30/06/2022

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Togo: Entre proclamation de la victoire de Bob Akitani ou l’invalidation des élections

Les autorités qui ont organisé les élections présidentielles pensaient avoir verrouillé, ce dimanche 24 avril 2005, le dispositif de fraude mis en place pour remettre en scelle Faure Gnassingbé après l ‘échec des coups d’Etat militaire puis constitutionnel des 5 et 6 février. Soigneusement préparé avant le prétendu retour à l’ordre constitutionnel et régulièrement actualisé au fil des évènements, le coup de force a démarré avec la fixation unilatérale de la date du scrutin par le pouvoir, avant que celui-ci n’accepte, conformément aux accords en neuf points signés sous l’égide de la CEDEAO, que les représentants de l’opposition ne prennent part aux travaux de la commission électorale indépendante.

Une fraude soigneusement préparée

La révision délibérément cafouilleuse des listes électorales ainsi que la distribution inique des cartes d’électeurs constitueront plus tard une étape importante du déroulement du coup de force électoral. Le dispositif devait être verrouillé le jour du scrutin par le bourrage des urnes, le vote multiple des électeurs acquis au RPT qui avaient gardé par-devers eux des milliers de cartes d’électeur tandis que les sympathisants de l’opposition réclamaient les leurs en vain et enfin le sabordage du dépouillement lorsque celui-ci ne pouvait se dérouler autrement que publiquement et en présence des délégués des candidats, comme le stipule le code électoral. Et pour que cette dernière étape du coup de force électoral se déroule dans la discrétion, les autorités togolaises n’ont pas hésité à couper les communications téléphoniques sur toute l’étendue du territoire. C’était compter sans la mobilisation, la vigilance des électeurs togolais et à la détermination des délégués de l’opposition :

Une victoire de Bob Akitani avec 60% selon les Fiches de résultats collectées
Pour 2774 bureaux de vote, soit un taux de dépouillement de plus de 52%, la coalition de l’opposition démocratique a ainsi pu recueillir les fiches de résultats contradictoires, c’est-à-dire contresignées, conformément à l’article 122 du code électoral, par les représentants des trois candidats restés en lice. La compilation de ces fiches de résultats place le candidat de l’opposition démocratique entête du scrutin avec environ 59,97% des suffrages exprimés contre 38,18% pour Faure Gnassingbé, 1% pour Harry Olympio et un peu moins de 0,85% pour Nicolas Lawson qui avait annoncé le retrait de sa candidature hors délai, selon le pouvoir.

Quant aux résultats publiés par la CENI (Commission Electorale nationale Indépendante), ils comportent deux catégories de résultats que la Cour Constitutionnelle ne peut qu’invalider car non conformes aux prescriptions du code électoral :

– Des fiches de résultats manifestement falsifiées et nulles, soit parce que non signées par les représentants de tous les candidats, soit comportant des signatures obtenues sous la torture. Cette catégorie de fiches de résultats est aisément identifiable par la grossièreté des falsifications. Les taux de participation y sont très élevés, le nombre de bulletin nuls faible et le candidat du RPT a souvent obtenu 100% des suffrages, ce qui sous-entend que même les délégués des candidats de l’opposition ont voté pour Faure Gnassingbé.

– La deuxième catégorie de résultats à rectifier par la cour constitutionnelle est constituée de circonscriptions pour lesquelles l’opposition dispose de fiches de résultats en bonne et due forme mais pour lesquelles la CENI a publié des résultats différents et n’a pas encore accédé à la demande formulée par l’opposition de mette les fiches de résultat à disposition, pour comparaison.

En pareilles circonstances, une cour suprême digne de ce nom ne peut que retenir les fiches de résultats conformes à la loi, ou invalider la totalité de l’élection à partir du moment où des doutes sérieux et persistants ont été exprimés et matérialisés, tout au long du processus électoral, sur la transparence et la crédibilité du scrutin. Il y va de l’honneur et de la dignité des plus hauts magistrats de la République et de la crédibilité de la plus haute juridiction de l’Etat, garante des droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques selon la constitution togolaise.

Fait le 3 Mai 2005
initiative150
La Coalition Contre le Coup d’Etat au Togo
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