04/12/2022

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Comité Justice pour Tavio Amorin: lettre ouverte au Président EYADEMA

Dix ans après l’assassinat, aucune action n’a été entreprise pour en retrouver les auteurs. Aujourd’hui, nous avons décidé de saisir la justice de notre pays.Tel est le sens de la lettre adressée au chef de l’Etat dont voici la teneur.

Comité Justice pour Tavio Amorin
De la famille Amorin
B. P. 20 845
Lomé – Togo

à
Son excellence Gnassingbé EYADEMA
Président de la République Togolaise
Lomé – Togo

Monsieur le Président,

Au nom du peuple togolais, assoiffé de justice et de paix, au nom de ses parents et de ses innombrables amis, nous vous faisons parvenir cette requête à l’occasion de la commémoration des dix ans de l’assassinat de Tavio Amorin.

Monsieur le Président, la Constitution de la IVe République, massivement adoptée par le peuple togolais le 27 septembre 1992, fait de vous le chef de l’Etat, garant du respect de la constitution qui organise la protection et l’inviolabilité de la personne humaine. Dans un acte criminel et insensé deux hommes, Karéwé Kossi et Boukpessi Pangalou, ont tiré de sang froid sur un citoyen togolais. Ils ont laissé sur les lieux de leur forfait en guise de signature leurs cartes d’identité ainsi que l’arme de leur crime. Ces hommes n’ont jamais été ni inquiétés ni même convoqués par un juge, ne serait-ce pour les entendre.

Notre constitution proclame en son article premier que la République Togolaise est un Etat de droit. Nous sommes fondés à attendre des autorités politiques qui exercent le pouvoir qu’elles prennent leurs responsabilités.

Nous ne comprenons pas pourquoi la justice n’a jamais pris l’initiative d’ouvrir, comme elle en a le pouvoir, le devoir, la procédure d’information afin de connaître de ce crime perpétré sur la personne d’un leader politique, de surcroît membre d’une institution d’Etat, le Haut Conseil de la République, Parlement de Transition.

Au nom de ceux que nous avons cités, nous vous saurons gré des instructions que vous voudrez bien donner au gouvernement afin que la justice se saisisse au plus tôt du dossier de Tavio Amorin.

La justice est un droit. Elle l’est encore plus pour ceux qui n’ont plus la possibilité de la réclamer pour eux-mêmes, parce qu’ils en sont à jamais empêchés par leurs semblables.

Monsieur le Président,

Cela fait dix ans que Tavio a été assassiné. Dans les actes qu’il a posés de son vivant, dans les propos qu’il a tenus de son vivant et au cours des derniers mois de sa courte vie, nous ne trouvons rien qui justifie que l’on tire sur lui.

Tavio, vivant et en pleine possession de ses moyens, aurait été utile à la reconstruction indispensable de notre pays. Son assassinat est, nous en sommes convaincus et peinés, un gâchis pour notre pays.

Attenter à la vie d’un citoyen pour sa participation à la vie de la cité est inadmissible.
L’avoir atteint est choquant et injustifié.

Cet acte terrible doit donner à ses commanditaires ainsi qu’aux exécutants mauvaise conscience. En effet, au nom de quelle autorité quelqu’un peut-il s’arroger le droit de priver son prochain du bien le plus précieux que constitue la vie ? Au nom de quel droit !

Dans les tous prochains jours, nous allons déposer une plainte auprès du procureur de la République contre X pour tentative d’assassinat et assassinat. Nous nous porterons partie civile.

Nous osons croire que rien ni personne ne s’opposera à cette action car nous sommes déterminés à obtenir que justice soit rendue.

Nous entendons sentir le poids de vos fonctions dans notre légitime action de recherche de la vérité dans cette douloureuse affaire qui nous a tant traumatisés.

Dans l’attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération

Fait à Lomé, 22 juillet 2002

Ont signé :

Eugénie Yvette Amorin
Sophie Amorin-Pobi
Kèkpo Henriane Amorin
Sika Amorin
Alexandre Ayawo Amorin