25/06/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

La presse togolaise du 5 au 10/08/02

La presse togolaise de cette semaine a apprécié de diverses manières la décision des autorités de Lomé de lancer une commission rogatoire contre l’ex-PM Agbéyomé Kodjo, débattu de la fortune du clan Gnassingbé, et argumenté sur les révélations de l’ex-entraîneur des Eperviers Tchanilé Bana.

En effet, « La Tribune du Peuple » titre : « Les autorités de Lomé envisagent de lancer une commission rogatoire contre l’ex-Premier Ministre Agbéyomé Kodjo. » Citant l’AFP, le confrère écrit que « limogé le 27 juin par le président Gnassingbé, l’ex-Premier Ministre qui se trouve aujourd’hui à Paris, est dans le collimateur des autorités de Lomé qui envisagent de lancer une commission rogatoire contre lui ». « Il y a quelques jours, poursuit la dépêche de l’AFP, le gouvernement de Lomé a diffusé un document de 23 pages dans lequel il réfute point par point les accusations et dénonciations que l’ancien chef du gouvernement avait portées contre le régime du président et la famille de ce dernier. » Dans cette réponse à l’ex-Premier Ministre, le gouvernement dit : « Il dénonce puis s’enfuit, oubliant que les peuples ne suivent jamais les poltrons ». Il s’interroge : « pourquoi tant de cinéma ? » et répond « parce que le prétendu Zorro de la politique togolaise a été limogé de ses fonctions de Premier ministre. » Toujours selon le journal qui cite l’AFP, l’ex-Premier Ministre affirme qu’il a « pris le maquis pour préparer ma riposte. » Le document au vitriol du gouvernement atteste que l’ex-Premier Ministre est d’origine béninoise, ce qu’il a « soigneusement caché ». Après avoir exclu M. Agbéyomé de tous les ordres nationaux et étrangers qui lui ont été conférés, le texte gouvernemental accuse l’ex-Premier Ministre d’avoir « pillé les entreprises dont il avait eu la gestion. » Agbéyomé quant à lui avait accusé le président et ses proches de « siphonner l’argent public. »

Selon « L’Evénement », « depuis la France où il s’est réfugié, l’ex-Premier Ministre Agbéyomé Kodjo, continue de déranger le sommeil des autorités togolaises ». Le confrère écrit que « tout porte à croire au regard de la violence des réactions et mise au point du RPT qui s’attaquent à l’origine et à la moralité de l’ex-Premier Ministre, que ses dénonciations et accusations contre le régime et son chef, Gnassingbé Eyadèma font très mal. ». Voilà pourquoi, continue-t-il, « le pouvoir essaye à présent par tous les moyens de clouer le bec au redoutable dissident. C’est sûrement à cet effet qu’il est envisagé par les autorités togolaises de lancer une commission rogatoire contre Agbéyomé Kodjo. »

Pour sa part, « Le Reporter » explique qu’une commission rogatoire a pour « but de faire poursuivre en justice en France l’ex-Premier Ministre. C’est un acte par lequel un magistrat ou un officier de police judiciaire délègue pouvoir à une autorité étrangère pour que celle-ci ouvre une information judiciaire contre une personne physique ou morale sur son territoire. » Pour le confrère, « la commission rogatoire est admise par le droit français.» Ce qui justifie le souhait envisagé par les autorités togolaises de s’en servir contre Agbéyomé Kodjo ». En ce qui concerne la faisabilité et la recevabilité d’une telle instruction judiciaire, le journal pense que « la recevabilité de la demande de la partie togolaise ne fait aucun doute. Mais des difficultés surgiront dans sa mise en œuvre. Au plan strict du droit, cette action est vouée d’avance à l’échec si Agbéyomé Kodjo obtient la qualité de réfugié politique en France, on ne saurait l’extrader pour de tels motifs. Au plan politique, ce sera là une grande première dans les relations entre la France et le Togo. Ici aussi la demande des autorités n’a guère la chance d’aboutir. » En conclusion, le journal, se réfère à certaines indiscrétions qui font état de ce que la France ait « facilité le transit de l’ex-chef du gouvernement par Cotonou. Si cela est vrai, on voit mal comment Paris peut accepter de livrer Agbéyomé Kodjo aux autorités de Lomé ».

A sa une, « Carrefour » annonce « l’ex-Premier Ministre est sérieusement menacé ». Il écrit : « lorsque, au lendemain de « son limogeage démission » et après la publication de son brûlot contre le régime RPT, Messan Agbéyomé Kodjo avait justifié cette décision par une phrase qui n’a trompé personne : « je connais les miens, je sais de quoi ils sont capables ». Par cette phrase, l’ex-Premier Ministre voulait tout simplement dire que sa vie ne vaudrait pas un sou troué s’il restait à Lomé. » Pour le journal, « les faits n’avaient pas tardé à lui donner raison. » Après les plaintes portées en cascade contre lui, poursuit-il, des vrais faux dossiers « sont en train d’être montés en épingle pour l’accuser de malversations et de sabotage économique. » « Se sentant nargué, Agbéyomé dont on dit qu’il doit tout au RPT, mais qui, malgré cela, a osé défier le régime, le pouvoir serait en train de changer de fusil d’épaule ». Voilà, dit-il, pourquoi les autorités envisagent de lancer une commission rogatoire contre l’ex-Premier Ministre. Pour le confrère, « toutes ces manœuvres ne tendent qu’à entamer la crédibilité de l’ancien Premier ministre et de l’affaiblir avant l’assaut final. Selon certaines indiscrétions, Lomé, sérieusement sonné par les révélations faites par Agbéyomé et surtout inquiet de celles qu’il pourrait être amené à faire éventuellement plus tard, serait décidé à mettre tous les moyens en œuvre pour ramener Agbéyomé au pays, pieds et poings liés afin qu’il s’explique sur le crime de lèse-majesté qu’il a commis en révélant au grand jour les dérives « monarcho-despotiques », du pouvoir RPT. »

Sur la fortune des Gnassingbé, « Nouvel Echo » titre à la une : « Elle serait colossale, la fortune du clan Gnassingbé. » Citant une source américaine notamment le magazine FORBES, le confrère écrit : « Alors que les travailleurs togolais sont privés de leurs salaires et que l’immense majorité de la population togolaise se débat désespérément dans une misère indescriptible, le magazine américain FORBES qui classe les grandes fortunes mondiales vient d’évaluer la fortune de Eyadèma à 4,5 milliards de dollars US, soit 3.150.000.000.000 de francs CFA. Cette somme est mise sur des comptes numérotés, planquée dans des paradis fiscaux sous divers noms pour éviter leur gel en cas de sanctions contre le régime. Des enquêtes sont faites aujourd’hui par des détectives financiers pour aider à dénicher tous les comptes grâce au système de contrôle bancaire mondial « Trackfin ». Le journal révèle que la fortune de Eyadèma peut à elle seule « payer tous les arriérés de salaires, le reversement des retraites et pensions puis de surcroît, éponger la dette intérieure afin de relancer l’économie nationale. » Il affirme par la suite que « Maurice Assor a été l’artisan de l’organisation de la fortune d’Eyadèma. Une moyenne de 100 milliards par an était versée au président par ce dernier. Des bateaux entiers de phosphate quittaient l’OTP sans être déclarés et n’avaient pour seul objectif que d’alimenter les caisses suisses du Général. L’OPAT est venu ensuite compléter le tableau des sources d’approvisionnement de la fortune. Le système d’écumage s’est ensuite généralisé à toutes les sociétés d’Etat génératrices de revenus substantiels ».

« Le Regard » s’interroge « A combien s’élève la fortune du Timonier Togolais ? » Selon le confrère, « le gouvernement togolais a indiqué qu’aucune source américaine n’a fait état de cette imaginaire richesse du Chef de l’Etat dont parlent « Agoo Nami » et « Nouvel Echo » et a décidé de porter plainte devant la justice. » Il continue « Les Togolais ne se précipiteraient pas sur Internet si le pouvoir n’avait pas fait grand bruit autour de cette affaire. L’article incriminé n’a jamais dit que le nom du Chef de l’Etat figure parmi la liste des plus grandes fortunes qu’a publiée le magazine américain FORBES. » L’analyse du confrère sur la fortune du « Premier Travailleur Togolais » révèle qu’ « au lieu d’engager des actions en justice contre les deux journaux, il aurait été plus conséquent de démentir tout simplement le chiffre faramineux et si possible publier grosso modo le chiffre correspondant à la fortune de celui dont on parle. »

A propos de l’interview de Tchanilé Bana, « L’Evénement » rapporte une pensée de l’ex-entraîneur qui dit ˆ propos de la fédération togolaise de football que « tout se passe comme si la Fédération se résumait à la seule personne de Rock Gnassingbé .» Pour l’ex-entraîneur des Eperviers, le président de la Fédération, fils du président de la République, pratique « un leadership anachronique et obsolète basé sur le principe selon lequel la tête réfléchit seule dans sa tour d’ivoire et donne ensuite les instructions qu’elle juge nécessaires aux membres qui exécutent sans discuter. » Il dénonce les méthodes de Rock Gnassingbé et s’attarde sur les conditions de travail des joueurs « aux séances d’entraînement, les joueurs n’ont pas d’eau. Ils se désaltèrent sous les robinets publics du stade. Pour 1.500 F de perdiem par joueur, il fallait toucher le tout-puissant président. Pour un carton d’eau d’Evian, n’en parlons plus. Et comme les joueurs n’étant pas regroupés, chacun étant chez lui, ils venaient à l’entraînement comme ils pouvaient et quand ils voulaient. Quand vous approchez le trésorier, il vous dit avec conviction qu’il n’a que les papiers à gérer. Puisque le président était difficilement joignable, il faut se rabattre sur ses hommes de confiance venus d’ailleurs et qui ne font pas partie du bureau exécutif de la FTF et là naturellement on vous répond sèchement : j’ai reçu des ordres que j’exécute. »

« La nouvelle République » pour sa part s’interroge « Qui a tué l’Accord-Cadre de Lomé ? » Selon le confrère, « vidé de toute sa substance, l’ACL signé le 29 juillet 1999 afin de redonner espoir au peuple togolais a été foulé aux pieds par les politiciens pour diverses stratégies et divers calculs politiques. » Le journal attire l’attention de tous les protagonistes de la politique togolaise « qu’ils se sont laissés avoir par la ruse et la fourberie d’un seul homme, qui, mijotant des desseins secrets, a réussi à retarder tout le processus à son profit. Ce n’est un secret pour personne que l’ex-Premier Ministre Agbéyomé Kodjo a une responsabilité primordiale dans la crise qui continue de secouer tout le pays et qui a tué tous les espoirs de voir le Togo sortir de sa situation à travers l’ACL. »

« Politicos » s’intéresse quant à lui à l’avenir de Kokouvi Massémé. Il titre à ce sujet « vers un retour au bercail définitif des derniers réfugiés togolais au Ghana : Kokouvi Massémé n’a plus d’avenir ». Il écrit « depuis la visite le 11 mai 2002 du président ghanéen John Kufuor au Togo et l’affermissement par la signature d’accords sécuritaires des relations entre le Togo et le Ghana, la panique est montée d’un cran dans la minuscule sphère des réfugiés togolais chez nos voisins de l’Ouest ». Dans un mémorandum, les réfugiés ne se sentant plus en sécurité, appellent au secours les organisations de défense des droits de l’Homme. Pour le confrère, « ce mémorandum qui porte à n’en point douter la marque quasi individuelle de l’ex-Ministre Massémé Kokouvi, au lieu de traduire la réalité de la situation des quelques rares vrais réfugiés présents encore au Ghana, est en fait une manœuvre politique, qui, dans un dernier sursaut de survie, essaye de protéger le dernier fond de commerce politique de Massémé Kokouvi et de son mentor Gilchrist Olympio qui avec l’arrivée de John Kufuor, ont perdu leur base terroriste ».

La rédaction