27/06/2022

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Le Collectif de la société civile togolaise « rejette à l’avance les résultats de ce hold up élector

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COMMUNIQUE du 25 avril 2005

Le 24 avril 2005, les citoyens togolais se sont massivement rendus aux urnes pour exercer leur devoir de citoyens, ceci malgré une atmosphère extrêmement tendue dénoncée par le Collectif des Associations de la Société Civile et des Organisations Syndicales du Togo depuis le décès du Gal Eyadema. Cette tension a été exacerbée par la révision partisane des listes électorales et les dénonciations de préparatifs de fraudes massives et de bain de sang effectuées deux jours plus tôt par le commandant Boko, ministre de l’Intérieur aussitôt limogé.

Le Collectif, à travers ses milliers d’observateurs indépendants déployés sur toute l’étendue du territoire national, a constaté de nombreuses irrégularités : expulsion des délégués des candidats des régions de la Kara, maritime, centrale et des Savane, présence de miliciens armés dans les isoloirs à Tchamba, vote important de mineurs et d’étrangers, etc. Ces irrégularités ont été perpétrées principalement par des éléments des forces de sécurité activement appuyés par des miliciens armés du RPT, parti au pouvoir.

Ces irrégularités ont culminé avec l’expulsion manu militari, à l’heure du dépouillement, des délégués des candidats du RPT et de l’opposition de milliers de bureaux de vote et des observateurs de la société civile et des électeurs des alentours de ces mêmes bureaux de votes à travers tout le pays. Par ailleurs, des milliers d’urnes ont été enlevées par les forces de sécurité, violant ainsi les dispositions du code électoral qui stipule que le dépouillement est immédiat et public. L’usage d’armes à feu a occasionné au moins huit (8) pertes en vies humaines et au moins cinquante (50) blessés par balles.

Dans le même temps, les câbles de l’émetteur principal de la société de téléphonie mobile Télécel étaient sectionnés par une escouade militaire, les techniciens de l’autre compagnie Togocel étaient obligés sous les menaces de perturber fortement les communications sur leur réseau, tandis que le centre de traitement d’un candidat de l’opposition était saccagé et son personnel molesté et ligoté par des militaires. En outre, le Ministère de l’Intérieur procède à un dépouillement parallèle truqué par une équipe de mercenaires en cols blancs sous la direction de l’informaticien nigérien Any Arouna.

Tous ces évènements corroborent les révélations du ministre de l’Intérieur Boko pourtant membre du parti au pouvoir et relatives à un vaste plan de fraudes massives, de désordre et de trucage du décompte des suffrages.

Face à cette mascarade grossière qui constitue un affront à la communauté internationale et une insulte inacceptable pour le peuple togolais ainsi réduit au statut de peuple de moutons, le collectif constate que la sincérité et la transparence du vote ont été gravement tronquées.

Le collectif rejette par conséquent et à l’avance les résultats de ce hold up électoral qui n’a pour seuls précédents que ceux d’Ibrahim Barré Maïnassara au Niger et de Robert Gueï en Côte d’ivoire.

Le Collectif s’étonne de la position ambiguë de la CEDEAO qui prétend que le scrutin s’est bien déroulé et invite la CEDEAO et l’Union Africaine à prendre leurs responsabilités devant l’histoire.

Le Collectif appelle tous les citoyens togolais à la mobilisation pour obtenir un nouveau processus électoral conforme aux normes et standards internationaux, sous la responsabilité d’une mission électorale des Nations-Unies.

Le Collectif appelle la Communauté internationale à s’engager derrière le peuple togolais pour la concrétisation de ses aspirations légitimes à la démocratie et à la jouissance des droits humains les plus élémentaires.

Fait à Lomé, le 25 Avril 2005

Pour le Collectif,
Adoté Ghandi AKWEI,
Coordinateur