPA entra pour la confrontation, le jeune Télou soutient qu’il reconnaît bien le professeur Gnininvi et qu’il était à la réunion, mais n’avait pas porté les mêmes habits. « Je leur ai dit que ce jeune est fou et je les ai quittés », nous a confié Gnininvi. On rappelle qu’à la date et à l’heure de la prétendue réunion, c’est-à-dire le samedi 14 juin 2003 entre 11 heures et 13 heures, le professeur Gnininvi était interpellé par la Direction générale de la police nationale.
Sans vergogne, et malgré les nigauderies dont a accouché l’interrogatoire, nos illustres « ministres juges » ont lancé à l’endroit des leaders interpellés « Faites attention. Les cailloux et les pneus, c’est terminé au Togo » (Motion d’Information, n° 231 du 23 juin 2003)

La rédaction letogolais.com