01/10/2022

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L’imposture des politiques d’improvisations en Afrique

L’IMPOSTURE DES POLITIQUES D’IMPROVISATIONS IRRESPONSABLES ET DANGEUREUSES EN AFRIQUE

L’Afrique demeure jusqu’à présent, ce qu’on aura voulu qu’elle soit et non ce qu’elle aspire à devenir elle-même. Tel est le destin imposé à ce continent depuis l’esclavage jusqu’au colonialisme : phénomène gravement amplifié par le néocolonialisme et l’impérialisme contemporain.

Le mal est éminemment constant, le néocolonialisme à travers ses grandes multinationales qui opèrent en Afrique, et grâce à ses capacités d’autofinancements au sein de la mondialisation est devenu une doctrine si puissante qu’il arrive aisément à mettre en place un système de dépravation politique dont le but est de fabriquer des dictatures les plus nuisibles au détriment du développement réel du continent pour mieux l’exploiter.
Ce néocolonialisme et cet impérialisme impénitent agressent chaque jour les Africains en imposant partout des schémas de vassalisation du continent, parce que l’Afrique détient presque toute la rente du monde, et sans cette rente indispensable aux industries occidentales, aucun développement n’est possible en Europe, ni en Amérique du nord.
Et pire pour l’Occident, si l’Afrique s’industrialisait, il n’y aurait plus de possibilité d’approvisionnement sur ce continent, car les Africains consommeront leurs propres productions, voilà tout l’enjeu des multinationales au sein de la mondialisation économique : Maintenir à tout prix l’Afrique dans un état de dépendance permanente.

Ainsi, l’Afrique, continent indépendant depuis les années 60 n’a toujours pas amorcé son développement industriel qui lui permettrait de s’imposer par son avantage qui est sa rente, dans l’équilibre commercial international. Au contraire, elle continue d’être menée économiquement, donc politiquement et se retrouve au dernier rang des continents après l’Asie qu’elle dépassait de loin dans les années 50 à 60.
Ce secteur de la transformation des matières premières agricoles et minières en produits finis consommables est détenu par les multinationales étrangères qui déterminent la politique et les grandes orientations économiques des gouvernements africains.
La rente énergétique est entièrement aux mains des grands groupes tels que : Elf, Total, Shell, Texaco, Agip etc.…..qui possèdent des intérêts beaucoup plus importants que ceux des Etats africains propriétaires de cette rente, alors que dans le même temps, ces intérêts sont complètement aux antipodes des stratégies de libérations de nos économies nationales et du développement du continent.

Devons-nous continuer de fonctionner dans ce concept obsolète de partenariat nord-sud ?
Certainement pas, l’Afrique doit pouvoir s’affranchir de ce concept à l’instar des pays Latino-Américains et Asiatiques devenus à partir des années 80 les nouveaux pays émergeants de la planète dans leurs programmes de décollage économique de types « Jaguar » et « Dragon ».
Pourquoi tarde-t-il à venir le décollage industriel de type « Lion » en ce qui concerne l’Afrique ?
L’Afrique est exclut de la mondialisation par ce plan de vassalisation du continent qui le maintient depuis les années 50 à la monoculture agricole d’exportation telle que le coton, le café, le cacao, le tabac, la canne à sucre, la noix de cajou, le palmier à huile, de même que l’extraction des minerais rares dont le cuivre, le nickel, l’étain, le plomb, l’uranium, le cobalt, le manganèse, l’or, le diamant, la bauxite etc.
Les pôles de libres échanges commerciaux se constituent dans un regroupement de multinationales et de zones économiques qui se partagent toutes les richesses de la planète sans l’Afrique.
Ainsi, l’ALENA qui est l’alliance de libre échange nord américain, regroupe les Usa et le Canada. Le MERCOSUR, regroupe tous les pays latino-américains autour du géant Mexicain. L’ASEAN, qui est l’association des Etats du sud-est asiatique regroupe Taïwan, Thaïlande, Singapour, Hong-Kong, Corée autour du Japon. L’UNION EUROPEENNE, tirée par le couple Franco-allemand, regroupe près de 25 pays au nord de la méditerranée.

Malheureusement, l’Afrique ne connaît pas à ce jour, un pôle continental de libre échange économique qui pourra garantir la croissance et l’emploi aux profits des Africains, parce qu’il n’existe pas à la base, un nationalisme chevronné à l’échelle continentale et encore moins d’idéologies politiques de développement liées à la prise de conscience de la pauvreté des masses populaires africaines. La comparaison du secteur énergétique en Afrique et en Amérique Latine révèle bien ce dysfonctionnement.

En Amérique Latine et plus spécialement au Venezuela, la production du pétrole est une « arme » redoutable dont se sert Hugo Chavez dans la lutte contre la pauvreté à travers une vaste campagne politique de redistribution des richesses, autant dans son pays que l’aide apportée aux autres pays frères du continent luttant contre le sous développement.
Pour le Venezuela, l’or noir est également une « arme » politique et diplomatique servant de pression face à l’impérialisme « gringo » qui opère en Amérique Latine à travers ses multinationales dont le but est de créer des dictatures comme en Afrique afin de mieux exploiter ce continent.
C’est ainsi que tous les pays latino-américains demeurent à jamais vigilants, solidaires et mobilisés contre cette hégémonie américaine démesurée, cherchant à les diviser pour mieux exploiter tout le continent autant bourré de rentes que l’Afrique, alors que dans le même temps, les grillages et fils de fer barbelés séparant ces deux mondes à la frontière Mexicaine démontrent que l’impérialisme « yankee » n’est motivée que par la rente.

Quant à l’Afrique, continent le plus divisé, sans idéologies concrète, ni stratégies de développement, continent le plus facile d’accès à tous les services secrets du monde, l’or noir produit par le Gabon, le Congo-Brazzaville, l’Angola et le géant Nigérian est d’une logique contraire à celle observée en Amérique Latine. Qu’en est-il de la redistribution des richesses ? En quoi le pétrole est signe de prospérité pour les Africains ? Quel est le développement au profit des équilibres macroéconomiques d’industrialisation du continent face à l’impérialisme européen ou la françafrique à l’exemple du Venezuela ?

Au contraire en Afrique, la rente pétrolière au lieu de contribuer au développement industriel du continent, est plutôt source de conflits armés, car elle est abandonnée aux mains des multinationales et échappe ainsi au contrôle des Etats : c’est ce que tous les observateurs s’accordent à appeler « la logique pétrolière », qui est une pratique d’Etat dans l’Etat. La guerre du Biafra, la guerre civile du Congo-Brazzaville et la longue guérilla d’Angola sont des tristes réalités parmi tant d’autres liées à la problématique énergétique en Afrique.
La CEDEAO ne constitue pas un pôle de libre échange économique, pour le moins, elle demeure un espace communautaire dont les frontières sont encore rigides, voir plus rigides qu’au temps colonial. Cette institution n’a pas les moyens de ses ambitions, car minée par les rivalités politiques des chefs d’Etats membres. Son fonctionnement se base sur le népotisme à l’image de la compagnie multinationale défunte Air Afrique incapable d’une gestion saine à cause justement de l’incompétence des gouvernements africains à créer plus de charges que de produits.

Quant à l’Union Africaine, elle peine à trouver son équilibre et son adaptation face aux nouveaux défis planétaires et les nouveaux enjeux politiques, diplomatiques et économiques. Elle continue de ramer dans son éternel et unique but de résolution de crises et conflits armés en Afrique. Sans l’aide étrangère, elle est démunie de moyens, les cas du Rwanda, de l’ex-Zaïre, du Libéria, de la Sierra-Léone sont des exemples d’un aboutissement difficile grâce aux Nation-Unies et aux Usa, de même que la Côte d’Ivoire prise en charge par la force Licorne et supervisée par l’ONU.
Mis à part la résolution des conflits, l’Union Africaine a-t-elle un projet macroéconomique d’industrialisation et de développement en Afrique ? A-t-elle élaboré un projet de transport transcontinental, de l’atlantique à l’océan indien par exemple, et par étapes successives ? A –ton pensé au parlement continental, c’est-à-dire les Afro-députés ? Comme dirait Charles de Gaulle, mais il s’agit d’un autre contexte, « Chacun fait sa petite cuisine sur son petit feu dans son petit coin ».

Devons-nous continuer de dépendre de la bourse de Paris en ce qui concerne le cours de cotation des valeurs africaines dont le café et le cacao, y compris la parité du franc CFA et la banque de France ?
En matière de défense, devons-nous continuer à sous traiter la surveillance de l’espace aérien et maritime africains par l’armée française qui détient des bases militaires en Afrique, avec ces nombreux accords de défense qui se révèlent par un impérialisme à tout point de vue, car au lieu de raisonner africain, nous sommes contraints de subir les cultures occidentales non adaptées à notre univers naturel.
Avons-nous pensé à notre propre programme de défense nucléaire du continent, au cas où la France ne pourra plus nous apporter protection un jour ?
L’Union Africaine a-t-elle pensé à la création d’un Centre d’Etudes Stratégiques de Recherches et Développement pour regrouper chercheurs, ingénieurs et industriels africains en ce qui concerne les moyens et la mise en œuvre de toutes ces nouvelles révolutions en Afrique ?
Si nous ne nous donnons pas les moyens d’un rapport de force politique, stratégique et économique, il n’est pas certain que nos requêtes au niveau de la diplomatie mondiale soient satisfaites, la preuve est que la promesse faite à certains pays africains de siéger comme membres permanents au conseil de sécurité de l’ONU n’a pas été tenue. Pire, cette réforme a été mise aux calendes grecques, par contre il ne serait pas surprenant de voir bientôt l’Inde ou le Pakistan y rentrer, car ces deux pays possèdent l’arme nucléaire et par conséquent pèsent dans la diplomatie internationale.
C’est tout de même incroyable cette fantaisie des chefs d’Etats africains, que de croire aux promesses de leurs homologues européens dont chacun sait irréalisables et finalement ridiculisent toute l’Afrique.
Alpha Omar Konaré, homme d’Etat Malien intègre, président le la commission de l’Union Africaine, est pratiquement le seul dirigeant africain qui a véritablement pris la vraie mesure des enjeux qui attendent les Africains dans notre combat pour l’émancipation de l’Afrique vers la démocratie. Mais, malheureusement il est tellement isolé dans cette marre aux crocodiles dangereuses et contre cette machine à perte conçue sur mesure pour l’Afrique : c’est ce qu’on appelle la françafrique.

Tenez pour exemple, au moment où ces grandes questions devraient préoccuper toutes les instances du contient, la junte militaire au Togo, en pleine « debbascherie » ambiante, gouverne sans projet politique, mais fortement motivée par sa seule survie d’où l’arbitraire et la barbarie humaine.
Au Togo, la junte militaire de père en fils a gravement pipé le fonctionnement normal des institutions pour se perpétuer à vie aux affaires, ainsi, notre république est devenue un «cirque» où l’on trouve des conseillers-ministres, de vrais guignols dépourvus de tout nationalisme africain et qui prodiguent par-ci, par là, des contres stratégies destructives pour le continent.
En matière de lois, pourra-t-on procéder en France, aux modifications constitutionnelles en pleine vacance du pouvoir pour permettre au fils de succéder au père dans un système républicain comme ce fut le cas au Togo ? Et pourtant, l’idée vient d’un ministre-conseiller français en fonction au Togo.
Nous voyons bien que l’Afrique a encore du chemin, car ses pays dont le Togo est malheureusement loin du compte dans une stratégie d’automutilation permanente.
Au final, une chose est certaine : plus la pauvreté s’accélère et enfonce l’Afrique, plus vite l’Europe se développera davantage, donc le pays du président de fait au Togo s’appauvrira au moment où celui de son ministre conseiller s’enrichira de façon galopante. Moralité, Ne s’agit-t-il pas là d’un plan de vassalisation du Togo ?
Jacques Chirac s’apprête à recevoir au palais de l’Elysée Faure Gnassingbé dont l’élection à la présidence de la république togolaise est contestée dans tous les autres pays européens, n’a-t-il pas déjà affirmé que la démocratie n’est pas nécessaire pour le développement en Afrique?
L’Afrique n’a jamais fabriqué d’armes de guerre, mais elle est malheureusement devenue une des plus grandes consommatrices de la planète, parce qu’elle sait fabriquer des guerres, et dans cette configuration, elle intéresse les multinationales internationales qui produisent des armes de destructions massives.
En un mot, quand l’Europe fabrique des armes, l’Afrique fabrique des guerres et des répressions ethniques, ainsi, les populations africaines trinquent de leur propre sang.
Bien sûr, qu’après coup, on envoie des casques bleus pour éteindre ces brasiers occasionnés par la logique de la rente, mais force est de constater qu’aucune guerre en Afrique, ni dans le monde n’a mobilisé autant de déploiement de casques bleus comme dans l’ex Yougoslavie, parce que dans ce cas précis, il s’agissait du continent européen.
Sarajevo étant le point de départ du premier conflit mondial, et vu le drame occasionné par cette guerre, les grandes diplomaties occidentales craignant une généralisation, ont pesé de leur poids pour y mettre fin. En est-il de même concernant la Darfour ?

Par Tido BRASSIER